‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 17 sur 212 · EU · texte numérisé non relu

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Le 27 février 1855, à une assemblée générale de la Société, il fut résolu sur motion de l'honorable E. P. Taché, secondé par le docteur Olivier Robitaille :

« Qu’un comité composé du président et du vice-président, des présidents des sections, du commissaire-ordonnateur, du trésorier-général, du secrétaire-archiviste et de MM. E. P. Taché, L. G. Baillairgé, P. J. O0. Chauveau, F. X. Garneau, Etienne Parent, Joseph Légaré, Charles Baillairgé et Joseph Hamel, fasse les démarches et conclue les arrangements nécessaires pour l'érection du monument des braves de 1760, et que celte assemblée exprime le désir que la pose de la pierre angulaire de ce monument ait lieu le 25 juin prochain, fête patronale de la Société Saint-Jean Bapliste ».

Sur motion de L. G. Baillairgé, écuyer, secondée par l'honorable Joseph Légaré, il fut résolu :

€ Qu’instructions soient données aux différentes sections de cetle Société, de faire ouvrir sans délai, dans leurs localités respectives, des listes de souscription pour Férection du monument des braves de 1760.»

Cette résolution fut mise tout de suite à exécution, et en peu de jours plus de #1,400 furent souscrites et payées. En tête des souscripteurs l’on voyait figurer les noms de lord Elgin, du général Rowan, de l’Archevêque de Québec, des honorables ministres du gouvernement, des membres du Parlement et d'un grand nombre des principaux citoyens de Québec. M. Charles Baillairgé, architecte, fut chargé par le comité de faire le plan de ce monument avec un estimé du coût probable de son exécution. Peu de jours après, M. Baillairgé soumit au comilé le plan de ce monument qui fut adopté, et d'après les estimés il devait coùter cinq mille piastres, la statue en bronze

non comprise. Ce monument devait être placé sur des fondations solides, avec de larges assises en pierre, afin de pouvoir supporter, d'unemanière durable, la colonne en fer, de45 pieds de hauteur, sur {5 pieds de circonférence. L'inscription à être placée sur le monument demandait de la part du comité beaucoup d2 réflexion ot de tact, pour qu’elle fût lue sans éveiller les susceplibilités de prsonne. Déjà, Sir James Alexander m'avait fait connaître celle qu'il avait composée. Cette inscriplion avait bien son mérite, mais elle était trop longue. Plusieurs autres inscriptions furent discutées par le comité, et enfin, tout considéré avec beaucoup de prudence, il fut décidé que sur les quatre panneaux du piédestal de la colonne, l'on ne mettrait aucune inscription, mais seulement du côté sud-est le nom de Lévis, au sud-ouest celui de Murray, au sud, faisant face au chemin de Sainte-Foye, «aux braves de 1760,» du côté nord, les armes de la cité de Québec, le tout entouré d’une guirlande de feuilles d’érables.

Feu M. Julien Chouinard avait donné généreusement, à la Société Saint-Jean-Baptiste, le terrain où, l'année précédente, l'on avait déposé les dépouilles mortelles des bravesde 1760 : nos archives en font foi. Mais en élevant sur sa propriété un monument dans le genre de celui adopté par le comité, nous aurions masqué la belle villade M. Chouinard. Il fut donc résolu d'acheter des héritiers Tourangeau soixante pieds carrés, contenant le site où étaientles fondations du moulin Dumont, endroit même où la bataille de 1760 avait été la plus acharnée et des plus meurtrières, Ce terrain fut payé deux cent quarante piastres ($240). Des soumissions furent demandées à plusieurs maçons entrepreneurs pour faire les fondations du monument. M. Joseph Larose étant le plus bas soumissionnaire, le comité lui donna

le contrat pour la somme de neuf cents piastres (900). Dès que la saison le permit, on se mit à l'œuvre. Ayant creusé à une certaine profondeur pour atteindre le roc sur leque! on devait commencer la maçonnerie, et n’en trouvant pas, nous décidâmes, d’après l'avis de l'architecte, de faire un pilotis qui coûla cent piastres (#100) d'augmentation sur le prix du contrat. Les travaux furent poussés, sous la surveillance de M. C. Baillairgé, avec beaucoup de vigueur. Des blocs énormes de pierre, sortis des carrières de Deschambaull, furent employés pour que la base fût d’une solidité à toute épreuve.

Le 25 juin était le jour désigné pour la pose de la pierre angulaire du monument, et celle cérémonie devait avoir lieu avec la plus grande pompe possible. Le commissaire-ordonnateur avait mission de surveiller ies détails de la fête ; le travail fut pour lui bien plus facile que l’organisation de la cérémonie de l'année précédente. Beaucoup de difficultés élaient aplanies, beaucoup de préjugés avaient disparu ; de plus, les détails de cette fête étaient bien simplifiés, n'ayant, pour ainsi dire, qu’à préparer un programme où chaque corps devait prendre rang dans la procession. Toutes les différentes classes de la société, de même que les militaires, comprenaient que le monument n’était pas érigé dans un but égoïste mais qu’une pensée plus noble guidait la société Saint-Jean- Baptiste, et que cette pensée était d’honorer la mémoire des braves combattants, morts sur le champ de bataille ; honneur qu'on leur adressait «sans chercher à laquelle des armées «rivales, ces hommes valeureux avaient appartenu, » suivant l'expression si juste du général Rowan, répondant au discours du Président de la Société, lors de la translation de 1854. Aussi nous avions l'assurance d’avoir le concours des citoyens

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