‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 83 sur 182 · Sophie · texte numérisé non relu

Sophie

L'AMI DE LA REINE

et la prise de la Bastille inauguraient la Révolution, ce furent les journées d'octobre qui pour les conservateurs et la famille royale constituaient le tournant décisif. La prise de la Bastille, première émeute sérieuse avait eu lieu à Paris et non à Versailles. Ce n'est que le 5 octobre que la Révolution devint pour eux une réalité tangible. Ce jour-là, tout un monde s'écroula : le Versailles légendaire avec ses fêtes et ses plaisirs.

Les souvenirs de ces journées étaient pour Fersen inoubliables — combien de fois dans sa vie n'y revenait41 pas ! « Je me rappelai vivement de ce jour, il y avoit 9 ans », note-t-il dans son Journal intime le 5 octobre 1798, c'est-à-dire neuf ans après », et de toutes nos angoisses à Versailles, que n'est-on parti et on auroit tout sauvé ».

Dans les Souvenirs de M^® d'Adhémar se trouvent quelques passages qui éclairent le rôle que joua Fersen pendant ces journées critiques :

« Lorsque j'eus achevé cette lecture \ la reine se mit à dire avec satisfaction :

— Il y a répit.

« Je ne saurais exprimer comme ce peu de mots me fit mal. Une aussi grande princesse s'applaudir, non de sa tranquillité complète, mais d'un délai mis à l'exécution du crime. Je ne voulai pas lui enlever des minutes de repos, trop certaine qu'il serait troublé avant sa dernière heure ; néanmoins je proposai des mesures de prudence. La Reine alors, avec une sorte d'impatience qui ne lui était pas ordinaire, me répondit :

— Mais il y a répit. Faut-il que je le répète ? Laissezmoi respirer pendant quelques jours.

« Je me tus ; au même instant M. de Fersen entra. Lui aussi venait de Paris à franc étrier ; il avait suivi le premier bataillon de femmes insurgées.

— J'ai pris part, dit-il, à la révolte, afin de la bien connaître. J'ai marché sur l'Hôtel de Ville ; nous nous en sommes emparés ; MM. de Lafayette et Bailly ont perdu

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