‹ Fersen et Marie-Antoinette [microform]Chapitre 93 sur 182 · Inédit · texte numérisé non relu

Inédit

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L'AMI DE LA REINE

cela augmente tous les jours et Dieu sait ou cela finira. Le Roi et la Reine sont bien malheureux, et ils ne le méritent pas, la noblesse et le clergé sont détruits enfin on ne rencontre partout que des gens ruinés et qui perdent leur état. Elle est aussi bien malheureuse pauvre femme son courage est au dessus de tout et la rend encore plus intéressante, elle est bien sensible a tout ce que vous dites pour elle, jamais on ne l'a mieux mérité et jamais on n'a ete plus parfaitte. Mon seul chagrin est de ne pouvoir la consoler entièrement de tous ses malheurs et de ne pas la rendre aussi heureuse quelle mérite de l'être. C'est de ches elle a la campagne que je vous écris. Je ne sais pas encore quand j'irai a mon Rgt : ce ne sera sûrement qu'après la cérémonie du 14 juil : mais oiftre que ce séjour est plus cher que celui de Paris, le militair va si mal ici qu'il n'y a pas de plaisir a servir, mon Rgt s'est cependant fort bien conduit jusqu'apresent, j'espère que cela continuera. Le Roi et la famille Royale sont a St Cloud, ils y sont bien mieux qu'a Paris et plus librement car ils peuvent se promener tant qu'ils veulent personne n'y va que le service et je n'y ai pas été... Adieu ma chère amie T.[aubeJ me mande qu'il est a Plombières je vais lui écrire que je voudrois bien qu'il vint se faire guérir ici à Paris. Adieu, vous savés si je vous aime >> ^.

Pendant Tété où la famille royale séjournait tan t à Saiut- Cloud qu'à Fontainebleau, avec des séjours intermittents à Paris, Fersen était souvent chez des amis aux environs de Paris. Le 31 juillet il écrit à Sophie qu'il irait le lendemain chez M°ie Fitz-James, à 5 lieues de Paris.

Ce 31 juillet [1790J.

« Depuis quelque tems, je suis beaucoup a la campagne comme je vous l'ai mandé, chez le comte Esterhazy et demain je vais passer quelques jours chez la duchesse de Fitz-James, c'est à 5 de nos lieux d'ici, c'est un charmant endroit » 2.

De retour à Paris le 6 août, il écrit à Sophie que Marie-Antoinette avait manqué à son bonheur pendant ce séjour à la campagne.

1. M. de Heidenstam qui place cette lettre à la date du 9 octobre 1789 en a donné quelques fragments inexactement reproduits.

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