‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 2)Chapitre 18 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE. lxj · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. lxj

devenu berger ; l’artisan qui élève les murs des cités, se rappelle que Neptune a bâti les remparts de Laomédon ; le héros , dans ses traverses , s’encourage de l’exemple d’Hercule.

On rencontre toujours les regai'ds d’une divinité tutélaire. Les plantes mêmes reconnaissent des bienfaiteurs. Bacchus vit dans ces grappes, Cérès dans ces épis; les Nymphes naissent avec les chênes ; elles se réjouissent quand la rosée les ranime; et pleurent quand ils dépouillent leur feuillage ( i). Un dieu réside à la source des fleuves, et sa voix s’exhale en doux murmures. Le vieux Océan lui-même a, dans son palais , des grottes humides , où les filles de Nérée composent sa cour ; elles y reçoivent, après le naufrage, les victimes de la tempête.

(i) CalUmach.

AUTORITÉ

INTRODUCTION

lxij

Les impressions même les plus douloureuses perdent ainsi leur caractère. Qu’un bel adolescent péiisse , il est , dit-on , enlevé par les Nymphes ; qu’une vierge s’éteigne en son printemps , on retrace sur son tombeau Psyché dérobée à sa famille par l’Amour. Le trépas le plus affreux est même embelli par des métamorphoses ; la rose est née du sang d’Adonis , et l’anémone de ses pleurs ; la jacynthe, le narcisse rappellent , en les déguisant , d’autres malheurs , soit qu’en général on ait choisi la fleur comme l’emblème d’une vie passagère , soit qu’on veuille ainsi faire entendre qu’il ne faut pas appuyer sur des idées sombres , sur des regrets pénibles.

Enfin , pour compléter le charme, et pour ajouter un dernier anneau à cette longue chaîne d’illusions , on rendit sensibles les êtres abstraits eux-mêmes. Et quelle source alors de fictions charmantes ! les Grâces ingénues sont représentées avec les attributs de l’enfance ;

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