‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 190 sur 228 · Li ki; Couv., II · texte numérisé non relu

Li ki; Couv., II

forêts, les fleuves, les vallées, les tertres, les collines ont le pouvoir de produire les nuages, de faire la pluie et le vent, de faire apparaitre des prodiges : de toutes ces choses on dit qu’elles sont des ji (Chen) puissances sacrées. » — « Les puissances sacrées des montagnes et des fleuves !, quand il y a la calamité d’une inondation, d’une sécheresse, d’une épidémie, c’est à elles qu’on adresse les sacrifices de conjuration #. » Un de ces sacrifices est resté célèbre ; il fut offert par T’ang, le fondateur de l’ancienne dynastie Yin, à l’occasion d’une sécheresse extraordinairement prolongée. T’ang s’offrit en personne pour la conjurer JA # jé à la forêt des müriers & #k?. » Longtemps après, en 566 avant J.-C., le pays de Tcheng souffrant d’une grande sécheresse?, plusieurs hommes, dont un invocateur, reçurent mission d'offrir un sacrifice à une montagne de même nom #j # %$ & jl : « Ils en coupèrent les arbres ; la pluie ne tomba pas. » Ces opérateurs maladroïts furent punis par un sage ministre: « Quand on sacrifie à une montagne, dit-il, c’est pour en faire pousser la forêt # ji #k ; en couper les arbres est donc un grand crime. »

C'est un fait que les sommets s’entourent de nuées, et que les brouillards se plaisent à traîner sur les forêts et les vallons ; est-ce par l’observation qu’on a trouvé la source de la pluie aux lieux où les nuages semblent se former? Mais ne prête-t-on pas encore aux montagnes et aux rivières le pouvoir d’écarter les pestilences ? On pourrait dire que ce pouvoir dépend des autres: les maladies infectieuses se répandent si l'humidité est excessive ou insuffisante. En fait, la puissance des monts et des fleuves n’est pas aussi spéciale qu’on la concevrait en partant de l’observation des faits de nature. Ce ne sont pas seulement des réservoirs d’où jaillit la pluie ; ce sont plutôt des régulateurs de l’ordonnance des

1. Tsouo Tchouan, Tchao, 1° a., Legge, 580; cf. SMT, IV, 479. 2. Cf. Tchou tchou ki nien, T'ang, 24 a.

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