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L'AMI DE LA REINE
de la Reniere et de Balbi y sont établies et tiennent maison, il y a toujours du monde, et la promiscuité de Paris fait qu'on peut y aller diner et souper et profiter des spectacles. »
Cet été de 1790, Fersen pour une fois semblait pleinement heureux. La situation politique s'était d'ailleurs éclaircie. Les mois qui suivirent la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790, furent les plus tranquilles et les plus heureux depuis le début de la Révolution et la popularité de la famille royale semblait même s'accroître. Fersen a donné un aperçu des conditions politiques à ce moment dans sa lettre à Taube du 5 septembre 1790 :
« Les affaires vont toujours plus mal ici, mais le mal est un bien pour eux et les mécontents augmentent toujours. Lafayette tremble les Jacobins sont contre lui et travaillent a le perdre car il est comme vous savés du club de 89 qui est un détachement des moins enragés des Jacobins, Mirabeau, qui est son ennemi mortel, s'est rapproché de la cour avec de l'argent on en fait ce qu'on veut, encore un sujet de crainte pour la F... et un incident pour eux il faut savoir s'en servir habilement et tenir l'un par l'autre, il y a des provinces fort mécontentes plusieurs veulent supplier le Roi de fixer le moment de son voyage, ce sera un bon moyen de sortir de Paris, plusieurs villes veulent mêma redemander les padements, la misère se fait sentir partout, elle hâte le mécontentement et je ne regarde plus la position du Roi comme si mauvaise, mais il faut de la patience et il faut encore leur donner un hiver après cela il faut peut être agir. La Reine gagne toujours dans le public, on ne s'adresse plus qu'a elle, et Mirabeau ecrivoit ^ en pariant d'elle Le Roi n'a qu'un homme c'est sa femme. Enfin Necker quitte, sa démission est donnée et acceptée à la satisfaction de tout le monde, il part dans trois jours et n'emporte les regrets de personne, je ne sais pas si Staël part je suppose qu il accompagnera sa femme qui part dans un mois. Il m'a beaucoup parlé l'autre jour de la manière froide dont la R[eine] le traitoit, qu'il ne savoit pourquoi, il m'a fait l'apologie de sa conduite et a eu l'air de vouloir a présent se rapprocher de la cour cela m a révolté.
« Le départ de Necker est une bonne chose pour notre plan, mon ami, ou pour mieux dire le mien, mais que votre amitié