TROISIÈME PARTIE. xtix
bandeau sur les yeux , au milieu des ruines savantes de l’antiquité.
Copiste , ou plutôt faussaire , on fait circuler dans les arts les pièces de son génie , mais en dénaturant leur valeur, en y mêlant un alliage grossier.
Si ces contre-sens n’existaient que sur nos monumens , il faudroit moins s’en plaindre. Qu’importe , en effet, de se tromper en plaçant des sphinx, symboles antiques de la na-
turc vénérable, dans le boudoir d’une facile Parisienne ? Je sais que de savans compilateurs ont fait de cet emblème celui des courtisanes. Qu’importe de se tromper en décorant, avec des têtes de lion ou d’éléphant , le salon d’un fat , ou en étalant tous les trophées de l’astre vainqueur des ténèbres , chez un sot enrichi ? Qu’importe encore de se tromper en érigeant un monument solaire , au lieu d’un monument triomphal , en confondant des types religieux avec des types héroïques , etc... ?
INTRODUCTION
Mais se traîner sans cesse dans le cercle d’une imitation aveugle , stérile et monotone . . . mais croire à des absurdités , parce qu’elles sont antiques ; mais ouvrir ainsi la porte à toutes les absurdités nouvelles ; mais s’imaginer que tous les peuples se sont entendus pour composer un tissu de fables inintelligibles , au lieu de chercher à en pénétrer le sens ; mais , en un mot , s’élancer sans cesse hors de la nature , ne voir que ce qui n’est pas elle , au lieu de la regarder elle - meme ; mais repousser tou tes les explica tions sensibles et matérielles de l’allégorie , pour n’en admettre que d’abstraites et de métaphysiques; mais demeurer l’esclave des prêtres même d’une autre religion, et ne pas douter de l’existence de Saturne, d’Apollon, de Jupiter, d’IIercule , de Thésée , etc. , voilà l’erreur qu’il importe de détruire.
L’avantage de l’instruction l’ordonne : il est d’autant plus nécessaire de soulever ces voiles,