PREMIÈRE PARTIE. lxxj
pas une guerre semblable entre les Phocéens et les Cyrrhécns?
Deux femmes, Olympias et Eurydice (i), secouèrent les flambeaux de la discorde chez les Thesprotes.
Vous retrouvez, dans tous les grands événemens , la présence et l’influence des femmes. Le songe d’une femme soulève l’Asie contre la Grèce (2). Atossa fait armer Darius et Xercès. Alors les courtisanes de Corinthe se rendent au temple de Vénus (3) ; et, les cheveux épars , élevant vers le ciel ces yeux et ces bras charmans consacrés à la volupté, elles implorent l’amante de Mars, et lui demandent à genoux la liberté de la Grèce. Une femme, Artémise, vient balancer et augmenter le triomphe de Thémistocle à
* AUTORITÉS
(1) Athénée, l. xiïi. Musou. ph. Douris de Samos. (2) Hérodote. — (3) A chéri.
lxxij INTRODUCTION.
Salamine (i). Une femme conjure avec Harmodius et Aristogiton (2). Digne amante de ces héros , elle sait conspirer , se taire et mourir avec eux. Athènes lui érige une statue.
Ces êtres délicats et faibles, après avoir figuré sur le théâtre de l’héroïsme , régnent sur les écoles de la philosophie. Aspasie l’enseigne à Socrate , et conduit , en souriant , Périclès aux sommets de la politique : elle ouvre une école de plaisirs et d’éloquence. Hipparète tient le compas d’Euclide , et Léontium trace avec Epicure le code des voluptés.
Tout est sublime dans l’histoire de la Grèce ; tout participe à ce degré d’élévation morale qui ne consiste point dans l'asservissement à de puérils préjugés, mais dans l’élan des passions généreuses.
AUTORITÉS
(1) Plutarq. • — (2) Meursius , Pisist. Cécrop.