‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 3)Chapitre 31 sur 101 · FÊTES I>E L*AMOU · texte numérisé non relu

FÊTES I>E L*AMOU

^t placent le berceau de Tun dans le ciel, et celui de Tautre sur la terre.

Ecoutez , dit €elui*iu (i) , il eëi descendu de rEdier dans les flancs de la Knit.

Non, T'épondent quelques poètes (&); la changeante Iris et le 14ger {Z^pl^cre lui don^ nèrent le jour. Vous vous trompciz , ^'éorSe Âlcée, un soufiQe Talluma ^an ^ein de la Discorde. Connaissez mieux son origine, rprononce Platon à son tour, c^est le vil ^nfaxlt de rintérêt (a).

Mais bieoltôt is'élançant dansla^ph^nedu spiritualisme;, ce ^môme ^pHilosôphe ne voit plus dans TAmour que Fli^ymen myMerieuK et virginal des .âmes çpuraes .et ïveptueuses.

Ce charme 'ineoqptrimable ^ui en^roone la

REMARQUE

(a) Die fait naître de 'Poroj'('rAbon<iance) et de Penia (Flnd^ence).

imnoLDiaifi coïKFAHÉs.

nom àe Coma y ffEecha ^taxiiôvswk&^eeim deManmaâin^ et k regardaient ^onute/le c&u .de i'hjinen ;et du plaisir. Ainâ, les SlavtoRS avaient leur ^Xtf^

'AUTORITiSé

^i) AcusiIaus.^{a)PlHt. ervt. not. 4e Mirob. Tib^

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supériorité morale , cet accord si rare de Id beauté de Tâme et de celle du corps , Taspect de la perfection' elle-même; voilà ce qui entraîne , subjugue , et semble justifier Texcès de la passiqn. C^est alors qu'il ne reste plus de facultés que pour adorer, désirer et sentir; que la vie n'est plus composée que de deux momens , Tun de contemplation et Tautre de souvenir. Gomme ces ombres qui ne sont que la réflexion dWe image supérieure vers Isk quelle on les voit toujours s'éïancer, Tâme se fond,' s'emporte et se perd dans un seul objet où elle puise son existence , ou' plutôt dans lequel elle va se transformant. Le corps n'est plus qu'un fantôme errant, alimenté par un souffle étranger. La nature entière s'éva- .nouit aux regards, le monde est désert, et la pensée le remplit tout entier de l'objet aimé : les nuages emportant ce t. objet dans les cieux, les fleurs le recèlent dans leur parfum , Tonde murmure sQn nom^ ou gémit de vos soupirs. La forêt mystérieuse n'est plus queTantre des rêveries ou le temple des voluptés ; les rochei^^ etles précipices paraissent l'asile du désespoir. Quelquefois un sentiment plus calme succède ; cette âme supérieure , en vous attirant à

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elle, vous communique quelque chose de son élévation : vous rougissez de vos hommages, terrestres , ils s'épurent ; une adoration plus profonde succède; la délicatesse « de vos sentimens vous conduira une abnégation totale de votre être ; là dernière vapeur de l'encens qui s'exhale vers les dieux est moins subtile que cet amour. Mais alors délivrées de leurs liens, les oubliant du moins, les âmes se pénètrent , se touchent , s'embrassent et se confondent.

Il faut l'avouer , cet état d'exaltafion , le plus délicieux des rêves , est troublé par le réveil doublement importun des sens et de la raison.

Le plus souvent le jeune homme ardent, emporté par les passions vives, revêt de ces idées de perfection une chimère idéale , et se plaît, comme Ixion, à embrasser une nuée. Que devient-il , lorsque, éclairé tardivement, il reconnaît la femme la plus vulgaire dans la divinité qu'il adorait ? l'enchantement et la passion s'évanouissent.

Ce système est particulier à ce disciple de Socrate. En général tous les autres Grecs ont divinisé l'union des sens et de l'âme. Tel est

le sens de la fable de Psyché; tel est le sens de mille allégories charmantes que présentent les monumens consacrés à l'Amour.

Aveugle , enfant et cruel , il voltige , Tare en main , et disperse ses flèches sur les faibles mortels : les unes , airmée^ d'une pointe dorée , portent dans les cœurs le trait de la passion ; ^es autres , émoussées et chargées deploipi.b , ji*y laissent que les glaces du dédain et l'anier*- Jume du dégoût.

Quelquefois l'Amour a tenu dans ses mains une rose dont Téclat éphén^ère est le symbole des plaisirs fugitifs., ou le myrte dont la branche odorante , mais fragile, en est un emblème non moins expressif.

Partout où se trouvent Vénus et les Grâces , on voit l'Amour à leurs pieds, sur leur sein, ^dajas leui:s bras ; mais le plus souvent il se contenta de badiner et de fojâtrer. avec elles.

L'attitude jtjui lui est la plus familière ^ esit celle qui caïuictérise l'enfance inconstante et .naïve. De là tous ces jeuxdoftt il s'occupe , et ces charmantes bagatelles qui sont pour lui des travaux, ll^aute, si danse , se balance comme un oiseau aur ,une tige flexible,, se joue dans les ^irs et ^r les eaux., wène également les

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colomlies ou les tigres en laisse, et s^assied lour à tour sur un eygnè dodile ou sur un lion dompté.

Tantôt il sé? précipite dur un char ailé , et. tanlôt, souriûiit à ses triomphes quHI célèbre , il interroge une lyre d'or. Il est nu, mais il n'en est que plus redoutable* Une flèche est, dans ses maiits , plus puissante que la foudre de Jupiter, «c Tremble ^ Itti disait un jour le souverain de l'Olympe ^ tremble , }e vais te réduire en poudre* » L'Amour sourit ; « Deyieits cygne ^ dit-il au maître du tonnerre , et tombe à mes pied^ (i)» » Il loi montre alors Leda c|ui l'appelle et qui prodigue à Foiseau fortuné tons les trésors d'un corps d^albâtre. C'est ainsi que l'Amour commande à tous les dieux , qu'il humilie tour à tour. Il désarme Mars ; enfant redoutable , assis sur les épaules d'Hercule , il fait ployer le colosse.

Mereure et la Fortune marchent à ses côtés ^ symbole» dé son éloquence et de ses caprices <

Ici, pour exprimer l'empire qu'il exerce

AUTORITÉ

(i) Epig, de r Anthologie.

ia6 LIV. I. LA CRÉATION.

sur rame, il tient à la main un papillon qu'il déchire, et dont il approche un flambeau (i). Là il s'agroupe avec Psyché qu'il embrasse , plus loin il Tentraîne sur un char (2).

Tantôt il se balance sur des ailes d'azur, de pourpre et d'or, et tantôt il emprunte celles du vautour.

Telles sont les représentation^ de Cupidon , c'est-à-dire du dieu qui règne sur les sens et sur l'âme subjugués des faibles mortels.

Mais , lorsque l'on considère dans l'Anwur le créateur des mondes , l'attraction qui régit les élémens, en un mot, ce premier principe qui ordonna les parties de la matière agitée dans le chaos et l'harmonie éternelle des sphères, ce n'est plus un enfant, c'est un génie qui, secouant dans ses mains le flambeau de la vie ,. s'élance sur des ailes d'aigle éployées.

Alors l'emblème de l'universelle harmonie , la âûte à sept tuyaux , s'anime de son souffle; alors, à l'ombre d'un palmier, il embrasse

AUTORITÉS

(i) Mqffeu — (2) Winkelmann^deVAllég, L il, p. 4o8.

FETES DE L^AMOUa. I27

un bélier qai regarde un autel flamboyant (a).

Enfin il vol edfe sphère en sphère, d'élémens en élémens , et soumet à son empire Pair , le feu, la terre et les ondes (C).

Ainsi s^explique cette fable antique et célèbre que Ton retrouve chez tous les peuples. La Nuit pondit un œuf, le couva sous ses ailes noires , et fit éclore l'Amour qui déploya soudain ses ailes dorées, et prit son essor à travers le monde naissant (i).

REMARQUE

(a) Symboles astronomiques de la rénovation de la naturi» au printemps.

AUTORITÉ

(i) Cicer, d€ Nat. deor, /iV. iii^

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