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2®. Les Historiens modernes , ainsi qu'on l'a remarqué, âppartenatent pour la plupart à des c^tstes ou à des ordres pour lesquels les piJéju^s étaient non seulement ttne loi*, mais encore un moyen d'existence.
3\ Le Gouvernement théocratique traçait, autour des Ecrivains (n), un cercle qu'ils ne pouvaient franchir.
4*. A cette censure qu'un petit nombre de Philosophes éluda , se joignait une autre censure qu'ils n'ont osé braver, Montaigne seul excepté. La pudeur, ou plutôt l'hypocrisie de l'opinion , enchaîna leur plume , et ils craignirent d'accuser la nudité des mœurs. De Pavv lui-même , dans ses
REMARQUE
(a) Voyez y dans la préface de la traduction d'Hérodien, arec quelle liberté les Anciens parlaient de iears dieux.
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recherches hardies et philosophiques sur les Grecs, n'embrassa que des généralités, et négligea le piquant intérêt des habitudes sociales, ou de la morale civile et domestique.
Lassés aujourd'hui de la lecture des révolutions des Empires et de rhistoire de quelques hommes, on cherche à reconnaître, à étudier les mœurs particulières des Nations. Les Peuples attendent un Plutarque ; il est temps de faire pour ces grands individus ce que l'on a fait pour quelques Héros, d'écarter le masque théâtral, de déchirer la robe pompeuse dont quelques Rhéteurs les avaient revêtus , de briser le cothurne sur lequel ils les avaient exhaussés; et, après les avoir réduits aux proportions communes de la stature humaine, d'envisager leur nudité, leurs maladies morales, qui dérivent
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le plus souvent de leur tempérament politique.
Nous n'avons en jusqu'ici, qu'on me pardonne cette expression, que Yhistoire eoctérieure des Peuples. Il devient nécessaire d'y ajouter, dans un plus grand développement, leur histoire intérieure.
Ainsi, je promets deux Chroniques grecques absolument nouvelles.
L'une est la Chronique religieuse^ ou le Tableau d'une grande généralité des Mœurs.
La seconde est ce qu'aucuns appeUeront la Chronique scandaleuse^ qui n'est au fond, même dans ses bizarreries, qu'une particularité des Mœurs, non moins instructive, sans doute, que curieuse.
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C'est SOUS ce point de vue qu'il faut considérer cet Ouvrage. Si quelques esprits farouches ou superstitieux nous accusaient de licence, nous les renverrions aux respectables autorités de Montaigne, de Charron, de Bayle,^ etc., sur lesquelles nous nous appuyons.
Tous les Voyageurs ne peignent-ils pasavec naïveté les moeurs les plus libres?Loindeles blâmer, on recherche ces peintures ; il y a plus , on les exige ; elles sont des chapitres nécessaires de rftîstoîre.
On n a point accusé les mœurs du respectable Bougainville , pour avoir tracé les Annales erotiques et les Lois voluptueuses d'Otaïti.
. Le Voyageur Anacharsis nous aurait sans doute révélé celles d'Athènes,
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S il n'avait pas eu pour guide un Mentor condamné par ëtat à la chasteté.
Telles sont les considérations qui ont fait donner à cet Ouvrage le titre de Supplément aux V^oyages du jeune Anacharsis. Il n'est Supplément que sous le rapport historique ; il ne peut l'être sous le rapport littéraire. Ce mérite, porté au plus haut degré de perfection, place Barthélémy au premier rang des Ecrivains.
Si nous n'avons pas suivi la marche dramatique d' Anacharsis , c'est que l'étendue des Nomenclatures et des différentes Périodes que nous avons embrassées, ne le permettait point.
Nous n'avons marché sur ses traces qu'ep répétant, avec l'Auteur de la Thébaïde :
£t longe sequere, et vestigia semper adora.