Bonifacy, id., p
en chantant des chansons !. « Ils’se réunissent pour chanter des chansons à couplets alternés. » « Les jeunes gens et les jeunes filles (chez les Hiao), se tenant par la main sur deux rangées qui se font vis-à-vis, dansent au son d’un petit tambour et du lou-sen ; après s'être provoqués, les couples qui se sont choisis, se donnent mutuellement la réplique en improvisant des chants poétiques?. » « Les jeunes gens (Lolo) des deux sexes... s’alignent de front et coupent la fougère en chantant des chansons improvisées 3. » Au Tibet « on affectionne les doubles chœurs d'hommes et de femmes rangés face à face et se répondant vers par vers, en avançant ou en reculant doucement en cadence4. » Dans l’ancien Japon existait la coutume de l’Uta-gaki, haies de chansons, ou Kagai, chants alternés. Deux groupes réunis sur la place publique et se faisant face chantaient alternativement. les jeunes gens employaient ce procédé pour faire leur déclaration à celles qu'ils avaient choisies ; elles leur répondaient à leur tour en chantant?
2° Les chœurs sont coupés d'impromptus par lesquels les Jeunes gens et les jeunes filles se lancent des défis ou se font des déclarations d'amour.
On a vu qu’il en était ainsi chez les Miao. De même dans l’ancien Japon : « un individu d’un groupe se détachait et improvisait un chant auquel répondait également à l’impromptu un individu d’un groupe opposé6. » Au Tibet, les mariages se terminent « par des chants mêlés exécutés alternativement par les jeunes filles et les jeunes hommes ; celui qui reste court quand son tour est venu d’improviser son distique ou son quatrain est puni d’une amende?. » « En chantant
. Beauvais, id., p. 291.
. Deblenne, id., p. 283.
. Crabouïiilet, id., p. 282.
. Grenard, id., p. 280.
. Florenz, id., p. 278.
. Ibid. Cf. Kojiki, traduction Chamberlain, ibid., p. 279.
. Grenard, id., p. 281.
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des chansons à couplets alternés, le jeune homme et la jeune fille (T’ou-jen) qui se font vis-à-vis se déclarent mutuellement leur amour... C’est là une espèce de concourst. » Chez les Tchong-kia-tseu du Kouei-tcheou existent aussi «les réunions des deux sexes sur la montagne où il y a combat d’éloquence et de poésie?. » « Quand un couple (Ho-so) a chanté avec harmonie, il va s’unir dans les vallées des montagnes ou dans les profondeurs des bois5. »
3 Les joutes de chants d'amour ont lieu à l’occasion de fêtes saisonnières, où l'assistance est nombreuse, et parmi d’autres concours ; ces fêtes, méêlées de rites sexuels, sont considérées comme des fêtes de fiançailles ou de mariage.
Les Tibétains se livrent au printemps à des exercices de chant « qui sont en général entourés d’une certaine solennité : le temps en est fixé d'avance; ceux et celles qui y prennent part doivent avoir fait leurs ablutions et revêtu des habits propres, comme pour une cérémonie religieuse. Il serait peu décent de danser au hasard et sans règle, uniquement pour l’amusement# ». C’est à l’occasion du nouvel an que les Lo-lo du Yun-nan se réunissent pour aller sur la montagne couper du bois ou des herbes sèches destinés à un feu de joie. La fête, chez ceux du Tonkin s’appelle « con-Cci6 ». « Le premier mois tout entier est consacré aux amours, » « Chez les Thos7 de la région de Cao-bang il existe... une fête de la jeunesse que l’on célèbre quelques jours après le nouvel an. Ce jour-là, les jeunes filles et les jeunes garçons, parés de leurs plus beaux atours, se réunissent au milieu d'une vaste plaine et presque toujours près d’une pagode, sous la protection de laquelle ils vont prendre
Beauvais, id., p. 292.
. Roux in Vial, ibid., p. 295.
. Barbares soumis du Yunnan, id., p. 290.
. Grenard, ibid., p. 280.
. Crabouillet, ibid., p. 282.
. Bonifacy, ibid., p. 293.
. Billet, ibid., p. 286.
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leurs ébats. Tout à l’entour s'installent des marchands de victuailles, de fruits, de gâteaux, de confiseries. Pour la région de Cao-bang, la fête se passe dans la grande presqu'ile de PLo-yen, auprès d’une pagode qui renferme les statues d’un grand nombre de divinités, fort bien conservées; elle y attire chaque année un concours immense de jeunes gens et de curieux qui viennent d’un grand nombre de villages des alentours depuis Cao-bang jusqu'à Buoc-Hai et Mo-Xat et même des massifs de Luc-khu et de Tap-Na… Bientôt les jeunes gens ont choisi leurs compagnes.… les divers couples se dispersent dans la campagne à l’ombre des bambous, des pamplemoussiers et des banyans. Chaque garçon le dos tourné contre le dos de sa partenaire... entonne une série de véritables complaintes.. Vers le milieu de la Journée les couples se réunissent et cette fois se font vis-àvis à Cinquante pas environ, sur deux rangées... Chaque garçon tient à la main une balle, attachée à une longue corde, qu’il lance en l’air vers la jeune fille qu’il a choisie. Si cette dernière reçoit la balle ou la ramasse, c’est que le garçon qui la lui a envoyée est agréé par elle et dès lors elle devient « sa conquête » pour le reste de la fête. Si la belle lui renvoie la balle, c’est qu’au contraire il ne l’a pas tout à fait charmée. Le soupirant reprend alors sa sérénade et le jeu de balle continue jusqu’à ce que la jeune fille se déclare satisfaite, ce qui, en général, ne tarde pas à se manifester. Dans la plupart des villages, cette fête serait véritablement une fête des fiançailles, mais dans certaines localités elle servirait de prétexte à des sortes de saturnales auxquelles la réhabilitation par le mariage ferait absolument défaut. » Chez les Miao-tseu du Kouang-si, la fête porte le nom de Hoi-gnam dont le sens, dit Colquhoun!, est obscène : au premier jour de l’année, hommes et femmes s’assemblent dans une vallée étroite; les hommes se tiennent d’un côté,