Revenir, selon Tcheng, du temple vers sa chambre
Variantes d'aux. desc : f&. #. HTKKSP, J171, p. 12 ve.
La chanson est une des quatre utilisées in HTKKSP, 1423 (p. 17 v°) pour défendre la théorie que le mariage n’était consommé qu'au 3° mois après le sacrifice végétal aux ancêtres. Cf. LVI et LIX (et Chao nan, 4).
Le thème de la cueillette sur l’eau, 2, 5 (cf. LVI, 5, 6) le rapprochement avec XXI, 20 d'une part, et d'autre part le vers 10 identique à LXVII, 4, suggèrent que cette chanson de palais se rapporte à lafois aux sacrifices féminins du culte seigneurial et aux rapports sexuels entre époux — et qu’elle dérive des chansons de cueillette, chantées aux joutes printanières. On notera la description de la toilette : Comp. Li ki, Nei tsô (Couv., I, 661) la description de la toilette de nuit d’une femme.
Pièce importante pour montrer le passage des usages et de la poésie
populaires aux usages et à la poésie de cour. Cf. JE 5 RÉ ÀE, chap. nr. Chanson de cour. Thèmes des cueillettes sur l’eau.
Ni l’art personnel de l’auteur du paysan ni l’art raffiné de celui des petites étoiles ne pouraient se comprendre si l’on ne connaissait l’art naturel des chansons d’amour. Si l’on étudiait la poésie chinoise, on montrerait facilement l’importance des deux procédés de composition dont je viens de parler. L’art des sentences symétriques constitue un procédé d’école qui correspond à la démarche spontanée de l’improvisation primitive!. Les allusions littéraires ne sont pas autre chose que la reprise d’un thème ancien; leur emploi est mieux qu’un procédé pédantesque : rappeler un thème, c’est évoquer un sentiment dans sa force originelle et sa richesse traditionnelle. Les sentences symétriques, où le rythme, sans laisser voir l’auteur, établit la correspondance des choses et des mots, les allusions littéraires où, sous la profondeur des émotions anciennes, se dérobe le sentiment indi-
1. Ces correspondances artificielles consistent dans une remarque personnelle liant un fait naturel à un fait moral: cette association, qui est essentiellement d'ordre artistique, se fait par un jeu d'imagination analogue à celui qui crée, chez nous, comparaisons et métaphores. Mais l'existence même de listes traditionnelles de termes accouplables prouve que la liberté d'invention métaphorique est restée très limitée en Chine.
viduel, contribuent à donner à l’art des poètes chinois cet air d’impersonnalité qui semble une de ses caractéristiques, et qui, dans l’art primitif, résultait des conditions même de l'improvisation poétique. Mais ce n’est point notre sujet de suivre dans sa fortune un genre littéraire dont nous venons d’apercevoir les débuts ; il aura suffi de faire sentir combien ces commencements eurent d'influence sur son histoire.
Voici terminées ces recherches sur les chansons d'amour du Che king : études de textes et où j’ai voulu ne rien devoir qu'aux textes. De telles études, faites d’inductions, suppo sent une part d’hypothèse que j’ai désiré mettre en évidence ; mais la comparaison permet d’en confirmer les conclusions.
Les joutes de chants d’amour sont d’un usage général dans la plupart des populations aborigènes du Sud-Ouest chinois et du Tonkin; on les retrouve au Tibet, elles ont existé dans l’ancien Japon. Tout ce qu’on en sait confirme mes inductions.
1° Les chansons tirent leur origine de chœurs alternés où s'opposent les filles et les garçons.
Il existe chez les Hak-ka des chants qu’'Eitel nomme responsorium'; « une strophe est chantée par un homme, la réplique doit être donnée par une femme !.Les Man du Tonkin forment des chœurs de jeunes filles et de garçons qui alternent entre eux « pour chanter des quatrains? ». « Les Laqua sont fort amateurs de chants toujours dialogués entre filles et garçons’. » Chez les T’ou jen du Kouang-st les jeunes gens et jeunes filles aiment à se promener par couples
ps