Liki, Wang tche,3; Couv., I
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quinze ans, pour y faire, avant le mariage, leur apprentissage rituel! ? Que dès le temps des Tcheou on aït cherché à rendre uniformes les usages, c’est bien possible ; la chanson le char du seigneur?, si elle ne conte pas simplement un amour contrarié, montre, peut-être, l’arrivée d’un officier chargé de faire respecter parmi le peuple les règles de la séparation des sexes, telles que les nobles les comprenaient ; mais alors cette chanson fait sentir combien cette innovation parut douloureuse. En allant se chercher des amis dans la campagne, en leur donnant des rendez-vous au village, les paysannes d'autrefois ne violaient que des règles qui n’étaient point faites pour elles ; elles obéissaient à de vieux usages: les accordailles se faisaient dans les champs”, elles étaient suivies d’une période de séparation pendant laquelle les jeunes filles ne revoyaient leurs amants qu’en se cachant de leurs parents: c'était là le temps des fiançailles. Emotions des rencontres, ennui de l’absent, voilà de quels sentiments est faite la poésie de nos chansons ; certes, il n’est point commode d’en tirer les enseignements confucéens, mais pour y voir de l’immoralité, il faut manquer de sens historique. Ces vieilles chansons sont morales à leur manière : elles expriment une vieille morale. Seulement elles ne l’expriment pas délibérément : elles ne sont pas œuvres de moralistes, elles n’ont guère l’air d’être nées d’un travail de réflexion ni de sortir d’un milieu aussi raffiné que celui qui, plus tard, y prit plaisir. Croïe qui voudra que ce sont œuvres de Lettrés !