‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 148 sur 228 · H. Cf. LXII, couplets 1 et · texte numérisé non relu

H. Cf. LXII, couplets 1 et

Au cours de fêtes saisonnières qui marquent un moment décisif de la vie paysanne, en des joutes qui mettaient aux prises villageois et villageoises des hameaux voisins, l’amour naissait, au milieu de réunions champêtres, parmi les danses et les chants. Dans ceux-ci et celles-là il ne faut pas voir une mimique imaginée pour traduire les émotions par le geste et par la voix. Le sentiment et son expression arrivaient tout ensemble, jaillissaient tout à la fois: aussi trouvonsnous dans les chansons des sentiments bruts et le minimum d'artifice.

Elles laissent assez bien voir de quoi, en leur temps, l'amour était fait. Il se faisait d’abord sentir däns les cœurs par une sorte d'angoisse presque douloureuse; rarement se marque l’allégresse d’aimer ; c’est le mal d’amour que l’on peint, c’est une sorte de besoin anxieux et brutal!, une espèce de constriction du cœur que l’on compare à la fringale, à la faim du matin?, et qui est un tourment véritable, l’impuissance d'agir, l’insomnie, les crises de larmes, voilà ce que produit l’inquiétude d’aimer, qu'on voulait chasser en se promenant?. Mais quand, dans les fêtes champêtres, les couples s'étaient formés, quand les amants s'étaient unis, ils ressentaient au cœur une paix soudaine, un soulagement qui les rendait à la joie“. Les commentateurs expliquent en philosophes l’angoisse amoureuse. Au printemps, disent-ils, quand le yang croît en force, les filles éprouvent son influence qui est contraire à leur propre nature ; de même, à l’automne, les garçons subissent l'influence adverse du yin”. Ainsi l’at-

1. LV, 5-6, 11-12, 17-18; LVI, 8-12 ; LVIL, 4-7; LVIII, 12; LIX, 34; XXI, 21, etc. Les mots ordinairement employés sont Æ, Æ 7Æ. Comp. XVII, 16. ;

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