‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 146 sur 228 · Cf. XLII · texte numérisé non relu

Cf. XLII

14. Noter dans les chansons les thèmes de la chasse et de la pêche.

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branches de chênes !, ramassant les broussailles et la fougère?.

On sent qu'il devait y avoir dans tous ces exercices une grande émulation et que le passage, l'ascension, les poursuites, les cueillettes étaient tout autant d'occasions à luttes et à jJoutes ; on se lançait des invitations, des défiss. Or, assurément, l’agitation joyeuse de cette jeunesse réunie ne se faisait pas dans le désordre ; ce n’étaient point des bousculades que ces luttes ; ce n'étaient point des cris confus que ces défis ; les mouvements et la voix se réglaient sur le son des instruments, on battait le tambour, on faisait résonner le tambourin d'argile # et, sur le rythme qu’ils donnaient, au fil de l’eau, au penchant des collines se déroulaient en chantant des danses processionnelles 5.

Pour des fêtes aussi vénérables que l'instrument antique dont on y jouait, aux époques solennelles où l’on met en train les travaux des champs, où l’on engrange les récoltes, en de beaux endroits que la tradition avait consacrés, les jeunes gens, les jeunes filles, d'ordinaire séparés 6, se rencontraient avec ceux des villages voisins7: en ces occasions uniques, les filles voyaient d’autres hommes que ceux de leur parenté, les garçons, d’autres filles que leurs sœurs ou cousines, ceux-ci voyaient celles que dans les environs ils pouvaient prendre pour épouses, celles-là ceux pour qui elles délaisseraient leurs frères et leurs parents$. Alors, et sans doute

+ LX;19-2152LIX, "9; . LXI, comp. LXV et LXV B.

Défi nettement marqué dans LII-LI et L.

LXIT . Voir p. 159.

. Revoir XLIII et XXX VIII.

7. Cf. LXVI et XL. Les différents villages Æ d’un pays [| étaient des enceintes où se réunissaient l'hiver les membres d’une parenté Hi 5%. 8. j£. Cf. XVI et XLV; voir aussi XXIIL, 3. Ce terme j# indique l'aspect territorial de la règle exogamique. Comp. Complainte de la mariée Lolo. App. IT, p. 295.

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parmi d’autres concours et d’autres luttes !, il y avait, entre les bandes de garçons et de filles, des joutes de danses et de chants, d’où la poésie naïissait avec l'amour.

Tandis qu’au son des tambourins, en processions dansantes, on passait l’eau ou gravissait les monts, d’une bande à l’autre on s’envoyait des défis rythmés et des chants de provocation. En vers ou en chants alternés? se livrait un duel d'improvisation poétique : il devait souvent commencer par des moqueries ; ainsi s'explique le tour railleur de bien des chansons. Valaient-ils qu’on se mette en peine d'eux ces jeunes fous, ces garçons astucieux du voisinage? ? Le choix ne manquait pas; n’avait-on pas le temps d'attendre un ami digne de sot4? Les filles montraient plus de hauteur et de décision, tandis que les galants, émus par leur prestige, n’osaient guère les entreprendre et parlaient humblement®. Lorsque du défi l’on passait aux invitations, c’étaient elles qui prenaient l'initiative et eux n’osaient pas, tout de suite, leur obéir6. Tout en improvisant, rapprochés l’un de l’autre par leur tournois poétique, les étrangers de tantôt, encore ironiques tout à l’heure, se sentaient liés d'amitié, ils s’appariaient? et des déclarations galantes, des cadeaux de fleurs terminaient courtoisement la joutes.

Mais, aux couples qui s’étaient formés, ni cette déclaration d'amour, ni ce bouquet d’accordailles ne suffisaient pour satisfaire le besoin d’union que, maintenant, ils ressentaient : comme les oiseaux aquatiques qui s’en vont par couples se cacher sur les îlots du fleuve ?, comme les oiseaux des

. Voir p. 208.

. Témoignage de XV. Exemples ir XLII et surtout LIT, LXIII, 11 et 12; LXVI, 7-10 et 17-20 et XI. Cf. App. I.

. LI, comp. XXXI et XXX.

. L, comp. XXXV.

LXIV, comp. XV et XXII.

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