‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 2)Chapitre 22 sur 98 · PREMIÈRE PARTIE. Ixvij · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. Ixvij

duire , à l’exemple des Romains , les jeux sanglans des gladiateurs , le philosophe Démonax se leva (i), en s’écriant : « Athéniens, renversez donc les autels de la Pitié et de la Miséricorde! »

C’est là qu’on célèbre , par des chants , les triomphes sur les barbares ; mais , par des pleurs et des lamentations (2) , les victoires remportées sur les Grecs.

Les Grecs (3) ne souffraient point que les trophées fussent d’autre matière que de bois , afin que ces monumcns de discorde, c’est ainsi qu’ils les appelaient , fussent bientôt détruits.

Cette bonté de caractère et cette douce simplicité se retrouvent, jusque chez les écrivains imitateurs de ceux de l’antiquité. Racine, La Fontaine et Fénélon ont cherché

AUTORITÉS

(1) Athénée. Musonius. — (2) Plutarq. — (3) Diodare de Sicile.

Ixviij INTRODUCTION,

et trouvé leurs succès dans la peinture des sentimens tendres. Leur physionomie littéraire est aussi remarquable dans la foule , que celle d’un buste antique au milieu d’une galerie de bustes barbares.

Généralement les figures grecques (i) sont reconnaissables par le calme et la sérénité de leurs traits, par une expression de générosité et de bienveillance ; tandis que presque toutes les physionomies barbares n’expriment que des passions sombres et outrées , le mépris ironique, ou le dédain superbe.

Cela ne viendrait-il pas de la différence des religions et des gouvernemens ? Mais que fais-je ? irai-je mêler les pavots d’une dissertation aux roses de mon sujet ? J’ai promis d’être plus frivole. Abordons les courtisanes.

Nées sous un ciel de feu, avec des organes

(i) Winkelmann.

AUTORITÉ

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