‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 49 sur 182 · PubHé par M. de Heidenstam · texte numérisé non relu

PubHé par M. de Heidenstam

« et il comptois tranquillement s'en retourner auprès de mon Père ; lorsque je recois une lettre de ma sœur qui me mande que le Roi avoit lidée de l'emmener en Italie, je lui dit, et il ne paroissoit pas trop comtens mais que faire... ce qu'il en est je trouve très dure pour mon Père d'être obligé de se priver du plaisir de voir Axel après qu'il lui a coûte tant de soucis et d'inquitudes » ^.

Fersen quitta donc Wismar après avoir expédié à son père une longue lettre sur son affaire et rencontra le roi à Erlanger le 16 octobre.

Le 29 octobre, Axel adressa a son père une lettre, où il parla de l'accueil cordial que Gustave III lui avait fait à son arrivée :

« C'est à Erlang le 16 de ce mois que j'ai joint le Roi, jamais un frère séparé pendant longtemps d'un frère qu'il aime tendrement, n'a ete reçu comme je l'ai ete par ce charmant monarque, il n'y a pas de paroles qui pussent l'exprimer, il pleuroit de joie et de sensibilité, et j'etois très touché depuis ce moment, il n'y a aucune sorte de marques d'amitié et de confiance que je n'éprouve tous les jours... » ^

Le 8 novembre il revient à ce sujet :

« II etoit encore au lit, quand j'arrivai, il me fit entrer sur le champ, il m'embrassa mille et mille fois, me dit les choses les plus tendres et les plus flatteuses sur le désir et l'impatience qu'il avoit eu de me revoir, et sur la manière dont je m'etois conduit en Amérique, il étoit attendri jusqu'aux larmes, il en versoit de joie, et j'etois vivement touché, il me répéta mainte et mainte fois combien il sentoit vivement l'étendue du sacrifice que je lui faisais, en ne vous voyant, qu'il concevait la peine que cela vous faisait ; qu'il la partageait, et que s'il n'y avoit ete force n'ayant aucun autre capitaine de gardes en état de le suivre, il ne m'auroit pas pris avec lui, quelque envie qu'il en eut, et quelque convenable que cela fut, moi étant le seul qui fut fait pour lui faire honneur... enfin il me reçut non en Roi mais en ami tendre et sensible..., Il me distingue de tous les autres en tout et partout. » *

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