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2. J'ai réuni ici les textes les plus nets, mais on verra, en lisant tout au
long l'Appendice III, que de nombreuses observations, moins précises ou moins détaillées, les confirment et les enrichissent.
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rent la théorie du Prince responsable de l’ordre naturel et moral et quand ils voulurent nourrir de précédents leurs harangues politiques et leurs dissertations historiques. Associées à des anecdotes édifiantes, utilisées à titre de symboles et d’allégories, elles semblèrent dignes d’un emploi pédagogique et, savamment, moralement expliquées, apparurent comme des œuvres d'une inspiration morale et savante. Arrangées en classique, ces chansons, témoins d’antiques mœurs, servirent à propager les règles de vie élaborées par le corps de leurs interprètes et à assurer ainsi le succès du conformisme social. De leur caractère sacré originel dérivait l'efficacité du symbolisme qui les déforma.
Restituées par une étude critique dans leur valeur originale, elles paraissent un document important pour la connaissance de l’art primitif. Elles montrent que la voix et le geste s’associaient pour traduire les sentiments ; elles montrent que les émotions ne naïissaient point avant l'expression mimique et vocale où elles s’inscrivaient, mais que l’amour, les danses et les chants surgissaient en même temps des fêtes dont ils constituaient les divers aspects rituels. Par là elles font connaître un état de la pensée où elle est concrète et directe, où la syntaxe ne se distingue pas du rythme, où les associations métaphoriques n’ont pas remplacé les liaïsons toutes faites, les correspondances naturelles.
Enfin elles font découvrir dé vieux usages cachés par l’orthodoxie classique. Elles révèlent l'existence de fêtes saisonnières et champêtres qui mettaient un rythme dans la vie des paysans chinois et dans les rapports des sexes. Elles font connaître à l’état brut les sentiments qui animaient les cœurs au cours de ces assemblées périodiques et pendant les temps de séparation ; elles font ainsi sentir, de façon concrète, de quelles émotions était fait le sentiment de l’amour et permettent de voir leurs rapports avec des pratiques s0ciales et une organisation définies. Par là elles méritent de fournir plus que l’occasion d’une étude d'histoire littéraire .
ces chansons donneront en effet les moyens de déterminer la signification que pouvaient avoir les fêtes agraires, la foncetion que pouvait remplir un rituel saisonnier et, ce faisant,
de saisir les réalités sociales qui favorisèrent leur propre éclosion.
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Les chansons d'amour du Che king m’ont permis d'établir le type moyen des fêtes saisonnières des monts et des eaux ; j'étudierai maintenant quelques fêtes locales.