‹ Fête nationale des Canadiens-Français célébrée à Québec en 1880 [microforme]Chapitre 98 sur 212 · CRE · texte numérisé non relu

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frimas de moustache, on n’est plus un enfant, il faut essayer de la vie et voila notre homme hors les gonds.

» Le troisième n'est pas âzé ; de plus, les excellentes places qu'il a occupées chaque année, l'ont empêché de se dégoûter de la vie de collége. Pourquoi donc sort-il après sa rhétorique ? . . . Qui sait ? peut-être, lui aussi, pour gagner quelques années. Il a soif d'arriver, et d'arriver vite.—-Il veut être médecin, avocal ou notaire. A quoi lui servira la mécanique ? Pourquoi l'astronomie, la génlagie ? Pourquoi surtout les mathématiques ? —— Rien de mieux à faire que de sortir ; il y gagnera doublement ; d'abord il parviendra plus vite, puis il épargnera à sa pauvre tête les études desséchantes des deux dernières années !

» Inutile de répéter ces sophismes enfantins ; ils sont les fruits naturels de ce désir de vieillir qui tourmente les enfants, Essayons plutôt de détruire de fond en comble tons ees misérables prétextes. Au risque de passer pour persécuteurs, ne craignons pas de forcer les élèves à compléter leur cours classique une fois qu'ils l'auront cemmencé !— Pourquoi dans ce but, ne pas faire pour les professions libérales ce que l'on fait pour le clergé ? Pourquoi ne pas exiger des études complètes ? Et qui empêcherait de s'en assurer par des examens sérieux que devraient subir les élèves avant du commencer leur cléricalure, examens qui embrasseraient toutes les matières d'un bon cours d'études ! Croit-on que le nombre des avocats en dimiuuerait de beaucoup ? Supposons que ce soil le cas ; ce ne serait certes pas les avocats déjà existants qui s’en plaindiaient, et je réponds des clients. On pourrait poser encore en règle générale que ce cours d’études devrait être fait dans un collége, ce qui n'empêcherait pas certains laler s hors ligne, mais denués de ressources, d'embrasser les mêmes carrières ; ils seraient admis à titre d'exception.

» En France, le baccalauréat est de rigueur pour entrer à l'Ecole polytechnique, à l'Ecole St. Cyr, pour commencer l'étude du droit où de la médecine. Pourquoi ne ferait-on pas de même au Canada ? Pourquoi ne pas exiger au moins une épreuve analogue ?

» Venons-en maintenant aux détails et demandons-nous : l'enseignement des sciences dans les col'éges est-il ce qu'il devrail être ? A cela, nous croyons devoir répondre aflirmalivement. Il serait à désirer cependant que l'on donna plus

de temps à la philosophie. Pourquoi l'élève ne l'étudieraitil pas pendant trois ans? La première année, il verrait la logique ; puis la seconde serait consacrée à la métaphysique et la troisième à la morale. Il y aurait à cela plusieurs avantages. D'abord l’élève parcourrait moins à la hâte ces différentes parties ; il en retirerait plus de profit. Et qui empêcherait de donner des degrés en philosophie ? Un finissant quitterait le collége, bachelier, licencié ; même docteur en philosophie. Quel encouragement puissant à l'étude de cette science ! Quitter à peine les bancs du collége et être déjà docteur !

» Mais cestroisannéesdesyllogismes seraient bien longues.— Moins qu’on le pense, vu qu’on pourrait en employer la moitié, ou à peu près, à l'étude des sciences exactes, qui se trouveraient ainsi plus à l'aise et qui profileraient beaucoup ellesmêmes de ce changement.

» Cependant il ne faudrait pas exiger relativement à ces dernières sciences que les colléges agrandissent de beaucoup le cadre assigné par eux à chacune d’elle.—En effet ce qu'on doit attendre des colléges ce n’est pas la préparation, la création de spécialistes, qui, aussitôt leurs éludes finies, feraient leur marque dans une science en particulier. Leur mission est plus générale. Ils doivent donner à leurs élèves des connaissances scientifiques suffisantes pour qu’ils puissent embrasser avec honneur n'importe quelle carrière au sortir de leurs études, sacerdoce, droit, médecine, ete. Force leur est donc de rester dans les généralités.—Qui sait ? peut-être le champ actuel de ces études n'est il pas même un peu trop vaste. Peut-être serait-il préférable de voir moins mais mieux.— Graver profondément dans ces jeunes intelligences les principes fondamentaux des diverses sciences, de telle manière qu'ils ne s’effacent jamais et qu'ils servent de points de départ à des études spéciales, voilà, à ce qu'il nous semble, le but que pourrait se proposer les études scientifiques qui se font dans les colléges.

» En donnant à l'étude des sciences une année de plus, on devrait donc non vas tant augmenter la longueur ou la quantité de malières à voir, qu'approfondir davantage les différents points étudiés pour se les assimiler d'une manière plus parfaite. Que chaque élève puisse dire comme le poète :

Mon verre n'est pas grand, mais je bois tout mon verre.

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LA dl DES CANADIENS-FRANÇAIS. 4925 | RSR

» Nous ne voudrions pas non plus, par celte addition d'une i| année d’études scientifiques et philosophiques, allonger encore EN le cours d'étude déjà assez long. Serait-il absolument impos- RUMEUR sible de retrancher une année du cours de grammaire ou de +R littérature en faveur des matières plus intéressantes et plus | pratiques qui se voient à la fin des éluues ? Sans défendre le

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programme Ferry, il nous semble qu'il y aurait certains re- a maniements dont l’exéculion ne pourrait avoir que de bons ré- || AT MENT Li sultats. fi qu » On dit tous les jours que les Américains sont plus pratiques ii à 1 que nous, qu'ils ont plus de génie inventif. Qui sait si celte 1 5

tendance n’est pas le résultat d’un enseignement scientifique \ plus sérieux, plus suivi que celui que nous avons ici. JIlne faut pas aller trop loin dans ce sens : gardons le juste milieu. f Pas trop d'attendrissement pour le practical américain, pas trop de lyrisme non plus pour la théorie que nous tenons des Français.

» À ce propos il nous semble qu’on devrait donner à l’en- : SUREEN à seignement de la philosophie comme de toutes’ les autres . sciences une teinte tout à fait actuelle. Consacrer relative- 4 0h ment peu de temps à la réputation des systèmes d'Epicure, he de Pythagore et qui ne sont crus par personne, et développer il davantage la réputation des systèmes modernes. Un élève, li | ll au sortir du collége, aura rarement occasion de rencontrer un ù l | épicurien convaincu, mais, tous les jours, il lui arrivera de | coudoyer un admirateur plus ou moins convaincu des utopies Ni 11 modernes. Il faut être de son siècle.

» Comme conclusion générale, nous croyons devoir dire que FEES) l'enseignement des sciences, tel que donné dans les collèges, laisse peu à désirer.

» Mais si nous sortons au dehors, voyons-nous ces études A occuper avec honneur le rang auquel elles ont droit ? Il nous 1 semble que non. AR DENT

» Les jeunes gens instruits ne peuvent pas, quoi qu'en disent * [4 ; | les apparences, être tous avocats où médecins. Bon nombre | L! & 4 gagneraient plus facilement leur vie en étudiant ce que l'on FLE désigne si vaguement sous le nom de génie civil, expression Pare qui nous paraît renfermer un peu de tout, architecture, arpen- i à lage, géodésie, mécanique, elc., voir mème un peu de sciences || naturelles, chimie et physique. Or, nous n'avons pas d'écoles VALUE” (1h où les aptitudes de nos ingénieurs en herbe peuvent-êlre culti- , A A

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vées. Les études se font privément, chez un patron, durant un certain nombre d'années, et puis c’est tout. 11 serait donc important que nous eussions ici une institution calquée, dans une cerlaine mesure, sur l'Ecole des mines de Paris, ou l'Ecole centrale, mais, évidemment dans des proportions très restreintes. Peut-être suffirait-il d'avoir quelques écoles dans le genre de celles qu'on apyelis en France: écoles secondaires spéciales, où l’on se prépare immédiatement aux professions industrielles. Nous avons bien l'école des arts et manufactures, mais en réalité quel profit en retirons-nous ?

« Le négoce sous toutes ses formes, dit un écrivain, les manufactures, les fabriques, les mines de toute espèce, sollici- » tent une nombreuse jeunesse, mais l'exercice des professions » industrielles el commerciales exige aujourd'hui un certain » ensemble de connaissances, plus ou moins étendues, que, dans » tous les cas, l'école primaire ne peut donner. L'a:ricul'ure » elle-même ne vit plus sur les anciens procédés aveuglénient » acceptés ; elle demande à la science des méthodes nouveiles, » des procédés nouveaux »

» Voilà autant de catégories d'élèves qu'il nous faudrait favoriser de toutes nos forces. Car, il faut bien l'avouer, où sont les insénieurs canadiens-français:; où sont les chimistes ; où sont les architectes surtout réellement dignes de ce nom? Hélas! l'on fait trop souvent venir d’outre mer les spécialistes dont on a besoin. Il faudrait dirig-r de ce côté le plus de jeunes gens possible, de ceux-là qui feraient p'us tard des déclasses. Qu'on enlève plus encore qu'on ne l'a fait jusqu'ici aux classes de latinité, rien de mieux : il restera toujours assez d'aspirant pour les carrières dites libérales. Bien entendu que je ne parle pas ici des aspirants au sacerdoce qui ne seront jamais trop nombreux.

» Cependant, avouons franchement que l'établissement de ces écoles el leur fonctionnement présente de très-graves difficultés,

» En premier lieu, une école de ce genre, quirendit quelques services, Coûlerail sans aucun doute des sommes considérables chaque année. Et puis, les élèves ne sauraient être trèsnombreux. [ls seraient d'autant plus rares que dans l'état actue] des choses, on arriverait au même résultat, (au génie civil) en étudiant tout simplement quelques années chez un patron. En outre, comme nous supposons une école sérieuse, plusieurs

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années d'études pénibles, faligantes et coûteuses, seraient exigées avant l’obtention des diplômes. Ur, les éièves riches, les seuls qui seraient à même de faire les débour:és nécessaires, ne se soucieraient guère, pour la plupart, de mériter, après de longues années de travail, un titre qui ne leur servirait à bien dire que pour le monde. Ils préféreront s’y prendre autrement. Qnant aux élèves pauvres, ils n'auraient pas le moyen de payer ces études. Le gouvernement, direz-vous, protègerait les plus capables et leur accorderait l'instruction gratis. Fort bien; mais ces élèves, une fois leurs études spéciales terminées, auraient encore besoin d’une pratique assez longue, sous la direction d'un spécialiste entendu, avant d'entreprendre eux-mêmes des travaux considérables et importants. Or, ces élèves sont pauvres ; ile ont besoin de gagner quelque argent et cela le plus tôt possible ; d'un autre côté, ils savent, qu'après quelques années seulement de :lage chez un arpenteur, un ingénieur, ete., années durant lesqueiles ils se familiarisent à Ja fois avec la thvorie et la pratique de leur profession, ils savent, dis-je, qu'ils pourront se faire une aussi belle position etplus vite. Alors, comment espérer qu'ils s’astreindront à suivre des cours spéciaux, qui en feraient peut-être des hommes supérieurs, mais qui éloigneraient de plusieurs années la fin de leurs études. Il y aura des jeunes gens studieux, au caractère élevé, qui le feront, mais ce sera le trèspelit nombre. Lorsque deux chemins conduisent à un même but, il est bien rare que le voyageur ne choisisse pas le plus facile, s’i' est à la fois le plus court.

» Mais, dira-t-on,le gouvernement qui, seul, maintiendrait ces écoles, placerail aussi les jeunes ingénieurs qui en sortiraient. Sans doute : de même qu'il pourrait également les déplacer et les remplacer par d'autres. Très probablement cependant ces jeunes gens bien formés, arriveraient tôt ou tard à une bonne position, mais dans combien de temps? Dieu le sait.

» Somme loule, cependant, les écoles de ce genre sont désirables, pourvu qu'elles soient organisées sur un bon pied. Si l’essai pouvait s'en faire sans trop de dépense, il serait à soubaiter que le gouvernement le tentât.

» Le gouvernement ne pourrait-il pas, pour commencer, choisir des jeunes gens de talents, recommandés par les supérieurs des collèges où ils auraient étudié, et les envoyer se former à l'école des spécialistes européens ? à Ja condition qu’à leur

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retour ils s'engagent à travailler, pour le compte du gouvernement, dans des écoles ou ailleurs, moyennant un salaire raisonnable qui leur assurât une vie aisée et honnête. Qui sait si de cette manière on ne créerait pas un noyau d'inlelligences supérieures, capables d’en former d'autres et de rehausser le niveau des études du génie civil.

» Il serait encore à souhaiter qu'il se formât, en différents points de notre province, des sociétés scientifiques, dont le but serait de vulgariser, par des conférences ou autrement, l'étude des sciences et d'inviter en même temps les quelques spécialistes qe nous avons à continuer avec ardeur leurs études. Rien n’encourage comme l'idée de communiquer ses découvertes à des amis qui les apprécieront et qui applaudiront aux efforts des g'néreux travailleurs. Rien, au contraire, ne paralyse le zèle comme cette solitude profonde où le chercheur se sent pour ainsi dire noyé. Une ou plusieurs sociétés scientifiques bien dirigées rendraient sans aucun doute d'immenses services.

» Nous n'avons pas un seul journal scientifique français, à part le Naturaliste Canadien, qui lui-même est dans une situation lrès-précaire, et c’est là un grand malheur. En général, ces publications ne comptent pas assez d'abonnés pour vivre par leurs propres forces ; il nous semble qu'on ne devrait pas crairdre de faire quelques sacrifices pour venir au secours d’un journal scientifique, rédigé par des hommes de talent et capable d'embrasser toutes les questions à l’ordre du jour.

» Les gouvernements des différents Etats, aux Etats-Unis ont, pour la plupart, un certain nombre de spécialités atlitrées, chimistes, géologues, entomologistes, etc., travaillant pour le compte de l'Etat et pour le développemeut de ses ressoirces. Ne serait-il pas à souhaiter que l’on essayât ici la même chose ? Les avantages qui en résulteraient, pour n'être pas immédiatement tangibles, n’en existeraient pas moins réellement ; une seule découverte, une seule observalion sauvera quelque fois au pays des sommes considérables.

» Enfin, un dernier mot. Pourquoi les instituteurs de la campagne, professeurs d'académie, d'écoles modèles, mème d'écoles élémentaires, ne donneraient-ils pas à leurs enfants quelques notions sur les sciences ? Que de problèmes scientifiques, se passant tous les jours sous nos yeux, ne pourraient-

ils pas leur expliquer, et par là-même les intéresser vivement les instruire et leur inspirer l'amour des sciences. Ces petites leçons, données avec soin et intelligence, auraient d'excellents résultats pratiques. Ils instruiraent les enfants et les habi- {ueraient à voir, à observer et à rechercher les causes des différents phénomènes dont ils sont tous les jours les témoins. Des efforts louables ont été tentés dans ce sens, il ne faut s’arrêler en si bon chemin.

» Nous avons fini. Réflexion faite, nous nous à’: ‘rcevons que nous avons été trop long et trop court ; trop 16 3 pour la mesure de nos forces, trop court pour la vaste étendue du sujet que nous avions à traiter. 1} aurait fallu plus de détails. Espérons que si notre travail n'est pas approuvé dans son ensemble ni dans ses parties, il provoquera au moins une honnêle discussion sur les divers points que nous avons touchés,

» (Signé) » J. C. K. LAFLAMME, prêtre.»

RAPPOKT SUR L'ÉTAT ACTUEL DE L'ART DE BATIR DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC, ET DES MOYENS A PRENDRE POUR Y RÉMÉDIER. (|)

» Je dirai de suite, comme préambule, que pendant que d’un côté nos travaux publics : canaux, chemins de fer, édifices parlementaires et autres, sont faits avec assez de goût et beaucoup de solidité, ayant ainsi un caractère de durabilité et de permanence capables de défier les efforts du temps, ces qualités manquent presque entièrement dans la plupart de nos constructions privées ; et la Convention, à mon avis, ne saurait mieux faire que d’attirer l'attention de nos législateurs sur la nécessité de fonder en cette province une école des arts et méliers, à l'instar de celles du Conservatoire à Paris et de Kensington à Londres, où ceux qui se destinent à l'architecture et au génie pourraient acquérir les connaissances nécessaires pour les mettre en mesure d'éviter ces mille et un défauts de construction que l'on observe plus ou moins partout.

(1) En réponse à la vôtre du 17 courant, me priant de rapporter àla Convention mes vues ‘ sur la situation actuelle deg arts he la Province de Québec, et sur ‘les mesures à prendre pour les faire p'ogresser,”” et de m'’entendre à ce sujet avec MM. Eugène Taché et Eugène Hamel, artistes, j’ai l'honneur de vous faire savoir que nous nous sommes partagé la besogne, MM. Taché et Hamel devant 8e charger de la section des ‘‘ beaux arts ” et M. Baillairgé, de celle ayant trait surtout à l’art de bâtir et aux arts industriels.—C. B.

» En effet, quoi de plus usuel que d'ignorer entièrement que la force d'une solive, par exemple, est en raison inverse de sa longueur et comme le carré de sa hauteur ou épaisseur ; en d’autres termes, que, si on double sa longueur, elle est de moitié moins forte, pendant qu’en doublant, triplant, quadruplant sa hauteur, c’est-à-dire son épaisseur dans le sens de la verticale, elle l’est quatre fois, neuf fois, seize fois plus.

» L'ouvrier, l'architecte, qui ne possède aucun des éléments de la mécanique, et ce sont les neuf-dixièmes de tous ceux qui exercent le mélier, comprend, parce que cela saule aux yeux, qu'en donnant à un scliveau un surcroit de largeur, il ajoute dans le mème rapport à sa force de résistance ; mais, lui euton enseigné qu'il arriverait au même résultat en ajoutant seulement trente trois pour cent ou un tiers à peu près à la hauteur de la poutre, que de milliers, de millions même de pieds de bois n’aurait-on pas épargnés dans la construction des centaines de mille maisons el autres bâtisses qui recouvrent la surface du pays.

» Pourquoi voit-on dans presque toutes nos maisons d'habitation, maisons d'école, presbytères, couvents, colléges, etc., lant de portes et de croisées ébauchées et auxquelles il faut constamment reloucher pour en assurer le fonctionnement ? Pourquoi lant de planchers et par conséquent.de meubles plus ou moins inclinés à l'horizon au lieu d'être de niveau et à plomb comme ils devraient l'être? Pourquoi tant de murailles lézirdées et d’enduits fendillés et gercés en tous sens ; tant de cloisons ou murs de refend où la tapisserie, dont on les revêt, accuse el rend sensible à l'œil le moins exercé, l'affaissement, le refoulement de l'édifice vers le centre de sa profondeur ? C’est qu'on ignore que les murs extérieurs, ceux de front et de derrière ne portent chacun que le quart du poids total de la bâtisse et de tout ce qu’elle ceatient, tandis que la

moilié de la charge se trouve au centre, et là, où non-seulement l'on devrait placer un mur avec un surcroît d'épaisseur et de force, que trouve-t-on d'ordinaire, si ce n’estun mur beaucoup plus mince que les autres et que l'on ne prend pas même la précaulion de fonder sur le roc ou sur un fond incompressible ; plus souvent encore une simple cloison en colombages avec lisses haut et bas, lesquelles avec les solives en se rétrécissant sous le double effet de la désiccation du bois et de son écrase-

ment sous le fardeau qu’il a à porter, ajoute encore pour un fort percentage à l’affaissement que je viens de signaler.

» Pourquoi tout ceci, répélons-le, car on ne saurait trop le dire, el tout le monde devrait le savoir, le propriétaire lui même aussi bien que son architecte? C'est qu'on ignore les lois les plus élémentaires de la mécanique qui enseignent que si trois points d'appui, celui du centre a double devoir à remphir.

» Cependant la faute n’en est pas toujours à l’ouvrier mais au propriétaire qui refuse de comprendre le pourquoi des précautions que lui suggère son contracteur, lequel devrait dans tout tel cas enregistrer son protêt.

» L'on ignore encore la rigidité comparative de deuxpoutres, portant chacune, sur trois points d'appui, mais dont l’une est d’une seule pièce, l’autre en deux bouts non reliés ou antés l’une à l’autre.

» En un mot, l’on ignore tout ce qu'il y a de plus essentiel à . savoir dans l'art de construire avec solidité et économie, puis l'on s'élonne que, pendant qu’en Europe, où l'on enseigne et pratique l’art de bâtir, les maisons se transmettent de père en fils et durent des générations, pour ne pas dire des siècles, ici, c’est à recommencer du vivant même du propriétaire,

» Que ne voit-on de bâlisses où les piliers d’encoignure au lieu d’être plus larges que les autres, le sont au contraire beaucoup moins, même lorsqu’avec des ouvertures cintrées ou arquées en voussoirs de pierre, ils servent de culées à la poussée des arches ; et que de voûtes reposent sans tirants sur des murs incapables d’en prévenir l’écartement. Verraiton aussi souvent céder un mur de soutènement, sut-on en calculer l'épaisseur nécessaire pour résister à la poussée des terres qu'ils supportent ?

» Est-ce qu'on ne bâlit en ce pays que pour réédifier au bout de dix ans? Que de milliers de louis passent ainsi inutilement, el que l’on pourrait dévouer à l'éducation de la jeunesse et à la plus grande gloire du pays. Que d'écoles d'arts et métiers n'aurait-on pas pu fonder et entretenir avec les millions dépensés ainsi en pure perte pour rectifier les erreurs dues au manque de connaissances techniques de la part de ceux que ces écoles mêmes auraient enseigné à éviter les fautes qui ont déjà opéré le sacrifice de tant de fortunes.

» Il est tout aussi facile, aussi peu coûteux, souvent moins,

de bâtir beau et bon que de couvrir ainsi la surface du pays de constructions hybrides, où ne règnent ni le goût, ni les proportions voulues, ni même les premiers éléments de la stabilité.

» Que dirait Mansard, l’inveuteur du toit qui porte son nom, s’il lui était donné de voir au Canada, à Québec surtout, les mille et une interprétations plus ou moins absurdes les unes que les autres que l'on se plaît à raire de la loiture dite ‘* Mansarde, ” mais que le mot ‘‘ Batarde ” qualifierait mieux. On ne fait aucune attention au rapport de la hauteur d'un toit à celle de l'édifice qu’il couronne, au mauvais effet d'un toit plat entre deux autres qui ne le sont pas, au manque de proportion entre la hauteur d'un étage attique ou mézanin et de ses ouvertures et celle des étages inférieurs. Dans une rue, la plus étroite comme la plus large, on vous flanque une corniche sur un premier, deuxième ou troisième étage dont la saillie dérobe à la vue le tiers, la moitié de l'étage qui lui est superposé. Le clocher est trop grand pour l'église ou l'égiise est trop grande pour le clocher.

» Enfin, on n'en finirait pas si l’on avait à entrer dans plus de détails ; el avec tout cela on détruit assez souvent l'effet de ce qui est bien sous une conche de peinture qui vous laisse croire que c'est tout autre chose, et lors même que la construction est sure et solide vous laisse sous l'impression qu’elle ne l’est pas en faisant sur une colonnade ou poutrelle en fer ou en fonte suffisamment forte pour porter son fardeau, une marbrure qui vous inquiète en vous mettant en présence d’un matériel qui n’a pas sa raison d'être.

» Mais si les considérations, se rattachant à la construction, aux proportions à donner aux diverses parties d'un édifice, sont essentielles, celles qui ont trait à la distribution. à la décoralion raisonnée ont aussi leur importance.

» Croit-on aussi que pour éclairer ou illuminer une maison ou autre édifice, pour l'aérer, la ventiler, la drainer et la chauffer d’une manière convenable, il ne faut pas des leçons, des connaissances sur chacun de ces points, de même que pour lui fournir un approvisionnement d’eau potable et des moyens de communication à l’intérieur, soit d’un étage à l’autre.ou d’un appartement à la pièce voisine; où au moyen de clochettes mécaniques, pneumatiques ou électriques, par des porte-voix ou en se prévalant des secrets de la télégraphie, de la téléphonie; et n'est-il pas tout aussi facile pour qui a le moyen de

s'en donner le luxe de refroidir l'air l'été que de le chauffer l'hiver.

» Et les millions que dévore tous les ans le feu, cet élément terrible de destruction, les assurances que l'on paye ne motivent-elles point l'importance des considérations ayant trait à une construction plus à l'épreuve du feu. N'est-il pas temps que l'on substitue à nos solives et planchers de bois le fer et le béton, et que les cloisons en colombages et en planches fassent place à des matériaux réfractaires, Pourquoi y a-t-il à Paris si peu d’incendies destructeurs, c'est que le bois et surtout le bois résineux entre pour beaucoup moins dans la construction d'édifices de toutes sortes, et il y a économie réelle à faire puisqu'on y sauve les assurances et le coût de reconstruire tous les dix ou vingl ans comme on le fait ici et aux Etats-Unis.

» L'on s’étonnera peut-être que je demande des écoles d'arts et métiers, puisque d’après quelques-uns on en est déjà pourvu, mais ces institutions que l’on se plait d’affubler complaisamment d'un titre par lequel on s’induit en erreur et soi-même et lepublic, que sont-elles autre chose que de simples écoles de dessin où l’on se contente de copier servilement des originaux auxquels le plus souvent l'élève ne comprend rien et le professeur pas davantage.

» Que ne donne-t-on suite aux recommandations déjà si souvent réitérées de l'honorable M. Ouimet, qui ne cesse de répéter dans ses rapports annuels au gouvernement que ce sont des modèles en relief qu'il faut soumettre à la considération des élèves. C’est le système de Walter Smith aux Etats-Unis, celui du conservatoire à Paris, celui de Kensington à Londres.

» Ce ne sont pas de simples écoles de dessin linéaire qu’il nous faut—celles-ci devraient être obligatoires dans toutes nos écoles ordinaires et maisons d’éducation—ce sont des écoles de technologie, de polytechnie avec des professeurs capables d'ense'gner ces sciences.

» Nos Universités Canadiennes, nos Colléges, nos Ecoles Normales, enseignent plus ou moins ces branches ; l'Ecole Polytechnique de Montréal, a fait des élèves dont la Province a droit de se féliciter et auxquels j'ai déjà plus d’une fois eu occasion de faire mon compliment; mais faute de moyens pécuniaires ce n’est que le petit nombre qui fréquente ces inetitutions, un sur cent ou sur mille, tandis que les neuf-dixièmes de nos architectes ou de ceux qui affichent sans gène ce titre

au-dessus de leur porte, ne savent pas même la signification du mot technologie et encore moins le plus élémentaire des principes qu'elle enseigne. Je disais qu’il faut des modèles en relief et je ne saurais trop insister: des modèles, tout d'abord des formes géométriques et élémentaires, au moyen desquels les élèves puissent étudier le toisé des surfaces et volumes, la manière de les représenter sur le papier, leurs projections horizontales, verticales et obliques, leurs lignes de pénétration, le développement de leurs surfaces planes et de simple et double courbure, avec assez de géométrie descriptive pour faciliter l'intelligence de ces divers procédés.

» Les frères de la doctrine chrétienne ici, en sont déjà pourvus et les progrès que font leurs élèves en attestent les avantages indéniables comme j'ai eu occasion de le voir à leur dernière exposition.

» Je viens de dire, messieurs, d’une voix quelque peu autoritative, car depuis bien des années déjà j'ai eu cecasion moimême d’en apprécier l'utilité, qu'ilfaut des modèles, et comme par une sorte d’intuition, je l'avais pour ainsi dire deviné lorsque à l'âge de quinze ans, el sans que personne me l’eut suggéré, je mettais à profit les leçons de mon professeur, l’abbé Racine, aujourd'hui évêque de Sherbrooke, en ayant toujours devant moi, façonnée de mes propres mains, une série de formes géométriques qui me facilitaient singulièrement l’intelligence des sujets ayant trait aux sciences dont j'ai parlé plus haut.

» Après les modèles géométriques des corps simples viendront ceux des parties composantes des machines à vapeur el autres, puis ceux de ces mêmes machines dans leur entier, leur ensemble, puis encore des modèles d’architecture, de génie, de structures de toutes sortes : ponts, écluses, phares, glissoires, quais, bassins, réservoirs, canaux, chemins de fer, et le reste.

» Il faudrait dans chaque province une école gouvernementale, sorte d'école normale polytechnique où l’on formerait des professeurs auxquels l’on confierait ensuite les écoles des diverses villes et paroisses. Ces dernières, de simples institutions de dessin linéaire et paysagiste qu'elles sont aujourd'hui, mériteraient alors l’appellation d'écoles des arts et métiers, puisqu'on y enseignerait toutes les sciences se rapportant à l’art de bâtir, à la construction et au fonctionnement des usines et

machines de toutes sortes, et où l'étude du dessin industriel aurait sa part légitime.

» Impossible à un gouvernement de doter un pays d’une institution plus utile et par le moyen de laquelle dans peu d’années, ce que le pays sauverait de milliers, de centaines de milliers de piastres que l’on dépense aujourd'hui à refaire constamment ce qui, faute de connaissances, est mal fait, ce que, dis-je, l'ou sauverait de cette manière, payerait au cenluple le coût de cette école mère et de toutes celles qui lui seraient affiliées.

» En résumé, nos travaux publics, nos canaux surtout sont bien faits ; on y prépare des hommes de l'art.

» Il n’en est pas ainsi de nos maisons d'habitation dont les di fauts de construction nécessitent de continuelles réparations el leur complète restauration tous les dix ou vingt ans.

» Des centaines de mille piastres dépensées en pure perte ; ve là le prix de notre ignorance des principes les plus élémenta res de l’art de bâtir.

» Nous croyons avoir des écoles d'arts et métiers : pas du tout. Ce ne sont pour la plupart que de simples écoles de dessin linéaire, où l’on copie servilement des originaux, que le professeur n’est pas plus en mesure d'expliquer que l'élève de les comprendre.

» La géométrie descriptive, l'enseignement du dessin linéaire devraient être obligatoires dans toutes les écoles du pays.

» Le gouvernement devrait fonder en cette province une école-mère des arts et méliers, sorte d'école normale où l’on formerait des professeurs dont l’on doterait ensuite les villes et les paroisses.

» Pour entrer à cette institution il y aurait à subir le même examen que pour l'épreuve du baccalauréat.

» Desservies par des professeurs venant de l’école-mère, capables d'enseigner la technologie, l’art de bâtir, la construction et le fonctionnement d'engins et machines de toutes sortes, ces écoles affiliées pourraient alors se qualifier à juste titre d'écoles d’arts et métiers, mais à la condition toujours, d'être pourvues comme au Conservatoire de Paris, comme au Kensington de Londres, des modèles en relief nécessaires pour faciliter à l'élève l'intelligence des leçons du maître.

» Les millions que le peuple serait ainsi mis en mesure de

sauver tous les ans défrayeraient, et de surcroît, le coût ae l'école-mère et de toutes celles qui en releveraient.

» Que de millions ne sauverait-on pas en substituant à nos planchers en bois, des soli.es de fer avec béton, à nos cloisons en colombages, des murs de séparation en brique.

» Une construction plus réfractaire, plus à l'épreuve du feu aurait sa raison dans les millions que l'on affecte tous les ans à la reconstruction de nos villes incendiées.

» Avec tout cel, une chaire de Génie eivil à l’Université-Laval dans le genre de l'Ecole Polytechnique de Montréal ne serait pas de trop.

» Enfin, moins de grec et de Tatin, plus de physique, de mécanique, de chimie, de technologie et nous arriverons. »

(Signé) C. BAILLAIRGÉ, Rapporteur.

€INQUIÈME COMMISSION.

SÉANCE DU 26 guIN 1886.

La commission se réunit à huit heures A.M. samedi, le 26 juin 1880, pour une séance finale, et l'adoption du rapport et des résolutions qui devront être représentés à la Convention le jour même.

Présidence de l’'Honorable M. Marchand.

Le rapport de M. Sulte sur les lettres, est de nouveau pris en considération, les conclusions suivantes sont substituées, comme résolution, à celles de ce rapport, sur la proposition de M. Faucher de Saint-Maurice, et de M. i “é Nantel, supérieur du collége de Sainte-Thérèse :

.… Que cette commission s'inspirant de l'exemple de nos compatriotes de la Louisiane, demande respectueusement la fondation d’un Athénée Canadien-Français chargé de propager le goût des études littéraires et scientif ques, de s’enquérir de l’état des lettres et des sciences, de donner des prix, et de travailler à tout ce qui peut contribuer aux progrès de la langu» française et des sciences en Canada.

2, Que cette commission croit qu’il serait dans l'intérêt de Pinstruction populaire, d'augmenter le crdit annuel affecté par le gouvernement à l’achat des livres de littérature canadienne, à être donnés en prix dans nos ecoles.

3. Que cette Convention invite respectueusement les maisons d’éducation de cette province, ainsi que celles des grands centres acadiens, manitobains de consacrer chaque année une partie de la somme destinée à l'achat de leurs livres de prix à l'acquisition d'ouvrages canadiens-français.

Le second rapport de M. L'abbé Laflamme, sur les sciences est ensuite pris en considération de nouveau. M. Laflamme lit les conclusions suivar 8, qu'il substitue, avec la permission de la commission, à celles qu'il avait lues la veiile,

1° Demander resnc:tueusement aux maisons d'éducaticn s’il ne serait pas opportun de cons:.crer plus de temps à l'étude de la philosophie et des sciences exauies, et moins de temps aux études de grammaire et de littérature, de façon à ce que les cours d'étudr: classiques comprennent le même nombre d'années que maintenant. Le temps surajouté aux études scientifiques serait destiné non pas à voir de nouvelles sciences ou à parcourir un champ plus étendu dans celles que l’on voit maintenant, mais à étudier plus à fond les principes fondamentaux des diverses sciences et à se les assimiler d’une manière plus parfaite.

2 Essayer de fonder des écoles professionnelles spéciales, où l’on se préparerait directement et immédiatement aux dfférentes carrières industrielles et scientifiques.

3° Dans le cas où ile telles fondations réussiraient, exiger que les jeunes gens qui se destinent aux différentes carrières du génie civil étudient un <ertain nombre d'années dans les dites é:oles, afin de relever le niveau général de crs études professionnelles.

4° Le gouvernement pourrait peut-être envoyer quelques jeunes gens, doués de talents supérieurs et recommandables à tous égards, se former à l’école des savants spécialistes européens. Ces jeunes gens de leur côté s’engageraient à consacrer, à leur retour, quelques années de leurs travaux aux services du gouvernement, dans les £coles sjéciales ou aïlfeurs. Ils seraitnt <hoisis après concours par les supérieurs des maisons d'éducation.

9° Que l-8 examens pour l'admission à l’élude des professions libérales soient faits par des examinateurs choisis par les bureanx de chaque profession, parmi les professeurs des universités et des collèges. ou des é:oles normales, et sur les matières comprises dans un cours d'études ciassiques

6° Encourager autant que possible la formation de sociétés scientifiques régional?s, destinés à vuigariser dans leur sphère d'action l'é ude des diverses <cien€es el à encourager le zèle des travailleurs. Ces sociétés se rêuniraient une lois l’anr.ée, el se communiqueraient les unes aux autres les fruits de l'urs recherches et d- leurs travaux

7° Certains particuliers géréreux ont dont é ces années dernières, des prix pour la solution de <eriains problèmes historiques ou bibliographiques. Des récompenses analogues accordées à des recherches scientitiques se raltachant à notre province. jroduiraient d'excellents 16-ullats

8° 11 serait cpyortun d'avoir un journal scientifique qui embrassât les difiérentes parues de la science, surtout celles qui sont les plus fécundes <n ré-uitats pratiques,

ÿe Les instituteurs des écoles primaires devraient peut-être s'ef'orcer, par «les lecons courtes et intelligentes, de faire coms .adre et aimer aux enfants les principes scientiliques les plus élëmentaires, qui entrent en jeu dans les j'hénonènes qui se passent tous les jours sous nos yeux. Ce serait un excellent moy:n de développer l'intelligence et de former le jugement de leurs & èves.

10° On devrait dans nos collèges enseigner même, dans les classes inférieures, en même t-mps que la grammaire et la littérature, quelques sciences comme la botanique, l’arithmétique et l'alg bre.

M Paguuelo demande lu ie: ture de l'amendement qu'il avait proposé la veille à la conclusion VIème, devenue lx conclusion Vème. Cet ainendement est relu comme suit:

“ Que les examens pour lac ‘sion à i’élude des professions libérales soient faits par des examinateu.s choï-'3 pur les bureaux de chaque profession parmi les professeurs des univrsité:, colléges ei é:oles normales, cs sur les matières comprises généralement duns un cours d études classiques.

Cet amendement est mis aux voix, après diseussion, et adopté pour être substitué comme conelusion à la place de la conclusion Vème du rapport, MM. les ahbés Laflamme, Provancher, Nantel et M. Faucher de Saint- Maurice votant contre.

M. Pagnuelo demande alors à ajouter la proposition suivante à son amendement à la conclusion Vème déjà adoptée :

“ Qu'il est désirable d'exiger des candidats à la profession du barreau et ‘lu notariat l’obtention d’un degré universitaire en droit dans une université de eette provinee. ”

La discussion s'engage sur eette proposition. Elle est déclarée hors du sujet, et la considération en est remise apr>s l'adoption des conclusions des rapports, où elle viendra comme suggestion spéciale de la eommission et sera traitée comme telle.

Les autres conclusions du rapport de M. l’abbé Laflimme sont adoptées sans division, et la suivante, basée sur un paragraphe même du rapport, est adoptée d'un commun accord avee le titre Xème :

“ On devrait, dans nos eolléges, enseigner aux élèves des elasses inférieures, en même temps que la grammaire et la littéruture, quelques seiences comme la botanique, l’algèbre, etc. ”

Le rapport de M. Baillairgé sur l’art de construire est alors pris en considération de nouveau.

M. Gélinas soulève une question d'ordre et fait remarquer que la question qui est traitée dans ces rapports n'entre pas dans le cadre de celle que la commission est chargé» d'étudier. !l s’agit d’un art-métier, et la commission ne doit s'occuper que des beaux-arts.

M. le président déclare que cette remarque est juste et dit qu'il est prêt à soutenir le point d'ordre soulevé, si on insiste.

M. Gélinas, cependant, déclare retirer son objection, se bornant à l’entrée au procès-verbal, et en conséruence l’on passe outre. Les conclusions de M. Baillairgé restèrent anne. 8 à son rapport, mais une seule sera insérée dans le rapport de la commission même ; M T. P. Bédard propose alors, secondé par M. Faucher de Saint-Maurice, les résolutions suivantes :

La commission suggère humbloment que le gouvernement rende les archives, surtout celles de la domination française, complètes, utiles, accessibles, et en facilite l'étude, et pour cela àl faudrait :

1e Faire copier, avec la permission de la société littéraire et historique la série de manuscrits historiques ainsi que celle de la Bibliothèque dw parle:-nt d'Ottawa, avec la permission de qui de droit.

2° Faire rechercher et copier en Burope les documents historiques signalés par MM. Verreau et Brymner. ainsi que ceux que l’on pourrait découvrir par la suite.

3° Faire préparer un travail analytique du contenu des registres authentiques qui forment partie des archives provinciales, et faire imprimer ce travail pour l’usage du public, afin d'encourager, en la facilitant, les études historiques. ;

La résolution suivante est, après discussion. substituée aux précédentes, et insérée comme résolution 1Ve ‘dans les conc:usions relatives aux lettres :

« Que cette commission croit qu'il est urgent de prendre des mesures pour conserver et faire imprimer les manuscrits et autres documents se rapportant à l’histoire de la colonisation française en Amérique, et particulièrement à celle de la Nouvelle-France»

Des rem-rciments sont votés au président, qui lève la séance et déclare les délibérations de la Commission closes.

(Signé), A. GÉLINAS, Secrétaire.

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