‹ Fêtes et Chansons Anciennes de la ChineChapitre 91 sur 228 · Voir Thèmes champêtres · texte numérisé non relu

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3. Comp. Siao ya, I, 8 ; Couv., 187, strophes 5 et6 et LVIIL et XXI.

tuel : l’impersonnalité de cette poésie exige qu’on lui suppose une origine impersonnelle.

On ne trouve pas dans les chansons de ces procédés littéraires qui révèlent l’art d’un auteur. L'art y est tout spontané : on n’y fait pas usage d’artifices de langage ; métaphores et comparaisons sont, pour ainsi dire, absentes ! : les choses sont rendues directement. Sans doute ce sont des rapprochements d'images toutes simples et d'émotions naïvement exprimées qui font ici le charme poétique ; mais ces rapprochements ne sont pas un effet de l’art ; ils ne sont pas établis expressément ; ils n’ont pas l’air voulus ; ils résultent des faits eux-mêmes. Les correspondances qui sont dans les choses se retrouvent dans les vers. Rien ne vient rendre manifestes les fils mystérieux qui lient les termes rapprochés : la forme des phrases, la place des mots, un retour d’expression font sentir l’intimité des choses ; on n’a pas l'impression que les phrases aient été délibérément ordonnées pour obtenir ce résultat. Par leur répétition, parfois, quelques mots vides? avertissent du parallélisme : c’est là le plus grand artifice. Est-ce un artifice ? Les correspondances, qui sont naturelles, ne doivent-elles pas s’inscrire naturellement dans les vers ? Il faut bien que le mouvement de deux pensées jumelles se retrouve dans la forme des phrases qui se font pendant : le balancement des expressions résulte spontanément de la parité des choses ; l’accouplement des images se traduit de soi-même par la symétrie des mots. Sans doute pareille abstention de l’auteur témoigne souvent de l’art le plus raffiné; mais nous avons déjà trop de raisons de penser que nos chansons ne sont pas œuvres savantes, pour ne pas

1. Voici trois exemples isolés: XXIII, 2 #j À An 5 (2Ÿ) les filles semblent fm des nuées (des fleurs blanches); — LXIV, 8 # À Àn Æ la fille semble #m du jade ; — LXIL ji AH An € tu me parais comme #4} la

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2. Par ex. XXII, 10 et 12 7. De même LXIV, 2et4ett. VI, 6 et 8.

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connu ; pendant l’exécution il devait y avoir une part d’improvisation ; on faisait varier les réparties données aux vers fixes, qu’imposait le thème. Ainsi s’inventaient des couplets nouveaux.

Comment se faisaient ces trouvailles ? D'où venait l’inspiration ? On peut croire qu'elle jaillissait du rythme même. Dans ces simples poésies où la symétrie semble l’unique procédé d'expression, il est clair que le rythme est tout. Sans doute il n’était point rendu seulement par la voix, mais aussi par les gestes : les chansons en portent encore la preuve, Si, souvent, on n’arrive pas à donner une traduction qui distingue les couplets les uns des autres, c’est que les sEuLSs vers par où us varient n'ont d'autre différence qu’une expression redoublée placée fréquemment à la rime!. — Lorsque les commentateurs veulent expliquer ces expressions redoublées, on sent qu'elles les embarrassent ; ils ne paraissent guère les comprendre et n’en donnent qu’une explication générale et fort vague; on y voit qu’elles traduisent avec force un aspect des choses, qu’elles sont des manières de particules intensives ou adverbiales ou, pour mieux dire, des espèces d’auxiliaires descriptifs. Parfois on les prendrait pour des onomatopées : telles celles qui sont accolées à un nom d’oiseau dont elles semblent imiter le cri; mais les glossateurs nous avertissent que même de celles-là le sens est plus riche : les expressions Pen pen pour les caïlles?, Kiang kiang pour les perdrix?, Yong yong ? pour les oies sauvages, Kouan kouan“ pour les mouettes, ne veulent point, selon eux, rendre seulement la voix de ces bêtes ; elles veulent encore représenter leur cri d’appel et de réponse, et même l’allure de leur vol quand elles

1. Voir dans les notes aux chansons les variantes conservées ; elles. portent presque toutes sur ces expressions redoublées. Quand une chanson reprend les thèmes d’une autre, les auxiliaires seuls varient : Couv., 189 et LVIII et XXI.

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