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vont en bande ou par couples. Ainsi par ces expressions redoublées la voix humaine ne s'efforce pas uniquement d’imiter des bruits, mais encore de mimer des mouvements. Elles servent à représenter vocalement toutes sortes d'impressions sensibles. I1 ÿ en a qui décrivent la jeune vigueur d’un arbuste, la multitude de ses fleurs, la luxuriance de son feuillage!; il y en a qui peignent les divers aspects de la pluie ou du vent? ; il y en a encore pour traduire les mouvements du cœur; chose remarquable, les mots qui composent ces dernières ont par eux-mêmes un sens moral; de même, le mot dont on forme une expression redoublée qui rend une couleur, signifie cette couleur dans le langage ordinaire. Le sens de ces mots leur viendrait-il de leur emploi à titre d’auxiliaires descriptifs ? Quoi qu’il en soit, il est hors de doute que, dans la poésie du Che king, toutes sortes d’impressions étaient associées aux sons des mots et particulièrement des impressions de mouvements. Comment l’expliquer, sinon par le fait que les gestes des chanteurs venaient aider leur voix, et qu'une mimique figurait aux yeux ce que le chant dessinait oralement*? Mais alors, ne faut-il pas penser que ces chansons sont nées au rythme de la danse ? |
Par leurs thèmes champêtres et leurs sujets rustiques, par limpersonnalité des sentiments qu’elles expriment, par leur art simple et direct, leur dessin symétrique, leur allure piétinante, par l’air qu’elles ont d’être des chœurs alternés et par la mimique que supposent leurs brèves peintures vocales, les chansons d'amour du Che king apparaissent comme les produits d’une improvisation paysanne. A quelle occasion garçons et filles des champs improvisaient-ils ?
ILE + XILE: