‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 19 sur 212 · DISCOURS DE L'HONORABLE P. J. 0. CHAUVEAU · texte numérisé non relu

DISCOURS DE L'HONORABLE P. J. 0. CHAUVEAU

Sta, viator, heroem calcas.

Qu'il plaise à Volre Excellence, Messieurs el Mesdames,

Choisi par la Société Saint-Jean-Baptiste pour vous adresser quelques paroles, qui, à vrai dire, ne viendront pas de moi, mais qui seront plutôt comme un écho affaibli de ce que vos âmes doivent penser, de ce que vos cœurs doiventsentir dans ce moment ; si ce n’était que de l’imprudente promesse que j'ai faite, je serais tenté de me taire et de laisser parler pour moi, cerlain de leur éloquence, cette pompe civile et militaire qui nous environne, la terre que nous foulons, teinte autrefois du sang le plus pur et le plus noble de la France et de l’Angleterre, jonchée encore des ossements des guerriers dont nous célébrons la mémoire ; les bases de ce monument, que nous allons charger de redire aux âges futurs les combats et les gloires de nos ancêtres ; ce grandiose paysage, cette nature qui semble taillée pour de tels spectacles ; ces montagnes, dont les échos vont tout à l'heure retentir des éclats de la foudre guerrière, comme au jour que nous commémorons ; et, là-bas, au fond du tableau, Québec, la ville historique, dont les murs vu this tant de sang et s’accomplir tant de prodiges de valeur

Vingt-hui avril mil sept cent soixante, jour que la Providence, dans leurs revers, réservait à nos ancêtres, pour qu'ils fussent les derniers vainqueurs dans une lutte dont ils devaient eux-mêmes être le prix ; pour que le peuple conquis pût toujours marcher tête levée et l'égal de ses conquérants, (préparant ainsi l'union fraternelle qui, ici comme ailleurs, devait un jour régner entre les deux races, en leur distribuant des lauriers Cueillis sur le même champ de bataille) : jour aussi glorieux pour les vaincus que pour les vainqueurs, puisse ton souvenir, que nous évoquons, lun: sr des paroles qui ne

soient pas trop au-dessous de celles qu'il faudrait pour {e raconter dignement !

Dans ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle, dans ce qui s’y passe aujourd'hui, quel contraste à la fois et quelle ressemblance !

Plus de six mois s'élaient écoulés depuis le jour où Wolfe et Montcalm étaient tombés, ensevelis, l’un dans le drapeau victorieux de l'Angleterre, l’autre dans celui qui portait le nom immortel de Carillon ; Québec, incendié aux trois quarts, amas de ruines plutôt qu'une ville, subissait la loi du conquérant ; l'Angleterre avait appris, avec des transports de joie, la France avec une inconcevable indifférence, la prise de la plus forte citadelle du nouveau monde. «L'Europe entière, dit Raynal, eroyail la grande querelle de l'Amérique du Nord terminée, et personne ne s’imaginait qu’une poignée de Français, qui manquaient de tout et à qui la fortune semblait interdire jusqu’à l'espérance, osassent songer à retarder une destinée inévitable.» Et cependant, le vingt-huit avril, vo‘là qu'à la pointe du jour une nouvelle armée française se présente sur le champ de bataille du treize septembre, guidée par un général d’une bravoure et d’une habileté égales à celles de Montcalm !

Avail-il, comme cel ancien prélendait pouvoir le faire, avait-il frappé la terre du pied pour en faire sortir des légions? Non; mais elles étaient accourues d’elles-mêmes. Du seuil des chaumières incendiées, du fond des Lois, de partout, les Canadiens étaient venus se ranger une dernière fois sous le drapeau de la France, essayer de sauver malgré elle la colonie qu'elle abandonnait, et l'honneur de ses armes, que dans ces contrées éloignées elle paraissait négliger. Des enfants de douze à treize ans, des vieillards de ni D ans, se rendaient au camp, ou y restaient malgré les exhortations des chefs. Plus de la moitié de l’armée du chevalier de Lévis se composait de ces recrues volontaires, de ces soldats que le patriotisme seul avait fait soldats, de ces héros improvisés qui, semblables au vieux Caton, dont ils n'avaient jamais entendu parler, seuls ne désespéraient puint d’une cause que le monde enlier croyait perdue.

C'est que celte cause était celle qu'enfants ils avaient entendu exalter dans les récits de leurs pères, dans les longues soirées d'hiver; c'est que le zèle de cette cause était entré dans leur âme avec chaque refrain de la ballade guerrière que leur mère

chantait près de leur berceau, avec chaque phrase du sermon que prèchait le curé de la paroisse, avec l'exemple des martyrs attachés au poteau, découpés par lambeaux, inondés d'huile bouillante et glorieusement décorés de colliers de haches de fer rougies au feu ; c’est que plusieurs avaient déjà brûlé pour elle plus d’une cartouche, et s'étaient déjà trouvés vainqueurs un contre trois, un contre cinq, à la Monongahéla, sous M. de Beaujeu, au fort George, à Oswégo, à Carillon, sous M. de Montcalm ; c'est que, jeunes ou vieux, ils n'avaient rien perdu de leur foi religieuse ni de leur foi nationale, qui n’en faisaient plus qu'une ; c'est que, dans leur héroïque naïveté, après tous les prodiges qu'ils avaient faits eux-mêmes, ils croyaient le bon Dieu tenu en conscience de faire un miracle pour que }: croix, surmontée du coq gaulois, demeurât sur le clocher de leur église et que le drapeau blanc semé de fleurs de lys continuât à floiter sur les bastions de leurs forts !

Ce qui s’est passé ici il y a près d’un siècle, c'était donc, de la part de la brave armée anglaise, commandée par le général Murray, victorieuse une première fois sur le même lerrain, c'était un effort suprême pour ne pas se laisser enlever les fruits de sa vic.oire, pour conserver cette forteresse dont la possession élait depuis si longtemps l’objet de ses convoitises, pour maintenir la supériorité lentement et péniblement acquise par plus d’un siècle de luttes cruelles et incessantes, de désastres sans nombre pour les colonies anglaises, que les bandes canadiennes et les hordes sauvages dévastaient chaque année par le fer et la flamme.

Et c'était de la part des troupes françaises faliguées, mais non épuisées par une longue marche à la pluie et au tonnerre, c'était un eflort également héroïque, pour venger leur défaite et la mort de Montcalm, pour reconquérir ce promontoire qui tient la clef de presque toute l'Amérique, pour prouver qu'ils élaient toujours les soldats d'Oswégo et de Carillon!

Mais, pour les milices canadiennes, c'était encore plus que tout cela : c’était la sépulture définitive ou la résurrection de tout ce qu'elles avaient aimé et vénéré au foyer domestique ; c'était lagonie ou le triomphe de la religion et de la patrie ; et, pour ces hommes que le gouverncinent qui les abandonnait avait toujours tenus pauvres, et qui, pauvres, venaient encore de perdre le peu qui leur restait, il n'y avait plus que la vie, et la vie elle-mêrne n'était plus rien sans les deux seuls biens qu'ils eussent au monde : la religion et la patrie !

Ce fut donc toute la journée et pendant trois heures surtout, une lulte comme l’histoire nous en montre peu de plus meurtrière, eu égard au nombre des combattants. Plus de trois mille hommes, sur quatorz 2 mille, restèrent sur le champ de balaille. « L’eau et la neige, dit M. Garneau, (qui a élevé à ces braves, dans son histoire, un monument plus durable que celui dont nous posons les bases,) l'eau et la neige, qui couvraient encore le sol par endroits, étaient rougies du sang que la terre gelée ne pouvait pas boire, et les malheureux blessés nageaient dans des niares livides où l’on enfonçait jusqu'à mi-jambe. »

C'était ici, ) sur le petit espace de terre où nous sommes réunis et où s'élevait le moulin de Dumont, édifice qui dominait la position, c'était, entre les grenadiers de la Reine commandés par M. d’Aiguebelle, et les montagnards écossais sous les ordres du colonel Fraser, un combat acharné, qui n'a été égalé depuis que par celui que se livrèrent les Anglais et les Français pour le Château d'Hougoumont, ou encore, par celui que ces derniers ont livré contre les Russes pour la prise du Mamelon Vert, à Sébastopol. Le moulin fut truis fois pris et repris, et, chaque fois, les grenadiers eurent à marcher sous le feu incessant d’une lourde et puissante artillerie. Bourlamarque, dont le nom, dans toute la guerre, avait figuré à côté de ceux de Montcalm et de Lévis, fut gravement blessé et eut son cheval tué sous lui dans cet endroit même.

C'était, plus loin, entre les milices canadiennes, commandées par M. de Repentigny et par le colonel Rhéaume, et le centre de l’armée anglaise, une lutte non moins héroïque. « L’on voyait, dit encore M. Garneau, les milices charger leurs armes couchées, se relever après les décharges de l'artillerie ennemie, et fusiller les canonniers sur leurs pièces.»

Enfin, à la droite, M. de Saint-Luc, avec un parti de Canadiens et de Sauvages, et le colonel Poularier, avec le Royal- Roussillon, culbutaient et tournaient l'aile gauche de l’armée anglaise, la rejetaient sur le centre, qu'ils prenaient en flanc, ct décidaient du sort de la journée.

* Partout c'était une scène de carnage et de désolation ; un ciel lourd et sombre pesait sur la campagne, des torrents de pluie se mêlaient aux flots de sang humain, les éclairs labouraient le

(1) A Sainte-Foye.

ciel comme les feux des deux armées sillonnaient la terre, les éclats de la foudre se mêlaient aux décharges de l'artillerie, aux fanfares guerrières, aux cris des combattants, aux plaintes des mourants, et la nuit, lorsque le silence et l'immobilité eurent remplacé le bruit et le tumulte, à la lueur des éclairs, les innombrables blessés de l'armée française étaient portés à l'Hôpital-Général, au pied du côteau, tandis que l’armée anglaise, rentrée dans ses murs, encombrait des siens tous les couvents de la ville.

Le lendemain, on commençait les travaux d'un siége qui fut levé précipitamment, lorsqu’au lieu de la flotte française que nos pères attendaient comme leur dernière ressource, leur dernière planche de salut, ils virent paraître dans la rade une escadre anglaise, qui, par sa seule présence, assura pour toujours la domination britannique sur ces vastes et riches contrées.

Et voilà ce qui s’est passé ici, il y a près d’un siècle !

Et aujourd'hui, les drapeaux de la France et de l'Angleterre, unis par des banderolles qui portent les noms des victoires gagnées en commun, flottent amis sur le champ de bataille du 13 septembre ei du 28 avril, comme sur les mers de l’Europe et sur les rochers de l’antique Chersonèse!

Un gouverneur anglais, dont l'esprit éclairé et le noble cœur on! su comprendre tout ce qu’il y avait de beau, de religieux, d'humain, dans la mission que nous l'avons prié d'accepter, préside à cette apothéose des braves des deux nations. A l'exemple du militaire distingué qui, l’année deruaière, était venu rencontrer sur son passage le cortége funèbre que nous fimes aux braves du vingt-huit avril, et saluer leurs restes de généreuses paroles, des officiers et des soldats anglais, justement impatients du repos qui leur échoit dans ces jours de combat, écoutent avec un religieux silence le récit de cette vieille victoire française, parce qu”‘'s savent qu'il n'y a que les lâches qui soient jaloux, et que le r nation s’est couverte ellemême de trop de gloire pour avoir peur de la gloire des autres?

En présence de lady Head et de la moitié la plus intéressante de la société de Québec, (la beauté comme toujours, souriant au récit des aclions courageuses), en présence du commandant d’une corvette française, (1) chargé d’une mission loule paci-

(1) Cette corvette est La Capricieuse, bâtiment de la station nava'e française A îles Saint-Pierre et Miquelon, ayant pour commandant en chef M. de elvèze, envoyé par l’empereur Napoléon III, pour s'éclairer auprès du gou-

veérnement canadien sur les relations commerciales à établir entre la France et le Canada.

fique, et de ses marins, qui, mille fois les bienvenus parmi nous, sont arrivés ici à temps pour voir de leurs yeux que, si nous avons été longtemps oubliés de la France, nous n'oublions pas ses héros d'autrefois non plus que ceux d'aujourd'hui ; au milieu de nos concitoyens anglais, irlandais, écossais, héritiers des vertus des peuples des trois royaumes avec qui nous aimons à fraterniser; en présence des descendants des Hurons, les fidèles alliés de nos ancêtres, qui donnèrent leur part de sang et cueillirent leur part de gloire sur tous les champs de bataille de l'Amérique ; nous, les descendants des miliciens de 1760, nous enfermons dans un monument les ossements confondus des grenadiers de la Reine, des montaynards écossais et de tous les combattants de ce jour mémorable, ossements qu’un archevêque a bénis sans leur demander à quel culte i. avaient appartenu.

Que ne dira-t-il pas à la postérité ce monument ? Quel enseignement plus profond, quel plus haut tribut à l’héroiïsme des temps anciens, à l'union fraternelle du temps présent, à l'oubli des haines passées, au souvenir des gloires qui ne passeront pas !

Ne parlera-t-il pas le langage éloquent que tient dans un autre endroit l'obélisque élevé à la mémoire commune de Wolfe et de Montcalm, par un gouverneur anglais, trop soldat lui-même pour distinguer entre le soldat vainqueur et le soldat vaincu, lorsque tous deux étaient morts en héros ?

Ne dira-t-il pas aux Anglais comme aux Français, aux émigrés comme aux natifs, que la fidélité de nos pères pour leur ancien drapeau, nous l'avons montrée pour le nouveau; que, s’ils étaient les hommes de Carillon et des plaines d'Abraham, nous avons parmi nous les hommes de Lacolle et de Châteauguay ; qu'enfin, nous n'avons pas encore dit à l’histoire le dernier mot de notre race?

Ne dira-t-il pas aux générations futures, que le souvenir des grandes actions a beau dormir dans la poussière et l'oubli, il faut qu'un jour, ne fut-ce qu'après un siècle, il se réveille et ressuscite rayonnant d’une splendeur imprévue ?

Ne dira-t-il pas aux hommes trop posilifs peut-être de notre époque, qu'après lout l'on ne meurt qu'une seule fois, et que, celte fois-là, il vaut autant mourir écrasé par la mitraille, que sous les roues d’un char à vapeur; que ceux qui agio-

taient, qui s’enrichissaient il y a un siècle, sont morts tout comme ceux qui combattaient, Bigot et Deschenaux aussi bien que Montcalm et Lévis; que les premiers sont oubliés el exécrés, tandis que les pauvres soldats miliciens et les pauvres sauvages du vingt-huit avril, reçoivent aujourd'hui l'apothéose la plus magnifique qu'il nous soit possible de leur donner?

N'enseignera-t-il pas aux peuples de l'avenir, que les guerres et les haines d”:: siècle sont les amitiés et les alliances d’un autre siècle, que 1a face des empires change, que les empires eux-mêmes s’écroulent ; qu'une seule chose reste debout, la mémoire des braves ?

Ne dira-t-il pas qu'après avoir lulté sur terre et sur mer dans les arts de la guerre et dans ceux de la paix, dans les sciences, où elles ont produit Pascal et Bacon, Newton et Cuvier, Laplace et Herschell, dans les lettres où elles ont placé au faîte de l'intelligence humaine, Bossuet et Millon, Shakespeare et Corneille, Lamartine et Byron, notre ancienne et notre nouvelle mère-patric, désespérant de pouvoir se vaincre l'une l’autre, se sont décidées à dominer, révaies, le reste du monde ?

Ne dira-t-il pas qu'après l'oubli séculaire de tous les souverains el de tous les gouvernements, le puissant allié de notre gracieuse Souveraine, le neveu de l’illustre empereur qui, dans l’universalité de son génie, avait réalisé celte parole d'un ancien, nil humant alienum à me, au milieu des préoccupations sans nombre d'une époque où se décide le sort de l’Europe et de la civilisation, s’est souvenu d’un million de Français oubliés sous le drapeau britannique, d’un peuple qui surgit aux yeux de la France comme une apparition d'outre-tombe !

Et, lorsqu'il s'élèvera, ce monument, surmonté de la stalue que nous irons demander à la France, notre alliée, d'y placer elle-même, ne eroyez-vous pas que le vieillard, en s’agenouillant sur latombe des guerriers ainsi glorifiés, regrettera de n'avoir pas, lui aussi, donné sa vie pour la patrie; que le jeune homme se relèvera pour s'élancer plus courageux et plus ferme dans la carrière qu'il aura choisie, et que la mère qui passera près d'ici, lenant son jeune fils par la main, lui fera détourner la têle, de crainte que la fascination de tous ces honneurs rendus au courage, ne l’enlève trop tôt à son amour, pour le jeter sur la voie périlleuse de l'honneur ?

Et ces guerriers eux-mêmes, s’il leur était donné de se lever

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de leur couche funèbre, et de contempler le ciel aussi pur et brillant qu'il était sombre le jour de leur combat; ces campagnes aussi riches, aussi heureuses qu'elles étaient alors désertes et dévastées ; cetle ville alors en ruine, et qui, florissant aujourd'hui dans les arts de la paix, se répand partout dans la vallée -t déjà, sur le eôteau, envahit jusqu'à leur sépulture; ee bassin splendide, cet affoure d'eau beau et plaisant, comme disait Cartier, aujourd'hui couvert de vaisseaux de toutes les nations, au milieu desquels se trouve enfin un de ces vaisseaux français, attendus par nos pères avec tant d'angoisse à l'heure suprême ; s’il élait donné surtout, s’il était donné à nos miliciens d'entendre, après un siècle, parler français sur leur tombe ; de voir, comme ils disaient naïvement, de voir ceurs gens, des uniformes français mêlis à des uniformes anglais pour leur rendre hommage ; de contempler leur religion et leur nationalité debout encore et respectées à côté de la religion et de la nationalité des conquérants, sous cette domination anglaise qu’ils redoutaient si fort, n'est-il pas vrai qu'ils demanderaient comme une faveur de vivre quelque temps auprès de nous ?

Mais non, guerriers que nous vénérons, vous avez payé votre dette à la patrie, c'est à nous de payer la nôtre. Votre journée est remplie, votre tâche laborieuse et sanglante est terminée, la nôtre à peine commenre. Vous vous êtes couchés dans la gloire, ne vous levez pas! Pour nous, quels que soient nos aspirations, notre dévouement, notre courage, Dieu seul sait où et comment nous nous coucherons. Mais vous, dormez en paix, sous les bases de ce monument, entourés de notre vénéralion, de notre amour, de notre perpétuel enthousiasme..…. dormez..…… jusqu’à ce qu'éclatent dans les airs les sons d’une lrompette plus retentissante que celle qui vous sonnait la charge, accompagnée des roulements d’un tonnerre mille fois plus formidable que celui qui eélébrait vos glorieuses funérailles, et alors tous, anglais et français, grenadiers, montagnards, miliciens el sauvages, vous vous lèverez, non pas pour une gloire comme celle que nous, faibles mortels, nous entreprenons de vous donner, non pas pour une gloire d’un siècle ou de plusieurs siècles, mais pour une gloire sans terme et sans limites, et qui commencera avec la grande oo que Dieu lui-même passera, quand les temps ne seront plus.

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Dès que l’orateur eut terminé son admiroble discours, 21 coups de canons furent tirés par les artilleurs royaux, ainsi que trois décharges de mousquelerie par le 16°*° régiment ; puis, trois hourrahs furent donnés en l'honneur de l'armée anglaise et de l'armée française.

Ainsi finit celte mémorable cérémonie qui, dans mon opinion, surpassa en splendeur celle de l’année précédente, abstraction faite de la partie religieuse qui avait jeté tant d'éclat, lors de la translation des dépouilles mortelles des braves de

À une assemblée générale de la Société Saint-Jean Baptiste, le 3 septembre 1855, la résolution suivante fut adoptée : « Que «les remerciments de la Société Saint-Jenn-Baptiste sont dûs « à Olivier Robilaille, écuyer, M. D., commissaire-ordonnateur, « pour le zèle et l’activité qu'il a déployés dans les deux grandes « démonstrations faites pour honorer les restes des braves du « 28 avril 4760, »

Il y eut un moment d'arrêt dans l'exécution di monument. Une somme de quinze cent trente-neuf piastres el soixante-dix centins ($1539.70) avait été souscrite, et sur ce montant la somme de six cent trente-quatre piastres ($634.00) avait été généreusement offerte par les citoyens de Montréal. C'était le commandeur Jacques Viger qui s'était chargé de bon cœur de faire circuler une liste de eouscription dans cette jovalité. Sur le montant souscrit, il avait été payé, pour l'achat du terrain et pour la confection des fondations du monument, une somme de treize cent quarante-quatre piastres et

trente cenlins ($1344.30), laissant une balance de cent quatrevingt-quinze piastres et quarante centins ($195.40).

L'honorable E. P. Taché, qui avait été nommé trésorier dela caisse du monument, étant obligé de laisser Québec, me confia, en 1858, la balance d'argent qu'il avait en mains, et que je déposai tout de suite à la Caisse d'Economie Notre Dane de Québec, au crédit du monument.

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