II.—19 Octobre
Le Dr Martial Bardy, président de la Société, en 1859, lui donna une nouvelle impulsion. Le comité du monument fut réorganisé, avec M. Montambaull comme secrétaire ; de nouvelles listes de souscription furent présentées aux ciloyens de Québec, dont le preduit, sans être tout à fait suffisant, engagea cependant le comité à faire exécuter la
colonne en fonte. Le 9 avril 1860, le président fit connaître à l'assemblée générale de la Société les démarches prises par le comité du monument, pour faire terminer cette belle et patriotique entreprise. Il annonça que le contrat pour la confection de la colonne en fonte avait élé donné à M. John Ritchie, de Québec, moyennant la somme de quatre mille piastres ($4,000). Le président informa de plus les membres de la Société que le comité du monument s'était adressé à l'Empereur des Français, Napoléon HI, pour obtenir une stalue symbolique, qui devait couronner le monument, et que cetle demande avait été mise entre les mains du consul général de France, M. Gauldrée-Boilleau, qui s'était chargé avec plaisir de la faire parvenir à l'Empereur, et de la recommander fortement.
Dens le courant de la même année, le prince Jérôme- Napoléon visita le Canada et demeura quelques jours à Québec. C'était une occasion bien favorable de renouveler la demande de cette statue par l'entremise du consul français. Cette démarche eut le plus beau résultat ; le prince promit de faire don de la statue, qu’il envoya à la Société Saint-Jean- Baptiste, aussitôt après son arrivée en France. Cette belle statue en bronze, qui couronne eujourd'hui le monument, vaut au moins trois mille piastres ($3,000), digne présent d'un prince !
Le 24 juin 1861, jour de la fête patronale de la Saint-Jean- Baptiste, la Société alla saluer processionnellement la colonne en fonte du monument que l’on venait de terminer.
A une assemblée générale de la Société Saint-Jean- Baptiste, la résolution suivante fut adoptée, —{(7 septembre 1863) : « Que le comité général de régie prenne immédiate- «ment les mesures nécessaires pour l'inauguration de la «statue de la « Victoire » sur le monument de Sainte-Foye. »
Ce fut le 19 octobre suivant (1863) que la Société, ayant alors pour président l'honorable Isidore Thibaudeau et pour commissaire-ordonnateur feu le major Suzor, fit avec grande pompe la belle et imposante cérémonie de l'inauguration de la Statue, en présence d’une foule considérable de spectateurs et avec le concours des autorités religieuses et militaires. Son Excellence le gouverneur-général ayant enlevé le voile qui couvrait la statue, elle fut saluée par un immense hourrah et par plusieurs décharges d'artillerie. Deux discours furent prononcés et chaleureusement acclamés, l’un en français par le lieutenant-colonel de Salaberry, député-adjudant-général des milices, l’autre en anglais par le commandant de la milice canadienne, à Québec, le lieutenant-colonel Sewell,
Le soir, un beau concert-promenade fut donné à la Salle de Musique, auquel assista Son Excellence le gouverneur-général avec toute sa famille et l'élite de la société canadienne.
Le prix d'entrée, pour ce concert, élait de trois piastres, et le produit devait être employé à payer la balance dûe pour la confection de la colonne.
En 1879, la fragile et commune palissade qui entourait le monument tombait en ruine, la colonne elle-même avait besoin à d’être restaurée de nouveau ; la société Saint-Jean-Baptiste, 4 | dans le mois de mai, fit ériger une nouvelle palissade plus | solide et plus élégante et peindre le monument. Une main 4 sacrilége, armée d’un marleau, avait fait disparaître le nom 4 de Lévis, fixé sur un des panneaux du inonument; la société dut aussi réparer cel acte de vandalisme d’un fou intelligent.
Témoin oculaire et principal acteur de ces glorieuses journées, j'ai fait le récit des deux grandes démonstrations de 1854-1855, qui ont jeté un vif éclat sur la Société Saint-Jean- Baptiste, qui avait réalisé l’heureuse pensée de recueillir les ossements des soidats tués à la seconde bataille des plaines d'Abraham.
Nul doute que ces précieuses dépouilles auraient été pendant de longues années, exposées à toutes sortes de profanalions, et peut-être pour toujours, si la Société Saint-Jean-Baptiste ne les eût recueillies pour leur donner une sépulture honorable, en les
déposant sur le sol même, illustré par leur bravoure, sous un beau monument qui redira à nos arrière-neveux ce qu'ont
fait leurs ancêtres pour défendre le sol de la patrie.
Ve Mot PES à GERS
D' Ouivien ROBITAILLE, Chevalier de Saint-Sylvestre,