‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 151 sur 228 · LXVI · texte numérisé non relu

LXVI

matière poétique : les feuilles tendres, les feuilles flétries évoquent la première rencontre au printemps, la réunion à l’automne ; l’association, aussi, est faite d'avance entre les feuilles naissantes du mürier et la tourterellet, mais il y a, peut-être, un rapprochement personnel, une invention, dans la comparaison que voici et qu'indique, seul encore, le rythme :

Hélas ! hélas ! Ô tourterelle,

Ne t'en va pas manger les mûres !

Hélas ! hélas ! Ô jeune fille,

Des garçons ne prends point plaisir !

On saisit dans ces vers, me semble-t-il, le procédé par lequel l’invention poétique s’approprie de façon personnelle la matière que la tradition lui impose. Mais il existe un procédé d'invention qui est tout l’inverse du précédent et qui consiste à disposer une matière poétique nouvelle dans les cadres traditionnels des chansons, de façon à créer artificiellement des correspondances. Un exemple le fera saisir. Voici une pièce où l’on a voulu exprimer poétiquement la différence de condition qu'il v a entre une princesse qui va, seule, et en grande pompe, rejoindre son seigneur, et les autres femmes qui s’y rendent aux heures crépusculaires, furtivement, portant leurs literies, et parce qu’elles couchent à deux avec lui, des rideaux.

LXVIE. — Les petites étoiles. Æ (Chao nan, 10 — C. 25 — L. 31).

h Æ. O humbles petites étoiles!

Te Sin et Lieou se montrent à l’Est !.….

fF. Nous, modestes, passant dans l’ombre,

1. Cf. XXI, XV et Tsao fong, 3; Couv., 157, et Yue ling,3* mois Li Ki; Couv., 350.

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