Sophie
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L'AMI DE LA REINE
croit a présent que les Et. Geft. n'entreront pas dans tous les détails, qu'ils laisseront au Roi à former son armée comme il voudra et qu'ils fixeront simplement la dépense celé me parait trop raisonnable pour qu'ils le fassent » ^
Mais sa tristesse n'était pourtant pas uniquement motivée par les craintes que lui inspirait la situation politique du moment ou par les soucis que lui causait le régiment. D y avait des raisons plus personnelles. Les relations entre Fersen et Marie-Antoinette prenaient un caractère plus cordial et plus intime au cours de cet automne et nous ne nous trompons certainement pas en affirmant que Fersen était triste et mélancolique parce qu'il ne lui était pas possible de voir Marie-Antoinette aussi souvent qu'il l'eût souhaité. Dans une lettre à Sophie, du 27 décembre 1789, il lui annonçait qu'il avait, enfin, passé une journée entière avec « Elle ».
« Ma chère amie, votre dernière etoit du 20 nov : et elle ma fait grand plaisir, il n'y a que l'amitié que je vous porte qui puisse égaler celle que vous avés pour moi, nous avons bien besoin tous deux de cette consolation, ma chère amie. Enfin le 24 j'ai passé une journée entière avec elle, c'etoit la première jugés de ma joie, il n'y a que vous qui puissiés le sentir » ^.
Au désir de Fersen de rester près de Marie-Antoinette, s'ajouta celui de Gustave III de conserver Fersen comme observateur en France. C'est devant cette dernière raison que son vieux père dut s'incliner.
« Votre frère ne mène pas une vie fort heureuse à Paris, encore incertain du sort de son Regt et de sa personne », écrit-il le 27 juillet 1790 à Fabian qui était en Finlande : « il ne peut abandonner une ville, ou la vie triste qu'on mène, tient au caprice d'un populasse enragée » ^.