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ou bien les calendriers sont-ils faits de débris de chansons ?
On ne peut lire le Petit Calendrier des Hia sans être frappé par la singularité de sa rédaction: il se compose de phrases très courtes, qui n’ont pas de liens entre elles ; les plus longues comprennent trois ou quatre caractères, rarement plus, dont l’ordre étonne ! : si bien que les glossateurs mettent une note. ils remarquent qu'on ne peut expliquer la place des mots si l’on ne suppose pas qu'ils sont rangés dans l’ordre où les choses qu’ils désignent frappent les sens ; ainsi l’on dit: « Il crie, le milan? » parce qu'on entend d’abord crier et qu’on reconnait ensuite le milan *. L’on dit de même: « Voici que chante le loriot. » Cette façon de s’exprimer paraît étrange dans un calendrier et, en effet, le Yue ling écrit simplement : « Le loriot chante 5. » Tel est bien le style et la syntaxe de la prose; au contraire la formule du Calendrier des Hia est toute poétique. De fait, on la retrouve telle quelle dans le Che king ; elle y forme un vers.
Puisque l’on trouve des traces de langage poétique dans le plus ancien des calendriers, il paraîtra raisonnable de penser que les thèmes champêtres des chansons ne sont point des dictons empruntés par les poètes aux calendriers paysans ; on sera plutôt tenté de croire que les calendriers ont été composés à l’aide de poésies rustiques. Mais il ne faut pas aller trop vite : les thèmes des chansons et les formules de calendrier peuvent provenir d’une source commune ; des poètes peuvent avoir fait œuvre d’antiquaires et puisé, avec
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