I. ta
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178 uv. I. LA création;
est compris dans la même enceinte que celui
d^Agraule (a) et de Minerve.
Mais ces horreurs , si communes parmi les barbares, devaient élre bientôt inconnues chez un peuple aussi doux que les Athéniens. Grâces te soient rendues , ô Diphilus ! le premier tu abolb cet exécrable usage. On immole aujourd'hui un bœuf.
Skeiray Skira (i) , double fête. Minerve se manifeste aux peuples de J'Atlique : ce même jour éclaira la victoire*de Mantinée. Ce fut le 12 du mois scyrophorion.
Je saluerai \e soleil (a) porté sous le dais , ô déesse tutélaire de la brillante Athènes ! Alors on conduit en pompe ta statue : on croit voir une reine adorée de son peuple ; tout fléchit le genou devant la divinité.
Je veux paroître dans cette pompe en te-
REMARQUE
(a) Aglaure; radical : Aglwora , )a saison brillante (a).
MYTHOLOGIE COMPARÉE, (a) La Fête-Dieu des Catholiques.
AUTORITÉS
(i) Harpocrai, Hésyck, — {2) Court de Gébelin.
I!KTES mt LÀ LUMIJSRI. 17^
nant .à la main une branche de vigne chargée de fruits (a).
C'est ainsi que j^ai tu daiis TArcadie promener, sous un dais superbe, la statue du di* vin Bacchus couroimé de rayons ; mais je ne pus expli^er le sens de cet oracle impertinent , qui prescrivit d'y donner la discipline aux dévotes (è),
Ëh comment \ ô déesse ! le lieu où l'on adore ta chaste divinité , est-il le théâtre de la plus affreuse débauche ? Les joueurs ont préféré atout autre le séjour de Scyros. De là cette expression : « Il est de Scyros, » , pour exprimer un fourbe ou un homme dissolu. Lés courtisanes peuplent Tenceinte du temple d'une vierge, O puissante Minerve ! mets ton voile sur mes yeux , et sauve-moi de ces sirènes , près desquelles ma faible vertu fit trop souvent un triste naufrage !
REMARQUES
(a) Foyet Oscbopbories.
(fi) Voyez ci-après, article Fla^ellaiwns (1).
AUTORITÉS
(i) Oracles de Delph, Court de Gékdin. Hist^^u Calendrier*
i8o Mv. 1. LA création;
Je descendrai, après le sacrifice au bénin Jupiter, chez le sacrificateur et le porte-flam-* beau (fi). Je dois leur acheter les peaux deà victimes quHls ont le privilège de se réserver.
Callyntéries (jb). On les célèbre dans la brillante saison du printemps : on pare, on .décore les temples. J'y porterai des fleurs.
Plynthéries (i) (^) , octave des Callyntéries. On détache , on lave les vétemens de la déesse. Elle est nue ; et , pour ne pas offenser sa pudeur, on renferme sa statue,
Ce jour est malheureux. Lorsqu'on vit arriver en ce jour Alcibiade à Athènes , on en tira un mauvais augure ; on dit que la déesse s'éloignait de lui.
On étend une corde autour du temple : on porte une corbeille de figues, soit parce qu'elles commencent à mûrir, soit parce que le figuier
REMARQUES
(a) LeDadouque.
(b) Rad. Kedluno^ rendre beau, (r) Rad. Plino , blanchir.
AUTORITÉS
(i) JEtjrmoL oui. Plut, in Alcib, Xénoph. Pollux, L viil i c: 12.* Pausan, Al(ic.
IliTES B£ liA LUtMLliRE. i8l
offrit lé premier aux hommes la plus douce Bourriture (i). En effet , Cérès , dit-on, donna la première figue à Phytalus (a) : les Athé^ niens ont consacré le lieu qu naquit cet arbre fortuné (2).
ARREPHORIA (6). ERREPHORJA, ERSEPHORIA (c).
La plus jeune de mes fiUets n^a que sept ans ; je la ferai inscrire au nombre des vierges (a) qui doivent porter, dans des
** REMARQUES
(a) Epig. gr. assez insipide.
(b) Rad. arrêta ; choses ineffables.
(c) A Hersè,
MYTHOLOGIE COMPAREE, (a) On retrouve des religieuses dans presque tous les cultes :les Romains eurent leurs Qestales; les Africains, leurs hétas ; les Grecs , leurs égastines ; les Chinois , leurs bonzesses; les Péruviens, leurs oello; les Japonais, leurs hïkunis; les Siamois, leurs ialapouines; les Indiens, leurs àayadères^ etc* ; les Chrétiens, leurs nonnes. Ce qui faisait 4ire à saint François : « «Tapprëheode, mes frères, que,
AfJTORITÉS.
(i) Jthén, /. in.-*-(îi) Efian, Far. mst, l. m, e. xxxviu et XXXIX,
l82 I»1V. I. LA CRISATION.
corbeilles voilées, les objets des mystères (i).
On ne reçoit ces vierges que depuis sept ans jusqu'à onze , et au nombre de quatre : deut d^entr^elles , choisies parmi les familles les plas distinguées , doivent avoir Thonneur de broder, sous les regards des prêtres, le voile sacré de la déesse.
Le vêtement de ma chère Aglaé sera blanc et rehaussé d'or : tel est Tusage.
Pour moi , j'irai voir offrir les pains bénits (a) (a), ou j'assisterai aux jeux , à la palestre , près de la citadelle (2).
Eudamas est, à son tour, et d'après la loi,
REMARQUE
(o) Megalartos Amphiphanès,
Dieu nous ayant ôtë les femmes, le diable ne nous ait donne des sœurs (3). »
(a) Le pain bënit des Catholiques.
AUTORITÉS
(i) BiymoL auU Suidas. Harpocràt, Hesychius, JphorisU Lysisi. Athénée , /. m. Plui. in Jsocn fysias , apoL-- (a) Bfsychius. Meurs: -^ (3) Supersi. une, ei mod^ /. ii , p. i8o bis.
FETES DE LA LUMIÈHE. lS3
chargé des frais de la fête : Ëiidamâs est mon ami , il fera recevoir ma fille , et inespéré étr^ placé aux premiers rangs. . ,
Panathénées (ja) (i). O Minerye ! «haste et puissante déesse^ appesantis ton brias^siirrimpie dont la bouche rient de yomir cesbla&r phèmes ! Mes oreilles furent eflârayées de Ventendre , et ma plume «t.ma main refusent de les retracer. 11 me disait que ta fête est relar tiveaurenouvellement de Tannée , au triomphe de la lumière , qui vient d^atteindre son apogée.
REMARQUE
(a) > On distinguait les grandes et les petit^^s Panathénées : les petites se célébraient toutes les années. C'était la même fête que les quinquatresdes Romains. Denys d'Halicaoïasse et Pline rendent ces deux noms Tun par l'autre. Gorsini , k la vëiité, place les Panathénées , grandes et petites, dans le même mois , en juillet 3 mais Meursius prouve ti*ës-bien que les petites se célébraient en juin, d'abord ajH'ës les Bendir àées; ce qui les rapproche de bien plus des quinquatres romains, surtout des anciens, qui se célébraient en juin^ ce que Meursius paraît avoir ignoré. Les grandes'Panathénées se célébraient en juillet, le îi3 du mois héçatombapon (a). J^UTQRITÉS.
(i) Meurs, PancUh, Caslell. Corsin, Jasi, ait. An^toph. êlejusd, soi, innub. Athénée^ h iv. Xénoph, symp, Id. de> re tquesU Demostk. de coron* Hésychkis, Pkihsi, , eic. {?) Court de. Gébelin.
t84 MV. 1. liA CRÉATION.
Thesëe (r) lui-même institua ces jeux : ch bien !il:nicî que ce hëroÉ^ ait jamais existé , et il ne voit en lui qu'un peUsoniiage allégorique ^ le pèrê^âès'saisons. Je l'ai cependant conduit dans ce temple , où l'on montre encore la pierre sacrée i^us^ laquelle Thésée retrouva l'épée de son père. Je lui ai fait remarquer le voile de la dëesse , sur leqtirel' on a brodé sa vie- ^ioire et là chute dies Titans (a) (a), et ce vaisseau miraculeux (b) qui vogue sur la
REMARQUE
. (a) Les combats des gëans ne sont que des aHégories physiques. On peut réduire au nombre de quatre les phénomènes physiques figurés parles gëanS : les vokans, les inondations, les exhalaisons pestilentielles , et l'hiver avec ses frimas. Ces idées , comme i'observe Plutarque {de Iside ) , étaient la base de toutes les fables sacrées débitées dans les mystères. On les retrouve dans toutes les religions (a),
MYTHOLOGIE COMPARÉE
. (a) Asum^ Titans des Indiens.
(b) Les Scandinaves avaient leur Skidhlaâner^ ou vaisseau des dieux, construit par des nains , et si vaste, que
AUTORITÉS
(i) Dupais^ ongùude$ cultes, — (2) Diony^siàc.L i.Abn/i. Itoct. instU* /.II. ZemihÂoesi. ^ 11. Boundesh Apocalyp^. ek%
FETES DE LA LUMIERE. i85
terre Co)(a), et qu'une foule de spectateurs religieiA entoure au moment où , lancé par une machine , et gouverne par une infinité de rameurs, il trarferse iios places publiques. Voyez , lui disais-je , ces monumens ; la piété de nos pères , et celle de leui-s descendans, déposent contre vous. La pompe de la patrie se mêle à celle de la religion. C'est alors qu'on célèbre la Iréunion des peuples de l'Attique , dont le grand Thésée (6)
REMAHQUES.
(a) Emblème du vaisseau astronomique qui représentait le monde ; il monte dans les cieûx après le lever de la "Vierge, Parmi les constellations, il porte le nom du navire Argo^
(ft) ^elon ks historiens , le fabuleux Thésée , parvenu a là fi)uveraineté , ôta aux difTërentes peupladesde TÀttiqùe leur* assemblées , leurs magistrats, et les ramena sous les lois du
MYTHOLOGIE COMyAIlÉE.
tous les dieux aimes pouvaient y trouver place ; les Celtes , leur Naglefare^ vaisseau fatal, feit d*onglês de morts. '
(a) Ce vaisseau figure dans tous les cultes au nombre àe& signes adorés et religieux.
Chez les Egyptiens et les Gennain^, il est consacré à Isis; chez les Grecs, à Minerve : il appartient tour à tour à Jason et à Jésm^ à J^mts ^t ^ £. Piare^ à Osiris et k
i86 Lïv. I. LA geeation;
9 formé un seul peuple (E). On confond , dans cette féte^celledel'^ffranchissemenld^ Athènes} la reconnaissance unit les noms des héros et des dieux : c'est alors qu'on prononce l'éloge de ce Trasybule (i) qui chassa les trente lyrans ; que l'hymne de la liberté résonne sur la lyre, et que tous les Grecs , remplis de son enthou^ siasme , répètent en chœur la scolie d'Aicée i en l'honneur d'Harmodius et d' Aristogiton , qui inimolèrent un des fils de Pisistrate. — - La politique, ajouta l'impie, a trouvé ainsi le moyen de donner à ces solennités un véritable intérêt. Le nom d'Harmodius m'est plus cher que celui de Minerve. Le voile de la déesse ne vaut pas l'épée du guerrier ; et l'image d'/oi/ , représenté dans toute sa majesté sur ce voile blanc et rehaussé d'or, attire beaucoup moins les regards , malgré son foudre inutile, que le portrait de. Trasybule, dont le front
EEMARQUE.
magistrat unique et du conseil suprême d'une seule ville (»)• De là une fétè générale et consacrée k MifierTe. AUTORITÉS.
(ï) Fid. loc.prop. F£tes de la libeaib. — (q) Thucydidey l. II. Siephan. Plut, in Thés.
FETES DE LA LUMIERE. 187
majestueux est paré des lauriers de la victoire et des palmes de la reconnaissance. Alors il se mit à chanter la scolie d'Alcëe (i).
Sous le rameau sacre du myrte favorable , Cachons, 6 mes amis! le glaive inexorable. Tel Aristogiton , et tel Harmodius Frappèrent un tjran de coups inattendus.
Leur bras. sut relever la liberté flétrie, Et du sceptre oppresseur délivra ma patrie.
Harmodius^ salut! intrépide héros!
Tranquille , tu jouis dW auguste repos , Sous les ombragçs verts de ces îles heureuses, Où planeift des guerriers les ombres généreuses;, Assis auprès d'Achille et de ces morts fameux Qui domptèrent la Parque et vivent après eux.
Sous le rameau sacré du myrte favorable , Cachops , 6 mes amis ! le glaive inexorable. Tel Aristogiton , et tel Harmodius Frappèrent un tyran de coups inattendus.
AVTOHITÉ.
(t) ScBOUOtf Alkaiou. Enmurtou kladi éo xiphosphor réesâ ôsper Armodios kai Anstogeiton,,,, eic.
De la Nause en a donné la tradueiion littérale dan» les Mém. de PÀcad, des beUes-kUres^ /. IX jp.^f.
l88 LIV. I. LA CRÉATION.
O Minerve ! qu'alors ta fête fut sublime ! Le tyran à tes pieds vint tomber en victime ! O cher Harmodius ,'clier Aristogiton, Que vous méritez bien un ëtemel renom!
Votre bras, relevant la liberté flétrie, A du sceptre oppresseur délivré m^ patrie.
En quittant cet enthousiaste fanatique, je me suis purifié. O déesse ! que tes cérémonies sont imposantes ! elles me pénètrent d'un saint respect. J'assiste à ces combats , où Ton donne en spectacle la guerre des Titans que tu précipitas de rOlympé qii'ils envahissaient J'assiste à ces jeux où se déploie la force (a) de nos athlètes : c'est là que Ton dispute le prix du courage qui élève les héros jusqu'à toi. J'assiste à de plus doux combals'. La flûte qui s'anima autrefois par ton sduffle divin, la lyre (ô) dont Apollon fut l'inventeur, remplissent les airs d'une hàrmfVnie éclatante ; et
REMARQUES
(a) Le second jour de la fôte était destiné aux jeux gym-* ^as^iques ^ setr les bords deriltasus.. On appeWt c€ conibat eQundria,
{h) On lisait des vers formant- quatre^ drames, dont lederl^ier devait ^e s^^iiqUe : on y voy^i ÂuffSi de^cbœws
CHŒUR, Musique deMéhiU.
jAtJant^
Jet--tex, detf Jieu/yr en r/fon-ii^mt
de^ larmes
f-Ul J J I Jj-^ ;iJ3^^M^=^
Jet--tex. de^ JÊmr^
fm re^amdnmt é«s k^'titef
^J J ^iJ.^J JL.>.^^J^^J| ^. -I
^ur eet-ie rive o votu^ Kt^tphe^f d'heÛè cAevena- e ' - par^
j' j j, ;|j, iL4^i__^jL>44.^t^U^'-M=i
^m- cet "te rive o 90Uif I^tpkef J'ktMf' che^veux ê'-piuv
f-u yrW^^^^ f l'T'^^fe^i
et meuriri^ktamt- vtM ckarmef de lûn^^ re - -^reàf jf^pex /air ded-o-ie .
et memririM'ant »m dormes de kn^^ re - - ^reUjhtpptu fatrdc^-ie'' .
■€ VoLX .
i^uei^^ k deuil de ce d*m- - hle ri ' »a - y*»
l0r.fguf d'htfïïnen , dan^ la nait de l'a ~ra ~ -y** TAe -
j r IJ ^ iJ r ^^
(ymie^arAù:/iamme
t'ÊTES DE LA LUMIÈRE. 189
la mélodie des chants d'Homère, igue Ton déclame, surpasse la douceur de leurs accords. Les vainqueurs reçoivent une couronne d'oli* vier, et un vase rempli de la liqueur qu'on en exprime. Tous ces objets m'ont frappé d'une terreur sacrée : je me crois transporté dans rOlympe , au milieu des chœurs célestes , lorsque je contemple l'éclat de tes cérémo* nies, la marche imposante de cette procession solennelle 9 que tes regards conduisent.
Telles que les quatre saisons , que les artistes, représentent groupées avec ordre autour du char d'Apollon^ les quatre âges s'avancent
REMARQUE
ronds qui coûtaient 5oo cb'achmes; ces chœurs ronds étaient, sans doute, des ballets cbantans , accompagnés de danses rondes, sur le modèle desquelles ont été formés nos ballades, nos virelais , nos rondeaux. Quant au drame satirique qui terminait' les poèmes chantés ou lus à ces jeux, on peut les comparer k nos farces ou petites pièces qui se jouent après les gi*andes. Le mot satire , dans Forigine, ne présentait pas strictement le sens que nous y attachons actuellement j il désignait des poëmes qui avaient pour objets la campagne , ses travaux , ses beautés , les mœurs de ses hal>itans , leurs bons mots (i).
AUTORITÉ. ' (i) CouH de Géhelin,
' Oigitizedby VjOOQIC
igb, UV. I. LA GRÉATÏOK.
dans tes fêtes. Ici , de jeunes enfans , semblables à des boutons de rose ; là , des vierges (a) ingénues ^ donl les mains et la tête soutiennent des corbeilles mystiques , et que Ton prendcait pour les nymphes qui dansent à la suite de Flore ; des esclaves étrangères s'avancent sur leurs pas , et leur offrent tour à tour un parasol pour les défendre des ardeurs du jour , et un pliant pour se reposer. D'autres portent les vases destinés aux libations. Là, des adolescens (6) chantent des hymnes ; plus loin , des guerriers agitent la lance et le bouclier. Enfin on voit paraître des vieillards aux cheveux