‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 149 sur 228 · LIX et LX · texte numérisé non relu

LIX et LX

5. Cf. Gloses de XXI, 21, Tcheng. Au printemps les filles subissent l’influence du Yang et rêvent des garcons ; à l'automne les garçons subissent l'influence du Yin et rêvent des iilles. Leur substance subissant une modification (sous l’influence du principe adverse), ils sont dans l'angoisse

trait que ressentent alternativement les sexes l’un pour l’autre est fait d’un sentiment de défaite et de privation, du chagrin de sentir sa nature incomplète. Quand, aux saisons intermédiaires, le yin et le yang s’unissent dans le monde, filles et garçons en s’unissant aussi, atteignent au développement total de leur essence. Il n’y a qu’à transposer en termes concrets cette théorie: s’il débute par de l’angoisse, s’il procure un sentiment de paix et de plénitude, c’est que lamour est une communion. Il rapproche deux êtres qui sont étrangers l’un à l’autre par leur sexe, leur famille, leur pays, il commence par une espèce de duel où les adversaires sont pleins d’appréhensions ; cette étrangère qu’on prendra chez soi, cet étranger chez qui l’on ira, quel inconnu ! Face à face, dans une joute, ils s’éprouvent l’un l’autre ; ils sentent leur Vertu différente et subissent mutuellement leur prestige; l’antagonisme de leurs qualités respectives les émeut et ils sentent confusément qu'on peut le transformer en amitié; leurs personnalités s’opposent et ils éprouvent le besoin de s'unir. Pour comprendre combien ces émotions complexes devaient agir puissamment, il suffit de se représenter la vie des paysans de la Chine féodale : ils étaient fortement attachés à leur terroir ! ; ils travaillaient entre parents le champ domestique ; les hommes et les femmes avaient des occupations différentes, une vie à part; l’opposition des groupes familiaux, l'opposition des sexes étaient à la base de l'organisation sociale? ; elles ne s’atténuaient qu’à ces moments augustes où les gens de tout le pays se réunissaient dans une fête commune : alors, et dans l’orgie où, pour un moment, oubliant tous ensemble les règles de leur vie frugale et solitaire, ils prenaient conscience de leurs affinités, ac-

HE HE dy {E Pi LA SE AL. Au temps des réunions, au temps des fêtes, le yin et le yang s'unissent, de même les garçons et les filles (fêtes équinoxiales). Cf. Tcheng, glose à LXIV, 3; comp. gloses LIX, 12.

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