C*° imp. des Ts'ing
Voilà où mène l'interprétation symbolique pour une des chansons qu’elle a le moins gâtées. Mais laissons là les symboles pour de simples remarques : dans une chanson de mariage, l’idée du mariage est associée à celle de l’essor de la végétation, et, particulièrement, à la belle venue d’un jeune pêcher ; la pièce comprend trois couplets à peu près identiques; seuls les deuxièmes et quatrièmes vers varient légèrement; au premier couplet fleurs rime avec znart; au deuxième, fruits rime avec femme ; au troisième, une expression un peu vague désigne le couple conjugal.
Passons à une autre pièce. Si on lit le Che king dans la traduction Couvreur, on ne retient pas sa surprise quand on arrive à la chanson du Carambolier, où se trouvent les vers que voici : « (Arbuste), je te félicite d’être dépourvu de sentiment. » « (Arbuste), je te félicite de n’avoir pas de famille. » Le seigneur de Kouei, explique Mao Tch'ang, était débauché; son peuple s’en affligeait: il désirait, pour moins en souffrir, n’avoir pas plus de sensibilité qu’un carambolier…
Au reste ce carambolier avait bien d’autres bonheurs : celui, d’abord, d’être jeune et déjà vigoureux, comme le pécher de tantôt; celui, encore, d’avoir des branches, des fleurs et des fruits dont on vante la grâce; même, chose curieuse, les termes qui expriment cette grâce sont les équivalents, nous dit-on, de ceux qui rendent la gracieuse douceur Æ Ï£ qui est la qualité première d'une épouse !. Il n’y à pas là de quoi s’étonner, si l’on veut y réfléchir : le poète félicite, sous l’emblème du carambolier, ceux qui n'ont pas de famille. Ne pas désirer avoir un ménage à soi! sentiment extraordinaire ! Comme il fallait, pour en arriver là, vivre sous un mauvais seigneur! Certes, pour supporter les épreuves des temps malheureux, mieux vaut n’avoir ni sensibilité ni charges de famille... Mais quel prince, après avoir médité