Inédit
était resté à Paris pendant ces huit mois. On possède peu de renseignements sur ce long séjour dans la capitale, Fabian Fersen arriva à Paris au mois de novembre — « Me voilà à Paris, ma chère amie », écrit-il à Sophie le 18 novembre — et il y resta jusqu'en mars ou avril 1786, mais les lettres qu'il envoyait à son père ne nous apprennent rien sur son frère Axel. « Axel se porte bien », écrit-il laconiquement le 9 décembre 1785. C'est tout. Enfin, nous savons que le 14 janvier 1786 Axel Fersen assista au mariage de Staël avec Germaine Necker.
Le 15 juin 1786 Fersen écrit à son ami Taube qu'il irait à Londres pour regagner la Suède. Le même jour il écrivit aussi à un M. Grill, Consul de France à Gothembourg, pour savoir s'il y avait un navire à Londres en partance pour la Suède.
Il demeura à Paris jusqu'au 20 juin. Sa deuxième lettre à « Joséphine » après son départ, est datée du 26 juin, avec la mention « par Sheldon ». Il se trouvait donc à cette date déjà à Londres, puisque Sheldon était un de ses bons amis de la guerre de l'indépendance américaine.
Le 26 juillet il arriva à Helsingborg et en informa aussitôt plusieurs de ses correspondants, entre autres le duc de Dorset.
Pendant les années 1786-88 Fersen était constamment en voyage. Il partageait son temps entre la France et la Suède, suivait son régiment dans ses déplacements, rentrait en Suède lorsque ses affaires ou son devoir l'y appelaient, allait et venait de sa ville de garnison à Paris et à Versailles. C'était un va-et-vien incessant.
Sur son nouveau séjour en Suède, on sait fort peu de choses. Il a écrit une vingtaine de lettres à « Joséphine » de juillet 1786 à mai 1787, mais il n'a que rarement annoté leur contenu.
1787 Janvier 22 : portrait, assemblée, Sparre, Esterhazy. février 22 : Époque de mon voyage, que je m'arrête à Valenciennes. Parlé de Noirfontaine et de la succession.
mars 15 : que je compte partir du 15 au 20.
avril 7 : garnison 600 h. : s notables, les enfants, projet de loger
en haut qu'elle me réponde au régiment : que j'y serai le
15 mai.
avril 20 : ce qu'elle doit me trouver pour habiter en haut que je
pars le 29 ou 30, que je compte être le 13 à Maubeuge et le 20
ou 21 à Paris, avril 27 : que je pars le 30 ^.
Le 15 mai 1787 Axel Fersen rentra en France par Ystad et Stralsund. Il s'arrêta à Maubeuge où son régiment avait été transporté et où Stedingk vint à sa rencontre.
Il écrit à sa sœur le 17 mai :
« J'ai vu mon Régiment hier et j'ai ete content du travail de l'hiver malgré cela il y a quelques petites choses a fair et je ne pourrois pas aller a Paris avant le 23 peut-être même plus tard, Tout ce que j'ai vu de Maubeuge ne m'en donne pas du tout bonne idée et je prévois que j'y passerai un triste ete, il n'y a de socieLée que les dames du chapitre, j'y ai ete aujourd hui, il y en a de jeunes qui sont en pension chés les plus âgées, mais cette sociétéc ne m'a pas parue fort agréable et je doute que j'en profitte souvent » ^.
Il arriva à Paris le 23 mai. « J'ai retrouvé ma maison et touttes mes affaires en fort bon état », écrit-il à sa sœur le 30 mai. Mais cette visite à Paris fut de courte durée et il eut fort à faire pour s'acquitter de toutes les commissions que ses parents ou ses amis lui avaient confiées. L'aristocratie suédoise semblait à cette époque acheter à Paris presque tout ce dont elle avait besoin : dentelles, bijoux, cannes, portefeuilles, cure-dents, argenterie et porcelaine.
Le lendemain de son arrivée à Paris, Fersen se rendit à Versailles pour faire sa cour et porter une lettre de Gustave III à Louis XVI. Cette visite coïncida avec la séance de clôture de la première Assemblée des Notables et Fersen
L'OFFICIER SUÉDOIS AU SERVICE DE LA FRANCE lll
exprima sa satisfaction d'y avoir assisté dans une lettre à son père du 25 mai :
a J'étois bien aise d'avoir vu cette cérémonie. Elle est très imposante, et probablement on ne la verra plus de nos jours..» Les suites de cette assemblée sont de grandes réformes dans les maisons des Princes ; mais la plupart ne porte que sur des abus ou un ancien faste d'ostentation dont on ne s'apercevait pas et qui n'étoit utile à rien qu'a absorber un argent énorme.
Jusqu'à quand Fersen était-il resté à Paris cette fois-là ? Dans une lettre à Sophie il dit lui-même qu'il rentra à Maubeuge le 13 juin.
Le 12 juillet nous retrouvons Fersen à Paris où il est venu représenter Gustave III au baptême de l'enfant du baron de Staël. « Je suis arrivé cette nuit à Paris », écrit-il ce jour à Sophie », je comptois trouver l'ambassadrice accouchée, mais cela n'est point encore fait, elle s'y attend pourtant d'un moment à l'autre, je désire qu'elle se dépêche car je voudrois retourner dans 8 jours a Maubeuge » 1.
Après s'être acquitté de cette mission de confiance Axel retourne de nouveau à Maubeuge. A cette époque il était question d'une guerre entre la France et la Prusse, et Fersen espérait que son régiment allait y prendre part. Le feld-maréchal Fersen écrit à Fabian le 4 août :
« Votre frère me mande de Maubeuge, qu'il avait reçu ordre dentrer en cantonnemens sur la frontière de Flandre ce 1 : er Corps de troupes est de 24 Bat : Infant : 2 Brigades dartillerie 48 pièces dartillerie et deux Reg : s housard le cantonnement setend depuis Givet jusqua Maubeuge, le comte Esterhasy commandant de Hainaut comande le tout, le Duc de Lavall y est en" second.
« Je suis bien fâché de cette nouvelle, je pourrez être privé pour longtemps du plaisir de revoir votre frère, et ce ne convient pas a mon âge ni a mon état de Père tendre ».