Bonifacy, ibid., p
La même règle existe chez les Lolo du Tonkin!, mais non dans toutes les tribus; elle est aussi supposée par leurs chansons.
Le garçon : « — De quel pays venez-vous, Mademoiselle ?
Où demeurez-vous, Mademoiselle ?
À vous, ici, je pense; Je ne vous ai point encore vue.
La fille : « — Vous parlez avec esprit, Vous vous exprimez raisonnablement.
Si vous voulez être mon mari Venez que je vous examine. »
Nous pouvons maintenant conclure. Confirmées par la comparaison ?, nos analyses des chansons du Che king nous ont permis de voir la poésie naïître dans l’émotion sacrée des fêtes saisonnières; elle exprimait l’amour qui naissait avec elle; l’amour, en d’autres occasions, s’exprima encore par les procédés qui étaient naturels à l’antique improvisation des chœurs de danse: ainsi naquirent de nombreuses chansons qu'on recueillit. Ces chansons, marquées par leur origine rituelle, conservaient un air de choses sacrées ; on les chanta dans les cérémonies des cours, elles voisinèrent, dans les recueils, avec les chants dynastiques et rituels. Vénérables par leur antiquité, gardant dans leurs thèmes champêtres les traces de règles saisonnières, elles servirent de matière aux exercices de la rhétorique morale ; recueillies, étudiées par des conseillers d'Etat, ils en tirèrent parti quand ils édifiè-