bid., strophe
vées: « La sécheresse ! quelle est extrême! Épuisés ! Épuisés! sont les monts et les fleuves. » Les uns n’ont plus d'eau; la végétation disparait des autres : Tout autant que le prince ils sont humiliés.
C’est qu’en réalité leur pouvoir n’est qu’un autre aspect du pouvoir seigneurial. Quand le seigneur est. sans vertu, il n’y à point d'ordre entre les hommes ; quand la montagne est impuissante, la pluie ne tombe pas en temps voulu? : mais si quelqu'un, alors, a l’idée de punir la montagne qui n’assure pas son service, il méconnait l’ordre des responsabilités 3. La désorganisation dela nature n’est qu’une conséquence de la désorganisation de la société ; aussi est-ce le prince qui doit se reconnaitre coupable lorsqu'il ne pleut plus ou lorsqu'il pleut# trop. Il lui faut rénover sa vertu et restaurer du coup en sa force première la puissance du lieu saint. S’il ne s’amende pas, il n’a qu’à attendre le châtiment ; il peut le recevoir des hommes ; mais sa punition est en lui: D’un mauvais prince le pouvoir s’écroule ou se tarit — et ses monts et ses fleuves, mauvais comme lui, s’écroulent et tarissent. Le roi Yeou° (782-772 avant J.-C.) était un prince funeste ; la deuxième année de son règne, un tremblement de terre troubla le cours de trois rivières ; les sages ne s’y trompèrent pas: « Les Tcheou vont périr. (car) une seigneurie doit avoir l'appui de ses monts et de ses fleuves. Quand les montagnes s’écroulent et que les rivières tarissent, c’est un présage de ruine. » Celle du roi était certaine avant dix ans : Il fut tué en 772; dès 780, trois rivières s’étaient desséchées et la montagne K’1 s'était écroulée.
Le roi Yeou se perdit pour l'amour d’une femme; l’in-