‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 47 sur 228 · Cf. VI, VII ; voir encore L, 9; LVT, LIX,1-2; LX · texte numérisé non relu

Cf. VI, VII ; voir encore L, 9; LVT, LIX,1-2; LX

3. Cf. Préface du Che king.— Consulter Couv., préface, et Legge, Prolégomènes.

4, Cf. V. Poésie de circonstance, sur le mariage d’une princesse royale,

Æ À et d'un prince de Ts’i 7#.

images, pour un antique poète, étaient gracieuses, nous sommes mauvais juges: autant vaut ne pas insister sur notre remarque ; elle est utile cependant ; il faut bien, une fois qu’on l’a faite, se demander si les thèmes champêtres n’ont pas d’autres valeurs qu’une valeur ornementale.

Quand les auteurs chinois parlent de comparaisons ou d’allégories, faisons attention: ces termes désignent moins des procédés de littérateurs qu'une méthode de moralistes. L’expression figurée n’a pas pour fin unique de faire entendre l'idée plus aisément ou plus agréablement: en elle-même, déjà, elle a une valeur morale. Cela se voit bien pour certains thèmes : par exemple la représentation d’oiseaux volant par paires est, en soi, une exhortation à la fidélité. Si donc l’on choisit des images naturelles pour exprimer les sentiments, ce n’est point tant qu’on sente la beauté de la Nature, c’est plutôt parce qu’il est moral de se conformer à la Nature; où l’on pourrait d’abord être tenté de voir une intention artistique, il y a peut-être une intention morale. De ce nouveau point de vue on comprendrait déjà mieux pourquoi les thèmes champêtres ont tant d'importance et si peu de variété.

Souvent, à côté des commentaires expliquant un thème par l’enseignement qui, immédiatement, s’en dégage, on en trouve d’autres qui y voient comme une indication de date: par exemple, un vers qui parle de pêchers fleuris ‘ montre, dit-on, que la scène de la chanson est au printemps, tandis que, d'autre part, on prête aux fleurs du pêcher un sens allégorique. Entre ces deux interprétations il n’y a pas autant de distance qu’on pourrait croire: qui veut se conformer à l’ordre de la Nature doit l’imiter encore pour faire, comme elle, les choses en leur temps. Les oiseaux qui volent par couples et se cachent pour s’unir, enseignent les règles de la vie conjugale; et l’époque où ils se recherchent indique de même la saison où il faut se marier.

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On ne s’étonnera pas de voir les lettrés considérer les thèmes champêtres comme des dictons de calendrier : cette conception favorise singulièrement l'interprétation morale des chansons. Voit-on deux amants se rencontrer quand la rosée couvre les plantes des champs ? Cela prouve que le printemps était alors avancé, que, par suite, le temps des mariages était fini, et qu'enfin, puisque garçons et filles se rencontraient encore, le seigneur de leur pays n’y faisait point régner les bonnes mœurs. La jeune fille, au contraire, se refuse-t-elle à aller, soir ou matin, par les chemins trop mouillés de rosée? ? Cela prouve que la Vertu ff #£ du prince et, par suite, la conduite de ses sujets étaient conformes à l’ordre naturel #.

Certes il ne faut pas suivre les commentateurs dans le détail de leurs explications ; il serait, en revanche, peu prudent de croire que, dans son fonds, le symbolisme dont ils usent ne s’appuye à rien. Or il est clair qu’il n’a pas d’appui si les thèmes champêtres ont pour origine je ne sais quel sentiment poétique de la Nature ; il n’est fondé en quelque manière que si ces thèmes sortent d’un rituel saisonnier.

En fait, dans les calendriers agricoles, se retrouvent les thèmes champêtres, classés à leurs dates, parmi des dictons tout semblables. Nous possédons plusieurs calendriers anciens; quatre principalement sont utiles à comparer : le Petit Calendrier des Hia*, qui est le plus ancien et qu'ont conservé les Rites de T'ai l’atné; le Yue ling ou Ordonnances mensuelles?, qui forme un chapitre du Li ki et qu’on retrouve à peu près tel quel dans d’autres ouvrages ; un autre qui est

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