XC INTRODUCTION
Les anciens n'avaient point notre fausse pudeur ; on a même remarqué que* moins il y en avait dans les écrits , et plus il régnait d^honnéteté dans les mœurs. Ainsi la Bible oppose aux images patriarcales et du bonheur des champs , les tableaux licencieux de la corruption des villes. Suétone n*a point passé pour un homme vicieux , parce que sa plume fidèle a dévoilé les horreui^ de Caprée. Virgile , qui a placé dans ses églogues deux traits que je rougirais de traduire , mérita le surnom de f^ierge. Bayle a réfuté , depuis longtemps , le reproche odieux que Ton colporte contre les peintres trop fidèles de la nature et des mœurs.
L'antiquité n'attacha , dans le principe, aucune idée de licence aux signes et aux cérémonies qui semblent en caractériser le plus effréné développement ; le temps amena les excès, et la politique, qui marche à la suite de la philosophie, toléra nécessairement ces