Inédit
JL
% La descriptioB de la marquise est un peu exagérée, *> répoiid Fersen, « surtout oe qui regarde mes équipages, ils sont bons et propres mais rien de magnifique ni d'extraordinaire, c'est ce que j'ai toujours évité avec soin, ma livrée est tout simplement un habit bleu avec des boutonnières en argent, et un collet de velour cramoisi, vous voyés que cela n'est pas aussi superbe. Le reste est aussi un peu augmenté, mais il y a pourtant de vrai, » ajoute-1-il ^.
Peîidant la campagne de Finlande comme au cours du voyage d'Italie, Fersen resta dans l'entourage immédiat de Gustave IIL Comme autrefois, il ne ressentait cette fois encore que de la pitié à laquelle se mêlait de l'étonnement, de toutes les « folies » que faisait son Roi. Il jugeait les événements avec objectivité et justesse. Dans les lettres à son père -, il exposait avec clarté les conditions misérables dans lesquelles fut conduite cette malheureuse guerre et il ne craignait pas de faire retomber sur Gustave III la responsabilité du mécontentement général, du mauvais état de l'armée et du mauvais comimandement. Même lorsque les régiments fmlandais, au complot Liikala, s'étaient rendus coupables de haute trahison, en faisant appel à l'Impératrice de Russie pour protéger la Finlande et donner la paix à la Suède, Fersen en rejetait la responsabilité sur Gustave III. Quelques extraits des lettres qu'il adressa à son père illustreront excellemment ce sentiment envers Gustave III.
Lovisa ce [?] août 1788.
« Je n'ai aucune bonne nouvelle a vous donner de notre situation présente. Le mécontentement est général et le règne dans l'armée fait frémir tous les bons citoyens. Il y a des régiments qui ont voulu s'en aller. »
Lovisa ce 17 août.
« Tout est fini ici. Le Roi voit, qu'il a été trompé sur tout ; il est au désespoir : il est décidé de finir tout ceci le plus tôt possible,