Inédit
2. C/est la première fois que nous voyons Fersen désigner ainsi Marie-Antoinette. Dans la correspondance entre Axel et sa sœur Sophie, « Elle » désignera dorénavant toujours la Reine. Sophie emploie tout naturellement cette expression dans les lettres ^à son frère.
L'AMI DE LA REINE
L'antipathie d'Axel Fersen pour la Révolution s'accrut notablement avec la prise de la Bastille — et il qualifie les événements du 14 juillet de « terribles ». « Vous verrez mon cher père » écrit-il « les tristes nouvelles de ce pays-là, il est dans une crise violente : il faudra voir ce que feront les Etats Généraux, mais dans ce moment tous les liens sont rompus, l'obéissance a disparu des armées et je doute qu'il soit aussi facile de tout rétablir qu'il a été de tout bouleverser ».
On voit qu'il ne confondait pas l'Assemblée Nationale avec les auteurs de la prise de la Bastille, et soulignait tout au contraire dans presque chacune de ses lettres, que « les États Généraux » étaient effrayés de ce qui arrivait et incertains de ce qu'il fallait faire. Même après la prise de la Bastille, il imputait la responsabilité de tous les malheurs à « l'idée répandue depuis longtemps par les philosophes par leurs écrits ». Il écrit à son père :
« Il n'y a plus dans le royaume ni lois, ni ordre, ni justice, ni discipline, ni religion, tous les liens sont rompus, et comment les rétablira-t-on ? C'est ce que j'ignore ; mais voilà les effets du progrès des lumières de l'anglomanie et de la philosophie, la France est ruinée pour lontemps. »
L'insécurité qui régnait à cette époque à Paris et son désir d'être plus près de Marie-Antoinette décidèrent Fersen à abandonner son appartement dans la capitale pour Versailles. Dans son livre de correspondance se trouvent les notes suivantes :
14 juillet — Crignon, qu'il me retienne le logement de ma tante ^ a 100 1. jaimerois mieux un moindre, ou qu'il me prenne une ailleurs a même prix près du château qu'il retire mes affaires matelas etc etc.
27 juillet. — Me faire savoir si j'ai un logement aux Écuries d'Orléans pour pouvoir descendre.
Il semble avoir prévu et préparé ce déménagement, car depuis le mois de janvier il versait 30 à 40 livres par mois