I.—LES CIRCONSTANCES PRÉSENTES
1° S'il est un moment favorable pour traiter avec le gouvernement la question de la colonisation des terres, et pour obtenir des conditions plus favorables à nos jeunes gens, c’est sans doute celui où le cabinet en fait ostensiblement un article de son programme. Cet article de sa politique insinue assez clairement qu'il veut entrer dans une voie plus large, plus généreuse, plus patriotique que celle où marchaient ses prédécesseurs ; —que l’on n'a plus l'intention, comme tant d’hommes politiques, d'employer des mots sonores, et de n’en jamais venir à l'exécution. D'ailleurs, les sympathies du chef actuel de l'administration en particulier sont bien connues, et garantissent l'appui de son influence et par conséguent le succès à ceux qui arboreront le drapeau si glorieux els populaire de l'exploitation des richesses agricoles.
2° Une récolte-abondante vient d'être accordée à presque toutes les parties de la Confédération par la Divine Providence, el ce bienfait sauve notre pays de la ruine dont il était me-
nacé.—Des mines abondantes de substances, propres à amé- :
liorer et à engraisser les terres, ont été découvertes dans différentes localités, et peuvent fournir un moyen toujours facile de rendre à la terre ce qu'on lui enlève par la culture.
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LUE 408 FÊTE NATIONALE j | de De grandes voies de communication sont entreprises dans » CUITE toutes les directions, et rendent plus facile l'accès à des terri- » / HE toires riches et déjà explorés. »
Fu ; 3 On invite à son de trompe, à grand renfort de prospectus » dl et d'agents envoyés en Europe,—surtout dons les pays pro- » | {i testants, et avec l'offre d'avantages matériels considérables, —la » | partie surabondante de la population. Dans un grand nombre » LUI de cas, ces immigrants, après avoir été transportés au Canada, » HE aux frais de notre gouvernement, vont prendre des terres aux » LUE Etats-Unis. Ces faits sont empruntés aux rapports officiels Hal qne chacun peut consulter. l UETEE 4° D'un autre côté, les enfants du «ol ont beau supplier et LUE faire des représentations éloquentes et bien appuyées, on leur D | If répond que, pour eux, il n’y a pas d'argent au coflre public ; » APE EI ou en d'autres termes, que, après avoir favorisé les étrangers ‘ LU DEN par des subsides larges et constamment renouvelés, on ne ê Wie || veut rien faire pour ceux qui ont le premier droit à l'encoura- dé EAN gement, et dont l'établissement coûterait moins cher. ni l'A 0° La conséquence est lexpatriation d'un grand nombre de m ' if À nos compatriotes, qui, sans maudire pourtant le sol qui les a Las 1 vus naître, détestent avec raison la politique étroite et aveugle ex HER à qui les laisse s'éloigner, en refusant de leur faciliter un peu dé pal l'acquisition d'un hérilage pour eux-mêmes et leurs enfants. Des ce | (oil agents actifs et ambitieux, même nés en Canada, leur présendi id tent, sous des couleurs propres à les allécher, les avantages sc Il ti qu'un gouvernement voisin fait aux colons ; et, après bien des mt Aratt hési'ations et des combats avant de renoncer à leur patrie, ils gel il: l se Lournent vers un pays qui leur paraîl plus hospitalier ; —ils bu ptit partent par centaines et par milliers ; et ceux qui restent se EU lamentent et déplorent un pareil état de choses. Li ÿ 6° Et quel est le sort du jeune Canadien, rendu aux Etats- [U || Unis ?—-Nous allons l'apprendre d’un témoin oculaire : plût à pu } | Il Dieu que ce fut le chapitre hautement coloré d'un roman des- nis AE tiné seulement à retenir nos frères parmi nous ? Mais c’est ab F quil un fait tout récent. sys pi | Se destinant à un ouvrage de manufacture, une bande de nê fil Il 70 à 80 d'entre eux, hommes et femmes, jeunes garçons et ter Hi Il files, excila la jalousie de ceux qui les avaient vus arriver de ro! l jui mauvais œil, «Ces gens, dit un correspondant, (1) étaient à ag PUR | lé ji (1) Courrier du Canada du 4 octobre 1879. ( | H 14 | il 4 HAT |! ll |e (il | An if
» peine dans la rue qu’ils furent injuriés par une troupe de » femmes et d'enfants, au milieu desquels se trouvaient quel- » ques hommes, criant, vociférant, et lançant des pierres ; » plus loin ils furent assaillis par une troupe qui ne comptait » pas moins de cent cinquante personnes, des hommes pour la » plupart. Les coups, des roches énormes commencèrent à » pleuvoir. Une femme, portant un marmot, fut renversée et » foulée aux pieds: des enfants reçurent des pierres dans la fi- » gure et plusieurs personnes furent sérieusement blessées ».
Que nos jeunes gens apprennent l'accueil qui les attend à l'étranger ? Des amis m'écrivent des Etats-Unis :
« Cultivateurs de Québec, ne venez pas aggraver la position » de vos frères émigrés ; restez sur vos lerres ; vous serez » encore plus heureux qu'ici (f).
7° En présence d'une pareille situation, le moment n'est-il pas bien choisi pour le gouvernement de Québec pour prendre des mesures efficaces afin de garder nos jeunes gens en Canada ; je dis äes mesures efficaces, car jusqu'à présent les moyens employés ont été presque invariablement tout-à-fait en disproportion avec les besoins et les demandes. De là cet exodé continuel, ce départ périodique d'une jennesse découragée et dont le nombre a peut-être encore augmenté cette année,
8’ Mais pour arriver à un résultat satisfaisant, il faut bien se rendre compte de tous les détails. L'objet du présent mémoire est d'exposer les défauts du système actuel et d’en suggr un nouveau, qui réponde à l'attente et qui alleigne son
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