Inédit
Gustave III, pourtant, ne sembla pas avoir été tout à fait sûr de Fersen à ce moment. A plusieurs reprises au cours de la campagne de Finlande, il s'était informé d'Axel. « Où est le grand Axel », écrivit le Roi le 8 août à Armfelt. « Mandez moi ce que fait le grand Axel », ordonna-t-il à Taube. Celui s'empressa de rassurer le Roi. Il lui écrivit le 7 janvier 1789, au lendemain de sa rencontre avec Fersen :
« Le grand Axel ^ est venu ici de Valenciennes pour me voir. Les scènes qui se sont passés sous ses yeux en France a été une bonne école pour lui et lui a fait grand bien pour l'avenir, il sent actuellement les grands malheurs d'un gouvernement populaire il m'a dit, et je l'ai entendu avec joie de sa bouche que dans quels cas nous pouvait conduire les événements différents, de la vie, il ne pouvait pas y en avoir aucuns, ou il était permis d'oublier qu'on avait un Roi, que de tous les gouvernements possibles, l'anarchie était la plus affreuse, la plus tyrannique, et toujours destructif pour tous païs. Ce n'est pas là le sentiment qu'on a toujours voulu inculquer à Axell. »
Et quelques semaines plus tard, le 31 janvier :
« J'ai été en tout parfaitement content du grand Axell^, je crois que Votre Majesté a en lui un bon et fidèle serviteur, et j'ose. Sire, repondre de son attachement à son maitre, ce qui s'est passé sous ses yeux en France a été pour lui une grande leçon et une grande école pour sa conduite du reste de sa vie ».
Il raconta ensuite qu'Axel Fersen lui avait montré une lettre que « le vieux papa » lui avait écrit en réponse à celle où Axel lui avait dit qu'il attendait d'un moment à l'autre être rappelé à Paris pour combattre les révolutionnaires. Le père lui avait répondu qu'il était toujours dur de lutter contre ses compatriotes, « mais que les choses étant une fois poussées à ce point-là, qu'il ne fallut point balancer, et qu'un ofliicer devait toujours suivre son devoir et remplir les ordres qu'il recevait sans s'ériger en juge ».
Taube fit aussi de son mieux pour attacher Fersen à