‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 104 sur 212 · RO OT OT · texte numérisé non relu

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péris ou avaient été dispersés aux quatre vents du ciel: dans les Etats-Unis, aux Antilles, aux îles Saint-Pierre et Miquelon, sur les côtes du Labrador, aux îles de la Madeleine, à Terre- Neuve, au Canada et même en France.

» Chaque groupe élait demeuré isolé, et les plus voisins furent longtemps avant de connaitre l’existence les uns des autres. L'on vécut ainsi, d’abord, dans le dénûment le plus complet. Puis, avec beaucoup de courage, el Dieu aidant, l'on se créa une aisance relative. Ce qui avait été un lieu de refuge devint un hameau ; le hameau s'agrandit, forma la paroisse ; la paroisse créa les concessions—Bref ! un beau jour messieurs les loyalistes s’aperçurent que la race acadienne existait encore. L'arbre avait été déchiqueté et abattu; mais les tronçons dispersés avaient fait souche là où les avait jetés la tempête.

» Le tableau du mouvement de la population acadienne, pendant les cent ans qui viennent de s’écouler, fera voir la prodigieuse puissance de vitalité et d'expansion de cette race, et permettra d’entrevoir avec assez de précision la place qu’ils sont destinés à occuper dans l'avenir des Provinces Maritimes.

» En 1771, le chiffre total de la population franco-acadienne, dans les trois provinces du Nouveau-Brunsuick, de la Nouvelle- Ecosse et de l’ile du Prince-Edouard, n'était que de 8,442, audelà de 10,000 ayant disparu dans la déportation de 1755, à la suite de la prise de Louisbourg en 1768, et de l'exode de l’île du Prince-Edouard.

» Ces 8,442 âmes se répartissaient comme suit :—1,860 pour la Nouvelle-Ecosse ; 920 pour le Cap-Breton ; 1,270

pour l’île du Prince-Edouard, et pour le Nouveau-Brunswick 4,392.

» Cent ans après, en 1871, ces 8,442 donnent pour les mêmes provinces une population totale de 90,000, ainsi répartie :=—Nouveau-Brunswick 44,902 ; Nouvelle-Ecosse et Cap-Breton, 32,833, et l’île du Prince-Edouard environ 12,000.

» Cet accroissement est prodigieux, si l’on tient compte des conditions dans lesquelles il s’est effectué: privations et souffrances physiques atroces pendant les premières années, découragement, isolement, craintes, incertitude et autres circonstances propres à détruire, en ce qui regarde les Acadiens, les théories de Malthus les mieux établies sur le développement des races.

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