LXIII
5. J’en fais une fille, comme le veulent les glossateurs modernes.
Les anciens qui eurent le bonheur de découvrir à Tch’en une famille Yuan, comprenaient ingénieusement :
« Un beau matin l’on va chercher (la fille de la famille) Yuan (qui habite) au Midi. »
Et comme c'était assurément une fille qu’on découvrait ainsi entre les vers, il était clair qu’elle avait été séduite par l’enfant de Tseu Tchong et, partant, que celui-ci était un garçon.
Tant d’ingéniosité ne mérite pas l'oubli : l’obstination des interprètes à retrouver dans cette pièce des noms de fonctionnaires est instructive. Pour les glossateurs, la chanson raconte une fête de la pluie, fête officielle, naturellement. Le fils de Tseu Tchong, qui y figure, est un chef de pantomimes : c’est donc sa fonction d’aller danser sous les ormeaux. Pourquoi crie-t-on au scandale ? C’est que le fils de Tseu Tchong mène avec lui des danseuses. Mais le Tcheou li ne nous dit-il pas que les chefs des sorciers conduisent la danse des sorcières!? La vérité est qu'il ne peut ici être question de danseuses professionnelles : il est clair qu’on parle de jeunes filles dont le tissage était l'occupation ordinaire?; de telles jeunes filles, en effet, l’exhibition est un scandale. On le voit: l’interprétation classique est pleine d’inconséquences ; les glossateurs ne sortent point d’embarras parce qu'ils veulent voir dans la fête populaire que décrit la chanson, une cérémonie officielle analogue à celle de Lou.
La fête de Tch’en avait lieu au moment où sont finis les travaux de tissage? (c’est alors qu’on peut revêtir les habits légers en toile de chanvre). On y jouait d’antiques instruments“; on chantait en agitant éventails et plumes d’ai-