En suédois dans l'original
affaires de France avec Gustave III et Taube. Il envoyait aussi très fréquemment à son père des bulletins d'information sur les événements. Sa vue sur la situation d'alors peut être exprimée en peu de mots : un étonnement mêlé d'effroi et une haine aveugle contre Necker, qui pour Fersen était l'origine de tout le mal. — Il écrit à son père de Valenciennes le l^r février 1790 :
« Monsieur Necker, aussi ignorant en administration qu'on le dit savant en finances et imbu des idées philosophiques, n'a jamais songé qu'il fallait gagner des voix pour le roi. Il a voulu rester honnête homm'î au milieu des fripons, et il en est resté dupe. Son amour propre démesuré lui a fait croire qu'il les persuaderait, mai l'argent de l'Angleterre avait des argumcns plus forts et irrésistibles. M. Necker n'est pas seulement coupable d'ignorance, il l'est encore de trahison. Il a voulu être le ministre du peuple, régner par lui, et forcer le roi de ne jamais pouvoir se passer de son concours : il a sacrifié le roi et l'État à son ambition ».
Il est assez curieux de constater que Fersen gardait encore au début de 1790 une certaine objectivité dans ses jugements sur les partis de l'Assemblée Nationale :
« L'assemblée est divisée en trois partis* : les aristocrates les impartiaux et les enragés. Les premiers sont à présent pour le Roi, parce que c'est leur intérêt particulier. Les impartiaux sont les plus raisonnables, mais par cela même les plus faibles et Us enragés sont les plus forts, mais ils sont contre le roi. »
A une lettre où Taube avait exprimé son indignation au sujet de la visite que Louis XVI avait faite à l'Assemblée Nationale, le 4 février 1790, Fersen répondit :
« Vous aves raison, mon très cher ami, dans tout ce que vous dites sur cette dernière démarche, mais par son effet sur le peuple, elle peut encore être de quelque utilité. Ils sont maintenant beaucoup pour lui, mais surtout pour elle et semblent mécontents des États-Généraux. Dimanche dernier, lorsqu'ils (les États Généraux) allaient à l'église pour chanter, on ne les a pas applaudis et les a au contraire gratifié d'insultes » ^.