‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 87 sur 228 · XXIV · texte numérisé non relu

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Il semble qu’au village l’on avait moins de liberté ; les temps de séparation étaient durs à passer. Tout en faisant sa besogne on songeait aux absents et leur pensée revenait dans les chansons de travail!. On tâchait de se voir, on se donnait des rendez-vous ; le crépuscule était l’heure propice ?, on s'attendait dans les ruelles 3 ou bien au coin des remparts. Quand on ne pouvait se réunir, on prenait du plaisir à entendre la voix de l’ami ou à le regarder passer, tout paré, au haut des murailles 5. On se retrouvait parfois la nuit; les amants trop hardis faisaient frémir les filles soucieuses du qu’en dira-t-on, de leurs parents et de leurs frères6 ; pourtant elles appelaient leur venue de tout leur cœur. Mais s'ils réussissaient à les rejoindre, sautant murs et haies du hameau où habitaient leurs familles, dès le chant du coq elles les pressaient de s’en aller et ils se départaient de leur amour 7.

Il y a trop de naïveté dans ces mœurs rustiques pour y voir, si l'on n’est pas pédagogue, un spectacle de corruption. On voudrait, pour la gloire de l’orthodoxie morale, que les paysans de la Chine ancienne aient obéi, par avance, aux règles de la vie seigneuriale, que les lettrés transformèrent en maximes universelles 8 : c’est manquer de critique. Ne nous dit-on pas que les rites ne s’appliquaient pas aux gens du peuple °? On ne leur accorde pas de temples d’ancêtres 10: comment veut-on que leurs filles s’y soient retirées dès

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