‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 5 sur 212 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

commun. Craignent-ils, par exemple, que notre langue, que nos lois, que notre mode d'existence gènent ou retardent en quoi que ce soit la marche ascensionuelle du Canada, ou déuaturent notre dévouement à la chose publique ? Quelles pourraient donc être nos aspirations inavouées, si elles n'avaient pour but cette patrie canadienne à laquelle nous tenons par des liens pius indissoiubles qu'aucune des races au milieu desquelles nous vivouis? Pour une portion considérable des habitants de la Puissance, la patrie äv prédilection, la patrie qui fournit les héros, les traditions légendaires, est encore par de là l’océan, tandis que pour nous eile est toute entière et depuis longtemps de ce côté-ci,

» Ce n’est pas en vain que la Providence :, conservé not'e race dans l'Amérique du Nord, lorsque tout semblait faire présager son anéantissemen! ; ce n’est pas en vain qu’elie l’a multipliée. Ayons foi en l'avenir. Les rôles d'hommes d'Etat sont rares, quelque nombreuses que soient les vocations apparentes, mais le rôle de bon citoyen est à la portée de tous. Efforçons-nous, avant tout, d'être des citoyens vertueux et éclairés ; apprenons à nos enfants à aimer—je ne dirai pas la Province de Québec, ils l’aimeront d’instinct—mais à aimer le Canada, et nous finirons par faire comprendre à ceux qui paraissent l’ignorer que, loin d’être une cause de faiblesse, notre élément est au contraire une cause de force pour la Confédération. Le jour où nous y serons parvenus, le Canada aura plus gagné qu’en s’annexant de grands territoires. »

H.-J.-J.-B. CHouinanv.

Qiébec, 13 juillet 1881,

Page 1