I--1 . ■■} des peuples et des rois
iuvre et si perdu que tu n'auru plus même, i'uur t'y coucher en paix, la largeur de u croix 1
Ton dernier temple, ô Christ, est froid comme une toir Ta porte n'ouvre plus sur le vaste Avenir; Voilà que le jour baisse et qu'on entend venir Le vieux prêtre courbé, qui porte une colombe!
Confiance
Quoi! sans te soucier de l'Océan qui gronde, Tu veux ta place à bord, sur mon vaisseau perdu; Et pour dire à Colomb qu'il a trouvé son monde Tu n'attends pas, enfant, qu'il en soit revenu!
Dans tes bras frémissants j'ai mis ma tète blonde; J'ai bu ton souffle en feu, dans mon sein répandu; Et, comme le pêcheur voit la perle sous l'onde. Dans ton regard charmant j'ai vu ton cœur à nu.
Sois bénie à jamais pour cette foi sublime ! Sans redouter les flots je braverai l'abime. Puisque j'ai ton amour, comme une étoile, aux cieux,
Et mon nom restera, triomphant et sonore, Afin que, dans mille ans, la terre sache encore, j O mon ange adoré, la couleur de tes yeux I
Soldat libre
Soldat libre, au léger bagage.
J'ai mis ma pipe à mon chapeau, Gir la milice où je m'engage N'a ni cocarde ni drapeau.
La caserne ne me plait guère, Les uniformes me vont peu; I:n partisan je fais la guerre, Lt je campe sous le ciel bleu.
La Liberté, que l'on croit morte Pour quelques heures de sommeil.
Près de moi se chaufTe i la porte De nu tente ouverte au soleil.
Je suis sourd au clairon d'un maître, La consigne expire à mon seuil ; Nul, hormis Dieu, ne peut connaître Ce grand secret de mon orgueil.
Parmi les champs de poésie Je fourrage, sans mission; Le capitaine est Fantaisie, Le mot du guet Occasion;
Et, loin de la poussière aride Où sont marqués les pas humains.
Je cours, sur un cheval sans bride.
Dans des campagnes sans chemins !...
A Rosette
Mai sourit au firmament.
Mai, le mois des douces choses; Ton aveu le plus charmant Est venu le jour des roses :
Pour témoins de ce bonheur Nous avons pris, 6 ma belle, Le premier lilas en fleur I:t la première hirondelle;
Le vallon sait notre amour.
Les grands bois sont nos complices; Les lis gardent, loin du jour.
Ton secret dans leurs calices;
Les papillons nuancés Et les vertes demoiselles Portent tes serments tracés Sur la poudre de leurs ailes;
L'étreinte des lierres frais, Verts chaînons que rien ne brise, Figure dans les forêts L'ardeur que tu m'as promise;