I—TROISIÈME COMMISSION : DE LA COLONISATION
| 1I——QUATRIÈME COMMISSION : AGBICULTURE, N
26 à midi. Etaient présents M. le Grand Vicaire Langevin, M. Labelle, curé de Saint-Jérôme, les Rév. Pères J. P. Lacasse et Thérien et MM, 8 Le) dé Pouliot, David, Petit, Stanislas Drapeau, J. O. Fontaine, Bédard, E ||} arue.
| Le Révérend M. Labelle fut nommé président de la Commission et MM, | Fontaine et L. O. David furent chargés d’agir comme secrétaires.
| Après quelques paroles de M. Labelle et de M, David, la séance fut | ajournée à 24 h. de l'après-midi.
} 8 1. Procès-verbal, Les membres de cette Commission se sont réunis le
SO
| A la reprise de la séance, M. le Grand Vicaire Langevin soumit un pro- | jet de Société de Colonisation.
k M. Fontaine soumit ensuite son rapport sur l'état de la Colonisation, et les moyens à prendre pour la développer et la propager, et après discussion ! Ja résolution suivante, basée sur les conclusions de ce rapport, fut adoptée. Proposé par M. J. E. Bédard, secondé par le Dr Larue;
À Résolu : Que la commission a appris avec bonheur la formation d'une | société de colonisation pour le diocèse de Québec sous lu direction de Mgr l’Archevêque de Québec, et la formation d'une semblable société dans le diocèse de Montréal, sous la direction de Mgr de Montréai, et qu’elle espère que des sociétés semblables seront formées dans tous les diocèses de la
Proposé par le Rév. P. Thérien :
Que le gouvernement soit humblement prié de vendre ses terrains miniers au même prix que les autres, en se dédommageant par des droits d imposés sur le minérai.
| obligation seulement à chacune d’elles de rendre compte tous les ans, à }
Province. A | | Sur proposition de M. le Grand Vicaire Langevin, secondé par le R. P, \ Lacasse, il est résolu :
{ \ Que la seule immigration qui convienne à la Province de Québec est | À celle qui lui visndrait du pays, ou d'associations formées dans le but de Ja M | | diriger vers la Province de Québec, comme celle que nous recommande qi : Son Eminence le Cardinal Archevèque de Westminster, dont la Com- d qu | mission a entendu un des délégués, le Révd M. Canty. MEL | Que l’œuvre de la Colonisation soit entièrement soustraite à l’influence [M | 14 de la politique, et que pour cet effet elle soit entreprise par les sociétés diocé- de | (l saines sous la présidence de nos Evèêques, là où elles se formeront, avec to | Il une époque fixe, de l'emploi des sommes d'argent à elles confiées par le x tel gouvernement pour la colonisation, 4 | Î }
Sur proposition de M. Pouliot, secondé par le R. P. Lacasse, il est résolu : Que le rapport de M. Fontaine et le projet de société de colonisation de M. le Grand Vicaire Langevin soient soumis à la Convention. Et la Cummission s’est ajournée.
J. E. BÉDann,
Secrétaire.
CuicourTimi, 18 suIN 1880.
A J. BTE. PeriT, écuyer, marchand, Chicoutimi.
Mon cher monsieur,
J’ai l'honneur de vous informer que vous avez été nommé pour remplacer monsieur le Président de la Société à Québec, en vertu de la résolution suivante :
Proposé par M. le Docteur L. E. Beauchamp, secondé par M. P. H. Boily, et résolu unanimement :
Que vû l'impossibilité dans laquelle se trouve monsieur le Président de la Société St, Jean-Baptiste de Chicoutimi d'assister à la Convention nationale à Québec, J. B. Petit, écuyer, marchand, soit nommé pour le remplacer dans toutes les circonstances qui exigeront la présence du premier oflicier de la Société.
J'ai l'honneur d’être,
Monsieur le délégué, Votre tout dévoué,
(Signé) Dr. LACOMBE.
Lac Sr. JEAN, LE 30 sun 1880.
A Sa Grandeur Monseigneur D. Racine, Evêque de Chicoutimi.
Monseigneur,
Votre Grandeur nous ayant posé les questions suivantes (par l’entremise du Dr. Lacombe) avec prière d'y répondre:
1° Si à votre avis, ilest mieux de placer les colons le plus près possible des établissements déjà défrichés, et de faire coloniser successivement les townships ?
2 Si les chemins de colonisation devraient précéder les colons ?
3e Chaque colon devrait-il travailler sur son lot, ou plusieurs colons se réunir pour ouvrir plusieurs lots en société, et les diviser lorsqu'ils seront en partie défrichés ?
4 Croyez-vous qu'il serait bon qu'un prêtre résidât une grande partie de l’année au milieu des nouveaux colons, afin de les encourager et diriger leurs travaux ?
5° Quelle classe de colons devrait être dirigée vers votre comté ?
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6° Croyez-vous que les personnes qui possèdent ‘une somme d'argent suffisante feraient mieux de s'établir sur des terres déjà défrichées, ou d'ouvrir de nouvelles terres ? '
7° Avez-vous quelques suggestions à faire qui favoriseraient la colonisation du comté et quelles sont-elles ?
Nous, soussignés, curés et missionnaires du district du Lac St. Jean, prenons la liberté de répondre à ces questions comme suit:
1° Les colons devraient toujours être piacés le plus près possible des étabiissements déjà défrichés ; ainsi groupés et massés, ils résistent mieux lorsque viennent les mauvaises années, sans compter qu'ils peuvent ainsi, et de bien des manières, s’aider mutuellement, 2 Il est hors de doute que les chemins de colonisation devraient touj ours précéder les colons, dans tous les endroits reconnus propres à la culture; c’est ce qu’on n’a pas toujours compris dans notre district, où on a souvent attendu que les paroisses fussent formées avant de leur donner les routes et chemins auxquels ies colons avaient droit. 3° Chaque colon devrait toujours travailler sur son propre lot, à moins qu'une compagnie (telle que ceile qui travaille en ce moment à coloniser le townshin Normandin) engageant des hommes à certaines eonditions, fournisse à ces hommes les moyens de se fixer sur un lot ou section de lot, qui lui serait octroyé comme salaire.
4e Rieu de plus propre en effet que la présenez d’un prêtre au milieu des nouveaux colons, pour les encourager et diriger leurs travaux ; et il est arrivé plus d’une fois que des colons de bonne foi et bien disposés ont abandonné leurs terres, pour n'avoir pas eu cet avantage. 5° Autant que possible, des colons qui ont été éléves ou qui ont vécu dans les campagnes ‘surtout des fils Ge cultivateurs) sans toutefois fermer la porte aux colons de bonne foi, qui pourraient venir d’ailleurs. 6° Il faut distinguer : l° ceux qui seraient en possession d’un fort capital, feraient mieux de s’acheter des terres déjà défrichées, tout en gardant une certaine somme en réserve, comme poire pour la soif; 2° ceux qui n'auraient qu'un capital peu considérable feraient mieux de faire travailler avec cet argent sur des terres nouvelles, 7° Les seules suggestions qui restent à faire consistent à insister fortement auprès du gouvernement afin qu’il fasse ouvrir les routes et chemins de co onisation dans tous les endroits où le besoin s’en fait sentir, et à donner au plus tôt'".ne voie de communication directe et rapide avec um centre commercial.
Une bonne chose qu’on devrait fajre serait d'offrir des primes aux colons pour travaux de défrichements, etc., faits sur leurs lois.
(Signé), B. E. Lrczerc, Ptre, *Curé d’Hébertville,
J. B. VaLuée, Ptre, Curé de Saint-Jérôme.
d. À. Gimanp, Ptre, Curé de Saint-Louis.
d. E. Lizotre, Ptre, Coré de N. D. du lac Saint-Jean.
Rosenvaz, N. D. pu Lac SAINT-JEAN, 15 juin 1880.
À une assemblée générale des résidents de Notre-Dame du Lac Saint- Jean, tenue le 15 juin, sous la présidenre de J. B Parent, écuyer, préfet du comté, les questions soumises ont élé après discussion résolues comme suit : ;
1e F1 vaut mieux coloniser successivement, faire suivre les progrès du défrichement, pour donner aux colons nouveaux les bénéfices des routes déjà existantes. mais surtout leur assurer l’aide et les conseils de ceux qui déjà y sont établis. Laissés seuls, ils peuvent se laisser aller au découragement par les grands sacritices de l'isolement, tandis que soutenus par
l'exemple de ceux qui, de pauvres, sont parvenus à une certaine aisance, ils reprennent courage, et l'espérance assure leur succès.
2e Contrairement à ce qui a été fait jusqu'ici les chemins devraient toujours préceder l'établissement des {ownships. Cette pratique malheureuse fait qu'aujourd'hui, ici, les colons attendent que les chemins soient faits pour avancer, ce qui apporte un grand retard à la colonisation.
3° Chaque colon doit choisir son lot et s'occuper du sien. La communauté de travail ne peut se faire qu'entre gens qui se connaissent bien quant à leur capacité de travailler, et encore, dans ce cas, chacun doit cnnnaitre d'avance sa propriété. Travailler ensemble pour séparer ensuite les lots nécessiterait un maitre et des hommes à gages.
4° La présence du prêtre est bien nécessaire parmi les colons. Celui-ci ne se décourage pas quand il voit près de lui le prêtre partager ses labzurs et ses anxiétés ; l’on aime à se grouper près de lui.
5* Les jrunes gens déjà faits aux travaux de l’agriculture sont les plus propres ; ceux qui n’ont jamais cultivé ne réussissent qu’en autant qu'ils sont disséminés parmi ceux qui y sont déjà habitués. L'exemple et les conseils, qui ne sont jamais refusés, sont les plus grands stimulants pour le colon qui n’est pas brisé aux durs travaux de l’agriculture.
6° Pour celui qui possède assez de fonds, la question se résout bien vite ; sur une terre déjà faite, celui-là peut l’améliorer tout à son aise. Si d’un autre côté il a le courage de s’enfoncer dans le bois, il peut défricher vite et ce serait rendre un immense service à des colons plus pauvres groupés autcur de lui, Mais s'agit-il de celui qui ne possède que peu ? A celui-là, c'est une terre nouvelle qu'il faut; quelques centaiues de dollars lui assurent pour toujours une existence sur une terre nouvelle, tandis que sil veut acheter, et pour cela, contracter des dettes, il subira le sort de ceux qui ont essayé de ce système ; il sera de longues années, sinon toujours, dans l’asservissement.
Le grand cri des colons est que les chemins, les routes manquent. Le gouvernement devrait non-seulement faire arpenter, mais en même temps faire les chemins et routes nécessaires Ici, au Lac Saint-Jean, le défrichement augmenterait bien plus vite et des hommes de bonne volonté n’auraient pas à attendre qu'ils puissent se rendre à leurs lots pour commencer à travailler,
Les sociétés de colonisation encourageraient beaucoup le défrichement si elles voulaient promettre une somme quelconque, quelque minime qu’elle fût, pour chaque arpent mis en culture, en proportionnant cette somme au nombre d'arpents défrichés et au temps mis à lesfaire.
Le teut humblement soumis, Votre très-humble serviteur, :
(Signé,) Dr G. E. Marre, Secrétaire.