‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 3)Chapitre 34 sur 101 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

lèa Î-IV. I. LA CKÉATIOK-

Après avoir analysé les propriétés du feu , nous avons considéré les différens degrés de sa lumière et de sa chaleur. Ainsi le soleil est peint tour à tour sous les traits de Tenfance, de l'adolescence, de Tâge mûr et de la vieillesse.

Nous avons ensuite lié à son adolescence, ou à sa décrépitude apparente , la renaissance ou la mort de la nature.

Cherchantenfin à expliquer ces phénomènes , tantôt nous avons supposé que le dieu bienfaisant était vaincu par un génie ennemi , par la puissance des ténèbres que ramené Thiver ; tantôt nous avons cru qu^il descendait dans le Tartare , irrité contre les hommes , pour lesquels il renaissait bientôt sous les traits d'un dieu consolateur.

De là ces fables sur le mal et sur lé bien , sur lé -Tartare et sur TEllysée , sur la lumière et les ténèbres, sur la vie et la mort.

Tout s'explique ainsi par le tableau physique de Tunivers.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

chez les Scandinaves , le premier et le plus ancien des dieux.

£t FrtQy sa femme ^ selon les Celtes , etc. etc.

Les courses de vos héros sont celles du soleil ou des astres ; leurs exploits se rapportent à son passage dans les signes du zodiaque ; leur parure est empruntée de celle des animaux qui figurent au centre de ces signes ; leurs aventures naissent de leurs conjonctiçns , de leui:s rapports avec Tastre qui se couche ou se lève devant eux. Votre Hercule est le soleil considéré dans sa course zodiacale (i).

Le soleil du printemps est Apis, Apollon, Esculape , le dieu sauveur : il préside à Tété , à la saison orageuse, sous le nom de Jupiter, armé de la foudre : Dieu de Tautomne , de la saison de la fécondité, il prend les noms d'Osiris, de Bacchus, d^Atys et d'Adonis, de Pan, de Priape (a).

Enfin , dans la saison de la mort et des ténèbres , dans l'hiver, il est Sérapis ou le noir Pluton.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Tottr , Priape des Slavons; Baol-Pcor^ Baalphégory Belphégor ou Phégor, celui des Moabites.

AUTORITÉ

(i) Macrobe Cupper, Dupais. Court de Gébelin : Roucktr tur le Poëme ties Mois.

l64 LIV. I. LA CRÉATION.

Tels sont les noms et les fonctions du principe actif.

A son tour, le principe passif, la terre , ce récipient universel , et la matrice des êtres , est Isis (a), Vénus, Athir , . Astarté ; et ces noms expripient la puissance génértftrice : celui de Vesta (b) convient à son activité sans cesse renaissante, dont là flamme est le symbole.

Son étemelle fécondité lui a fait donner le titre de mère : elle est v<)ti*e Cybèle , Votre Cérès (i).

M^NÉCLIDÈS.

Plusieurs de nos usages confirment cette théorie. Je me contenterai de rappeler, quelques unes des fêtes d'Apollon.

Celle que nous appelons Daphnéphorie ou

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Camadénou (Isis), vache désirable, née de la mer de lait ; adorée chez les Indiens.

(b) Aghnay^ Vesta des Indiens; Aretia^ Vesta des Syriens; Labiih-Horchia ^ chez les Tyrrhéniens et les Scythes.

AUTORITÉ

(i)Po1yt1iéisme aiml.

Fârss DU Fîiu.; ' . 1&5

fitç de$ kuii^rs , çst c^J^br^ç tiqu§. les. neuf ans.

Le ministre çhoUi pour y pr^aider doit réunir à une naissance illustre (i) unç fqrce éprouvée et une beauté pare. Il ^st çhaiPgé dv< laurier sacré.

On parte en pomp/e rolivier de Palla^ : ,sa lige est couronnée de. Ijauriçrs et pâiréq de guir- Undejs; elle es^surmoiité^ d'uixg}Q)^ d'airain, auquel sont app^nidueç. dje^ sphères pUs petites. Le centre soutient des couronnes cpuleur de poupre ; à sa basç serp^HteAt d?s b^deletles, dont Iç s cçiulçi^r^ r^P^]^nt celles de IWwe.

Le premier globe est le sym^bok du spleil ; le second, et ^çs sphères qi^i 1^ suivent, figurent Tordre de la lune e\ 4^s p^ççtes : le nombrç^ dejs çourQnniP3 ^s^t çg^l k celui des jour§ de Tannée (a),

neux ajàolesçenss's^vançent : Tun présjideau'x

REMARQUE

(a) Cette manière de peii^dre n'est pas la plus savante , et elle appartient au second yenre de rj^çriture Sacrée. .

AUTOgITié.

(i) Pausan* Bœol,

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i66 liiv. I. LA création:

Baphnéphoriés , il doit compter vivans les au^ teurs de ses jours ; l'autre marche aux côtés de son aiiii : sa main soutient la tige sacrée.

Le daphnéphore paraît : il balance une branche de laurier. Sa libre chevelure se répand en ondes sur ses belles épaules ; sa robe superbe est longue et traînante : à ses pieds brillent des brodequins d'une forme légère (o).

Des chœurs de vierges et de jeunes adolescens chantent des hymnes en l'honneur du dieu (i).

Le chœur des \ierges ferme le cortège : elles mesurent , au son de cette musique religieuse , leurs pas et l'agitation cadencée des rameaux qu'elles balancent.

Le temple d'Apollon isménien s'ouvre et reçoit leurs offrandes.

Cette cérémonie est relative au renouvellement des lauriers sur les autels du dieu , aux-

(a) Ces brodequins sont ceux auxquels on donna ensuite le nom iï Iphumte (2).

AUTORITÉS

(i) Voyez les hymnes d'Orphée et de CaUimaque^ trad. de Vutheil; et Je poème sécul. d* Horace, — (2) Diod, de Si§. l, XV. PoUux. Suidas.

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quels leur verdure éternelle , symbole du principe qui Tentretient , est consacrée.

LE PRÊTBÈ.

Dans ]esj4poltomes (a) j vous attendez te retour d'Apollon , de même que nous atten-^ dons celui d'Osiris. Vous cherchez Apollon et Diane, et le nombre mystérieux des acteurs égale celui des jours d'une révolution lunaire (6). Tout indique l'esprit cyclique (i)dc cet usage.

Cet esprit Se retrace partout dans vos distributions politiques et religieuses , dans vos fêtes , dans vos processions, dans vos mystères, dans l'ordonnance et la décoration de vos temples , dans les statues et les images symboliques de vos dieux , dans vos hymnes et dans vos chants sacrés ; enfin , dans vos danses 9 dans vos jeux et jusque sur vos théâtres.

MEN^CLIDES.

En effet , quelques écrivains retrouvent ,

AEMARQUES.

(a) Féte;k Sycione.

(b) Le nombre 7.

(i) Boulanger y antiq, déif, t. H, I. XV«

l66 lilV. I. LA CRÉATION, CtC.

dans le jeu inventé par Palapiède, le Ifaibliejau de Tunivers et de ses principales diviisÎQp^ <ï) > d'autres prétendent que U piarche des chœurs jiiU théâtre , représente les piouvemeps du ciel ^t des plwèt§« (2) , et q^e la strophe et Twtislrophe (3) sç^nt uijie imitation ^u mouyement des astres. .

Ainsi lepQ*ét|g et?il£ Tunivers sur le bouclier d^AchUle. SafçMW^ prbiculaire retrace celle du monde : le mélange des métaux est^ analogue à la nature des élén^ens qu^il représente: on y admirée les flot$ 4e TO^an et les £eux du soleil, autour duquel sont rangées les constellations (4).

Ouvreîfi les yeux, et ne cherchez^plus vos divinités hors de la nature.

AUTORITÉS

(i) C€drenu$,''{i) Kircher, (^dip, t. i — (3) Jristoxène. (4) Philostratey icon. Héracl. Pont, opus nvytholog.

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SECTION II

F£T£S DE LA LTIMIEEE.

Fêtes 4e Minerve (a), yî^rge-mère du Soleil,

— Essence d& Ipr L^mifrf . -^ Fêles diverses.

— Arréphorips. -^ P^^^iifâfiiées.

Diogenes Babyldnius in eo lil>ro <|ui inscribitur de Mioervâ, partum Jovis^ ertumquc Virginis ad

Cic, de A'aLjDepr. LifC.xiy^

Suite de la convermUon entre MénécUd^s et un prêtre égxptien, — Tablettes dun Grec

. de la confrérie de la Vierge. — Scolie dHarmodius et d^ Aristogiton.

LE PEÊTRE.

Je vais achever de $pfjlever Içs vpil^.

Analysant dans le &u éternel deux propriétés principales , celle d'ée^auffer et celle

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) On retrouve Minerve dans VAstyris des Syriens ,

tJO LIV. I. LA CRÉATION.

d^ëclairer, nous en avons faitdeaxdiyinités, on une divinité masculo*féminine ; Tune capable d'engendrer, et Fautre toujours vierge. Le feu^ en tant qu'il échauffe et brûle , est mâle dans le système religieux des Egyptiens ; en tant qu'il éclaire ^ il est du sexe féminin (i).

Le feu générateur porte le nom dé Phta ou de Vulcain ; la lumière prend celui de Neùk ou Minerve (2).

Minerve est cette substance pure et lumineuse , toujours vierge , en ce qu'elle ne produit, n'organise rien,, et que , toujours séparée de la matière génératrice, elle nous en montre simplement les formes (a).

REMARQUE

(a) H»c dea specierum irradiât generationes (3). MYTHOLOGIE COMPARÉE., la Chang^Koy la Kiion-In^Pa-Sa des Chinois; Ylsis^ la Néith des £g)rptiens ; la Snotra des Scancfinayes, la Siga ou YOgga des Phéniciens; la Durgay la Sarassauadi des Indiens, la Viet^e des Chr^ens, etc. etc»

AUTORITÉS

(i) Senec, quœst. nat. l, m, c. xiv Dupuis^ Ltilres sur Minerve. — (2) Horus^ JpoU. L ly c. XII. — (3) Proe. in<^ Tim, p. 3o.

FÊTES DE LA LUMIERE. 17 1

Cette vierge est la mère du Soleil; cette inscription est placée sur la porte de son temple à Sais (i). Elle est la substance pure dont il emprunte sa lumière , qui jaillit de la partie la plus élevée de Féther (2).

Cette conclusion une fois admise , tout s^explique dans Fhistoire mythologique de Minerve , ses attributs , Fobjet de ses fêtes , etc,^

On voit pourquoi il y a une illumination géne'rale en Egypte le jour de sa fête (3) ; pourquoi y dans son temple, à Athènes , on tenait une lampe perpétuellement allumée ;' pourquoi on institua en son honneur la course aux flambeaux ; pourquoi les lampes et Fhuile , aliment naturel de laJumière , et Folivier qui produit le fruit dont on exprime cette liqueur, lui furent consacrés, ainsi que la chouette (a), le seul des oiseaux qui est à lui -mênie sa lumière au sein des ténèbres.

REMARQUE

(a) Sa^face à ligne droite s'éloigne moins de la face

AUTORITÉS. • (i) Herodoi, Cic. de Nat, Deor. L III. — (a) Macrob. Saùim. /. I, c. XVII. Jmob, coni. gent, /. m. — (3) Hérodot. '. n,c. LXI;

Mais la physique ne peut pas seule nous expliquer toute la nature de cette divinité , jii la raison de ses fonctions et de ses attributs , si nous n'y joignons le secours de la métaphysique , et surtout de l'astronomie sacrée:

La lumière , dans la théologie ancienne , était non seulement une substance pure et vierge, mais encore une substance intelligente (i), la source et le principe des autres intelligences (a).

Minerve , considérée comme la lumière intelligente, présida à tous les ouvrages qui supposent Fintelligence , aux arts , aux sciences , aux sages conseils, et elle exerça sur la lu-

R£MARQU£L

humaine, que celle des autres animaux. Voilà pourquoi elle parut propre , ainsi que la face de l'éléphant, a indiquer l'intelligence. • ^

MYTHOLOGIE COMPARÉE, (a) De là le logos des Platoniciens, et le i?erbe des Chrétiens , cette lumière qui illumine tout homme oenant au monde (2). *

(1) Plotin , Ennead, 2 , /. ix , c. i , II. Marsil, Ficin. ad Ennead, 4, l- ni, c. xvu. Alhénagore. Orplue, Icanbligue, c, XXXIX. Procfus, — (2) Evangile de saint Jean.

féTES DE LA JiUMIERÉ. . 1^3

mière de T esprit le même empire qu^elle exerçait sur la lumière physique.

Il reste à la considérer sous le rapport astronomique.

Le siège de Minerve fut placé dans le bélier, au signe équinolial du printemps (i).

De là le culte de la vierge uni à celui de l'agneau qui porte sur ses flancs le triangle boréaL

C'est pour cette raison que Fanimal portelaine et Fart dé travailler l,a laine furent , par suite , sous la proriection de Minerve.

Si nous portons maintenant nos regards sur les constellations qui avoisinent le bélier, nous verrons qu'elles ont fourni à Minerve ses principaux attributs. Les deux constellations placées sur le bélier sont : Persée aux talonnières, qui porte la tête de Méduse , et le cocher qui tient entre ses mains la chèvre Amalthée; Or^ la tête de Méduse et F égide formée de la peau de la chèvre Amalthée , composent la parure

AUTORITES

(î) Hor. Apoll, l, 1, c, XII. ProcL , in Tim. , /. i^p* 3o. Kirclier, OÊdip, t, il, part, U, p* 206. JSuslhat, in Iliad. A, Scaliger, notœ ad ManUium <^ p* 336. ManiliuSy /.il. Calendrier romain*

i74 I-IV- I- l'A. CREATION.

de Minerve ; comme le cocher céleste, elle passe pour Tinventeur des chars (i).

]Non seulement le ciel des fixes lui donna son bélier, sa gorgone , son égide , mais elle emprunta aussi du ciel planétaire une parure toute nouvelle et presque étrangère à sa première nature. Le bélier céleste , où elle fixa son siège , était le domicile de la planète de Mars. Minerve , unie à Mars , prit le casque et la pique du dieu des combats, et sortit tout armée (a) du sommet de Téther (2).

MENEGLIDES.

Mes yeux s'ouvrent , mon intelligence s'éclaire, mon génie s'échauffe en vous écoutant.

REMARQUE

(a) Les Perses armèrent ainsi Mithras (3). AUTORITÉS.

(i) Cicer. deNat. Debr. /. m, c. xxiii.

(a) Extrait d*une lettre de Dupuis sur Minerve , insérée au Journal des Sayans.

On peut aussi consulter^ sur V identité efhis et de Minerve^ le Mémoire sur les attributs de Minerve , par Sainte- Croix , et couronné par V Acudémie des belles-lettres ; et le paraUUe d^hiset de Minerve^ inséré dans les Recherches sur les mystères du paganisme , ;». 5 13. Parmi les anciens , fférod, /.il, c. Lix , c. VI. Plat, in Tim» Jrnob. l, IV.

(3) Porph, de ani. nymph.

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