‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 214 sur 228 · Cf. Les pelites Étoiles, LXVII · texte numérisé non relu

Cf. Les pelites Étoiles, LXVII

2. Voir p.140 sqq. Ces thèmes traditionnels formèrent le paysage obligatoire des scènes poétiques.— Les reprises de thèmes anciens, ce qu'il est convenu d'appeler les allusions littéraires, jouèrent de tout temps unrôle considérable dans l’art poétique de la Chine. C’est qu’en effet, de même que le rythme caractéristique de la forme poétique sortit de l’organisation des joutes anciennes, de même le fonds d’image capable d’éveiller ce genre d'émotion caractéristique dela poésie futemprunté au paysage des fêtes. De ce fait, les images les plus consacrées, loin de perdre leursaveur,gardaient le plus de force. Tant dans ses formes rythmiques que dans son matériel d'émotions la poésie chinoise conserva un air traditionnel. — Le paysage sacré ne s’imposa pas seulement à l'imagination poétique mais à l’art des peintres : les lieux saints furent pour ceux-ci un sujet préféré et il n’est sans doute pas arbitraire de penser que les données caractéristiques du paysage sacré imposèrent son style à la peinture de paysage. Ce qui est sûr c'est qu'à regarder la peinture d’un paysage consacré, on bénéficiait des effets de cette même influence heureuse qui émanait des vers du Che king. Posséder le dessin d'un tel paysage revient à posséder, à domicile le secours d’une influence bienfaisante. Celle-ci pouvait encore être captée, à défaut d'un pèlerinage, si l’on reproduisait au naturel, mais en réduction, les aspects typiques du lieu saint. Ainsi s'explique peut-être tant en Chine qu’au Japon, la fortune de cet art des jardins, qui sait avec des proportions minuscules, des rocailles, des arbres nains, des plantes rares évoquer l'impression caractéristique des Hauts lieux où s’éveillèrent ensemble le sens religieux et le sens artistique de la race.

3. Voir SMT, IV, 231. Noter l'importance des localisations géographiques. Rechercher un ami sur felle rivière — rechercher l'amitié du seigneur de {el pays ; cf. LIVB.

caractère de pièces de circonstances mis à part, ces productions savantes se distinguaient à peine des chansons populaires : elles furent conservées dans un même recueil par un même corps d’interprètes.

On ne s’expliquerait guère qu’à une époque ancienne des productions populaires aient pu être recueillies si elles n'avaient pas retenu de leur origine quelque chose de sacré. Beaucoup d’entre elles restèrent liées aux rites du mariage, plus ou moins bien comprises selon que ces rites avaient changé plus ou moins ; pour celles-là, leur fonction rituelle exigeait qu’on les respectât. D’autres survécurent parce que grâce à l'imprécision du langage et à la parenté des notions d'amour et d’amitié?, grâce surtout à la plasticité symbolique des formules poétiques # on put, en utilisant le pouvoir contraignant qui était en celles-ci, se servir des chansons sous forme de satires ou de panégyriques, comme d’exhortations capables de corriger les mœurs.

Les vieilles chansons se chantaient, revêtues d’une utilité nouvelle et d’un sens neuf dans les cours où naissaient des productions qui différaient à peine d’elles. Recueillies ensemble, elles formèrent une Anthologie disparate : celle-ci ne reçut d'unité que par l’interprétation selon des principes uniformes de toutes les pièces qu’elle comprenait. Toutes passèrent pour avoir, comme celles que l’on voyait naître, une origine savante et le caractère de conseils de morale politique. Les gens de cour qui utilisaient au Conseil seigneurial la force symbolique des formules poétiques, fixèrent définitivement l'interprétation des chansons quand ils écrivirent ces recueils de Harangues et de Gestes: qu’ils destinaient à de-

1. Voir particulièrement les pièces interprétées comme étant un témoignage de l'usage noble de l’interdit post-nuptial, LVI, LIX, LXVII B.

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