Inédit
Le maréchal Fersen avait accueilli avec le même déplaisir cette nouvelle, et fit part à Fabian de sa déception de ne pas revoir son fils. Il lui écrivit le 28 octobre 1783 :
« La mort inattendue du Sénateur comte Ribbing, qui ma fait faire une course de quelques jours en ville, jointe au tracas que m'a donné votre frère tant par ses affaires en France, que par sa course avec le Roi en Italie m'ont empêchés de faire réponse a votre dernière... Je conçois le plaisir que vous aurés eu a revoir votre frère après une si longue absence, je n'ai pas eu le bonheur, le Roi me l'a enlevé. Il est parti de Wismar et na pu m'en voiyer que ses lettres et son grand chien, qui est arrivé a Stockholm il y a quelques jours, ce sont de ces contretems auxquels la prudence humaine ne peut rien » ^.
Et le 24 novembre 1783 :
« Je crois comme vous que la course en Italie n'aura pas fait grand plaisir à votre frère, il avoit besoin de reprendre halleine, et de quelque repos dans la maison Paternelle, quelque bonté que le Roi lui marque, sa corvée sera rude Gustave trois a le talent de mettre ses courtisans et sa suite sur les dents, si bien qu'il en a expédié plusieurs pour l'autre monde ; Je viens de recevoir tout recament des nouvelles de votre frère du 29 octobre de Vérone ou toutte la suitte sest rendue au jour marqué, elle est si nombreuse que la difficulté au poste pour son transport a obligé le Comte de Haga ^ de la faire marcher sur différentes collones, de voyager in cognito de cette façon est une façon toute neuve. La destinée de votre frère est de servir d'Interprète au Roi son maitre en Italie, comme a Mr de Rochambaud en Amérique.
« Quoi qu'en dise Mr de Armfelt je doute fort que le Comte de Haga passe par Strasbourg au mois davril, je suis fort trompé ou litineraire sera dirrigé parles parties méridionales de la France et par Paris, on dit ici que non, et on se flatte de revoir le Roi au may prochain mais on se trompe sur cela, lobjet de ce voyage étant la curiosité et le plaisir