‹ Fêtes et courtisanes de la Grèce (volume 3)Chapitre 40 sur 101 · FÊTES DE L^DOMIS SYRIEN OU ORIENTAL · texte numérisé non relu

FÊTES DE L^DOMIS SYRIEN OU ORIENTAL

SuUe des éphéméndes de MénécUdès çayageant en Syru.

Tout ici étonne un Athénien et offense sa délicatesse épurée. Je n^aivu que des cérémonies bizarres , je n'ai renconti*é que des monumens monstrueux.

Vénus porte en Assyrie le nom de Mylitta ginércUrice , et diUranie (i) céleste.

Adonis prend celui de Thammutz (2).

Vénus, pleurant Adonis, s'appelle »fofcmid(3).

On pleure , à Biblos «(a) , Adonis pendant sept jours, nombre mystérieux, le terme d'une révolution lunaire.

REMARQUE

(a) Voyez l'auteur du traité sur Ja déesse de Syrie ^ tn^té faiissemeot attribue à Lucien , si Ton en croitle savant Villoison.

AUTORITÉS

(î) EèrodoU Li,c. xcix. HesyLhius.'^{^)EtéchieL c. viii , T. i4 — (3) lare fier j mém. sur Vénus ^

2IÔ UV. II. LA RÉNOYÀTldK.

On se rase la. tête à la manière des adorateurs du soleil (a).

Les femmes peuvent tacheter leur cheyelore par le sacrifice de leur pudeur.

Lé nombre des prêtres égale cehii des jours de tannée , et leur chef porte la pourpre et la tiare. Les initiés immolent un agneau (b).

Dans la cour du temple du Soleil, on rassemble des lions, des aigles, des sangliers et des taureaux ; ces animaux consacrés rappel* lent ceux qui figurent dans les signes et les constellations, et aux quatre points cardinaux de la sphère (c).

La face de ce vestibule , qui a cent orgies (a)

BEA^ARQUE.

(0) 1 84 mètres ( 35o pieds à peu près ).

(a) La tonsure des moines ou prêtres cathoUques rappelle le cercle que les prêtres dlsis dessinaient sur leur tête en se coupant les cheyeux.

*(b) Signe du printemps , dans lequel le soleîl renaissant venait réparer la nature flétrie ; Pâques des Chrétiens.

(c) Les quatre animaux des éyangéUstes et de F Apocalypse des Chrétiens»

FETES DE l'adonis SYRIEN. 21 1

de longueur, regarde le Nord. Le temple esttourné^ vers rOrient (a) , environné d'une double muraille, dont Tune est ancienne et

dont l'autre est inoderne. Il s'élève au centre

d'une colline qui domine la ville. Son archi-^ tecture est dans les proportions ioniques : au bas règne un large stylobate ; des degrés conduisent au péristyle. Sa nemgnificence éblouit les yeux; les portes, les voûtes et le toit sont d'or; le sanctuaire étincelle d'or. Une vapeur embaumée s'en exhale ; elle pénètre tous les sens , et jusqu'aux vétemens , qui en demeurent long-temps imprégnés. Vous vous croyez transporté dans les bosquets odoriféraos de l'heureuse Arabie. Cette voluptueuse sensation vous dispose aux rêveries, aux vertiges ; et leur impression est si vive , qu'elle vous suit encore au sortir de ce lieu. L'imagination en conserve l'enchantement; il semble parfumer jusqu'au souvenir même.

Des peintures exquises ornent les portique^. Là, j'ai revu l'histoire touchante de Stratonice

BEMARQUE.

(a) Il en est ainsi des tehipUs des religions modernes.

212 LIV. II. LA RÉNO^^ATIONé

et d'Antiochus -, le peintre a choisi Tinstant oà Ërasistrale interroge le pouls , le cœur et les yeux du jeune prince. Stratonice parait ; et avec elle , le trouble, et le secret d^Antiochus. Il pâlit et rougit; une sueur froide coule de son front ; son corps tremble , son cœur palpite; ses yeux s'allument, et son pouls s'élève. Les regards d'Ër^istrate annoncent la victoire que sa pénétration vient de remporter; et ceux de Stratonice, un embarras setret mêlé d'une joie mal dissimulée.

Dans un autre tableau , on voit le pèred'Antiochus, auquel Thabili» médecin, non moins éloquent que pénétrant, vient d'arracher ^un consentement que l'amour refusait , mais que la tendresse paternelle accorde. L'artiste a exprimé avec force, ce combat de. deux passions qui luttent et se choquent comme les vents contraires qui soulèvent les flots. L'étonnement, la joie, la recontiaissance , respirent dans les traits des autres personnages. Vénus plane dans les airs, et sourit; elle fait un signe, et mille Amours, élevant des flambeaux et des guirlandes, remplissent le fond du tableau, et célèbrent l'hyménée.

Ces images du moins sont consacrées à la

rixEs BE l'adonis syrien. 2i3

volupté pure ; celles qui les suivent tendent à justifier la passion déplorable des Sy^ riennes pour les eunuques qui desservent le temple.

Ici Ton voit Combabus, armé du couteau sacré , mutilant par le plus horrible sacrifice les sources des feux d^ Vénus , el plus loin, la reine infortunée qui Tadore ; qui , remplie de la douce ivresse de FAmour et de Bacchus , trompe , dans Tabsence de ce qu'elle aime , ses sens embrasés , et médite de triompher par le dernier abandon , et par la violence même, des refus et de Tindififérence de Combabus.

Lorsque la nuit aura étendu ses ombres , elle doit , abjurant toute pudeur , se glisser dans'l'appartement et dans la couche de Tadolescent ; et là , par ses supplications , par ses larmes , par tout ce que la volupté , le désespoir et le lieu peuvent inspirer, préparer et obtenir enfin la jouissance dont l'idée et le fantôme seuls portent Fèmbrasement dans toutes ses veines. Tels sont les projets qui révèlent son égarement et son trouble , et dont l'entretient sans doute un Amour qui paraît tonverser avec elle, tandis que d!une main

2l4 Î^IV. II. LA RÉNOVATION.

perfide il promène , sur ce beau corps , la pointe acérée de Tune de ses flèches.

Dans une autre peinture, elle est près d^exécuter son dessein. Gombabùs est livi^ à Morphée : le Repentir et la Honte , sous la figure de songes hideux , agitent son som* meil. Son manteau, jeté négligemment, ne voile qu'une partie de son corps et de ses forfaits . La reinerécarte d'une main effrénée. .. Qui peindra sa surprise , sa honte et sa rage ? ce dernier sentiment l'emporte.

Bientôt les larmes succèdent à sa fureur; on la voit , dans une autre peinture , donner et recevoir le change à ses plaisirs trompés; et sa passion , comme celle de l'objet dont elle triomphe , s'irrite en se satisfaisant.

O fatale influence de ces représentations ! une troupe de jeunes fanatiques se mutilent à l'exemple de Combabus ; une foule de dévotes, à l'exemple de son amante égarée , les suit : leur passion s'obstine à exiger toujoui^ ce qu'elle n'obtiendra jamais (i).

AUTORITÉ, (i) Lucian* de Dea syridy t, ii , p, .6yi.

FÊTES DE L^ADONIS STblEN. 2l5

Ces misérables dont on voit les groupes sous ces portiques , sont revêtus d^habits de femmes. Une tradition rapporte Forigine de cet usage à Combabus. Une dëvote, diton , trompée par la beauté de ses traits , se donna la mort de désespoir , lorsqu'elle reconnut son impuissance. Combabus, pour ne plus tromper de dévotes , revêtit leur costume.

L'intérieur du temple est partagé en deux enceintes ; Tune abandonnée au peuple ; Fautre , plus élevée que la première , est réservée aux prêtres. Tous même n'ont pas le droit d'y entrer. Cet honneur n'appartient qu'aux ministres du premier ordre.

Là, tout est prodige. On croit voir des statues vivantes , on croit entendre la voix des dieux. Souvent des cris magiques percent les voûtes ou les souterrains : le nombre des présens atteste celui des miracles. Rien n'égale les richesses du temple ; il y vient des offrandes de l'Arabie, de la Phénicie, d'Ëcbatane, de la Cappadoce ef de la Cilicie..

On m'a montré le trou merveilleux par.

lequel s'écoulèrent les eaux du déluge » et

2l6 1.IV. II. LA EÉNOVATIOH.

un dëbri de Tarche où Deucalion enferma sa femme, ses enfans, et une paire de chaque espèce d'animaux (i).

J'ai vu la Venus Derceto, à la tête de Sirène , à la queue de poisson. Selon d^anciennes fables, Teau a été. le premier élément; le genre humain est sorti de la mer, et nous avons été pobsons avant d^être hommes.

Les sacrifices sont horribles : on amène* les victimes , ornées de bandelettes , sur les degrés du portique. On les précipite ; elles périssent par la violence de la chute. 11 en est qui poussent le fanatismç jusqu'à immoler leurs propres enfans. Ils renferment ces malheureuses victimes dans des outres , et les font rouler à leurs pieds en les chargeant de malédictions, en les dévouant comme de vils animaux.

Dans la Syrie , la superstition ne se repaît que' de meurtres et de sang.

Presque tous les dévots se brûlent, se

AUTORITÉ

(i) Zr/C'Vm. ibid./». 66i.

FÊTES DE l'adonis SYRIEN. 217

déchirent la peau en mille endroits ; mais rien n'égale le spectacle hideux des atroces barbaries, que les prêtres exercent sur euxmêmes.

!îl8 LIV. II. LA RENOVATION.

SECTION m.

PASSION d'atys ou d'atta.

Suite des éphémérides de MénécUdès çqjrageani en Syrie.

li^ALLEGOKiE des amours et des malheurs d'Atys (i) (a) a un rapport marqué avec ceux d* Adonis.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Cette fable phrygienne sur le soleil est le type de plusieurs : je ne citerai que FEsmun des Phàiiciens , et Arsinoë , Gombabus et Stratonice , Phèdre et Hippolyte.

(i) Dupuis^l, IV, /7. i3i, 2a6, 229, 669; i. y ^ p, i83, 224, 2323 t.yiip, 90, 265. Polythéisme analysé^ p. 26-28, §. II. Court de Gébelin, Boulanger, Hérodote , /. :i , r. H. Lucian, de Deâ syriâ. Mort, Capel, Nupt, PhiloL Hfgin, Lucain, ÀpuJée. Htrodian. Fulgentius. Plutarq: /. 1. Pausanias. Ach, Strabon, /. x. Jullan, imp, 2, 6. Mdcrob, saium. L I , r. xxi. Diodorede Sicile^ L m, c. LVIII. Seroius in JEn, L ix. CatuU. de Berecinth* Oçid. fast. L iv, metcan*

PASSION D'ATYS OU d'aTTA. 219

Il est adoré d'une dëeâse ; il expire en perdant les formes mâles qui le faisaient chérir: il renaît à la vie et à Tamour.

Tel est le canevas de ce roman physique ^ dont le fond est le même partout, mais dont les détails , singulièrement variés , ont revêtu la physionomie la plus bizarre.

Ces tableaux, dessinés dans les contrées qui furent le berceau de Fapologue ( a ) et la patrie des fables , ont été ensuite coloriés par rimagination des poètes ou par Tartifice des

REMARQUE

[a) La PhrygvB.

AîJTORITÉS.

/. X. Lucrèce^ /, II. Varron, Porphyre, August. de cio. Eusèb, prép, étf.LiyCl. TertulL apoî, c. xv. Minut, Félix, in Ocl, Taiian, çont, geni, Vamasc, vit, Isid. ap, Phot, p, 1074. Tlieophyl, €td Autol. Jul, Firmic, de prof, err, rel, Atîi^nas. corU, geni. 27, 28. Amob. l. \. Prudence. Vinc. Cartar. in Hb, de imag. deor, Laurent. Pignorius. Thés. ant. gr. l. vu. Gyrald. in Syntagm. /. IV. Fossius. Mythol. Bannier^ i. IV. Mémoires de VAcctd. des inscr. t. Il, p. 44^? 4^8; /. v , p. a3a^ /. XII, /?. i3; /. xvi, ;?. 76. Sabatier, dict. çerb. Atys, t. V, p.Z5i. Roucher. Sainte-Croix , mém. sur Vhisi. de la tel. secr, des anc. art. IV ,/7. 67. Fréret, Aatd. des inscr, i, v, etc, Mirabeau, notes sur Tibulhy i, i,p, !i58,.

220 LIT. II- LA rénovation;

prêtres (a) , et enfin obscurcis par Fignorance; et altérés par le temps.

Parcourons cette galerie de fictions.

Jupiter (i) fut agité d'un songe impur. La terre reçut la semence immortelle, et enfanta un hermaphrodite accompli : son nom est Agdistis. Les dieux ne lui laissent que le sexe féminin ; il perd le sceptre de la virilités

L'organe , Jeté sur la terre , y prend racine , se change en amandier (3), et se couronne de fruits.

Une des filles du fleuve Sàngaris cueille de c^s fruits , et devient grosse.

L'enfant est exposé (c) et nourri par une

REMARQUES

(a) J*ai appris, par mesobsei*vations en Arcadie, ditPausanias, que, chez les anciens Grecs, les prêtres n'exprimaient leur science que par énigme.

{b) Cette allégorie enveloppe une expression trèsrlibertine.

(c) Rien de plus commun que ces expositions dans les contes orientaux : Jupiter, Persée, Moïse, Bacchus, etc. ont été exposés (tî).

(i) Tradition des GtUaies.^^p) Dupuis , i, iv, ;?. 260.

1>AS5I0K D^ATtS OU d'ATTA: 221

chèvre (a). On le nomme Atys (a). Sa beauté se développe et charme sa mère.

Cependant il ya être uni à la fille du roi de Pessinonte. Déjà Tair retentissait des chanta d'hyménée; on voit paraître Agdistis, sem-^ blable à un génie malfaisant : Atys , au désespoir, se dépouille des armes de la virilité. On dit que l'auteur de son infortune , revenant à la pitié , obtint Timmortalité pour Tobjet de sa passion. Mais voici une autre tradition (6) (i).

Atys I prêtre de Cybèle , excita l'amour de la déesse et la jalousie de Jupiter. Un sanglier,

REMARQUES

(a) La chèvre céleste préside k la naissance de Pannëe et du soleil. Âlys dicius ^ quia Phryges hircos, atagos nuncu" pani{7).

(b) L'ourse, ou plutôt le sanglier d'Erymatithe, constellation, monte dans les ci eux au moment où le soleil d'automne, passant dans les signes inférieurs, perd sa force et cesse de féconder la nature.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) Adàgous y divinité des Phrygiens, était hermaphrodite.

(i) ffermesianax. — (2) Greg. Gyr^

iîiîî LIV. il. LA RENOVATION.

ministre de la fureur du dieu , s^ëlance dans la Lydie , et sur Atyd qu*il déchire ; la source des plaisirs est tarie. L'analogie avec les aventures d'Adonis est sensible (a).

On célèbre les mystères d'Atys à Féquinoxe (i) du printemps. Les prêtres bercent leâ initiés d'illusions et d'espérances : on leur promet Un autre univers, une vie nouvelle (2).

.Ces mystères furent, dans l'origine, marqués par les pratiques d'une abstinence et d'une chasteté superstitieuses.

Ce qui m'a le plus frappé , c'est la représentation de la passion d'Atys ; on le pleure :

REMARQUE

(a) Selon* d'autres écrivains , ici y c'est une reine dddaignëe, c'est l'antique Cybèle, sacrifiée k une riTale, et qu» exerce elle-même sur son amant cette horrible vengeance.

Lk ^ ce bel adolescent est mutilé par un roi puissant dont il a séduit la fille, ou par un prince dont la passion efirénée ne peut réussir a violer sa pudeur.

Ce berger descend dans une grotte, où il a commerce avec les Nymphes. La jalousie de la mëre des dieux l'y poursuit : le tragique dénoûment est l'ouvrage d'Atyi , ^aré par son désespoir.

AUTORITÉS

(i) 3facrob, sat. L i. Vid. Greg, Gyr, p. i34. — W ^^' gust, de civ, l, VII, c. XXIVr

PASSION d'ATYS OU d'ATTA? 223

on le voit d'abord au fond d'un antre , ensuite crucifié (F) au tronc d'un pin que 1 on a coupé et consacré au pied de Farbre qui figure le bélier céleste ou Fagneàu (i) (a). Près du dieu les emblèmes de la puissance solaire et de rharmonie des sphères, la verge et la flûte aux sept tuyaux. ..

Le premier jour est un jour de larmes. .

Le second jour donne le signal du bruit. Les trompettes retentissent; leurs sons aigus se mêlent au roulement sourd des tambours : on agite les bruyantes crotales.

Atys sommeille, disent les Phrygiens; il doit se réveiller avec la nature.

Le troisième jour rappelle la mutilation.

Enfin la joie éclate, et se manifeste par des scènes de délire.

C'est alors que l'oiï voit errer les bandes

MYTHOLOGIE COMPARÉE

(a) L'époque de ces mystères répond à celle des Hihries romaines , de la Pâque des Chrétiens , «t de la fête d^ Apollon, vainqueur du serpent ^rthon,

AUTORITÉS

(i) Julian, imp» orat. v. Clem, Mex. inprotrept.

^^4 t*iv. îi. LA KàsoyjLtioU:

frénétiques des prêtres de Cybèle (i). L*œîî hagard , la tête échevelée , semblables à des troupeaux de Bacchantes ou à la Pythie écumante , ils agitent d^une main le couteau sacré, et de Tautre les brandons d'un pin embrasé; ils s'enfoncent dans la profondeur des bois et des vallées, gravissent les rochers et les montagnes en poussant des'hurlemens féroces. Un breuvage (a) enivrant a porté le trouble dans

REMARQUE

{à) Miztionnë avec les eaux du fleuve Gallus.

Amms it insanâ , momme Calims , Ofad i Çaimitiade/MnH*). .

Les médecins ont donné a une espbce de frénésie le nom de Coryhanthiasme (a).

MYTHOtOGIE COMPARÉE.

(a) Tjes beilonairesj ou prêtres de Bellone, recevaient leur sacerdo.ce, et célébraient les fêtes de leur déesse, en se faisant à la cuisse ou au bras des incisions dont ils offraient le sang en sacrifice. Ces fanatiques prédisaient les victoires de leur patrie ou ses défaites ; ik étaient aussi considérés que les rois eux-mêmes.

Les calazophylaces observaient les grêles et les orages |

AUTORITÉS

(i) Macroh. ). v. Ooid, ib. Id. Jast. /. IV. Tilndi. eUg. /. I. CatuU^deJtj.-^ (2) Ovid.

PASSION D'ATYS ou d'ATTA. 225

tous leurs, sens. Ils tournent sur eux-mêmes leurs mains égarées; ils se frappent entre eux avec de pesantes cliiaînes : ils dansent et regar-r dent avec joie le sang qui coule de leurs corps, et les aigrettes menaçantes qui s^ agitent sur leurs têtes (i); ils se percent, se flagellent, se mutilent en Thonneur du Dieu qu^ils attendent. Us rappellent en lui offrant leurs horribles blessures , et les abominables dépouilles de leur virilité (a).

REMARQUE

(a) L'EVangile a dit : Faites-vous eunuque pour mériter le royaume des deux. Un des pères de l'Eglise , Origène, prit ce conseil k la lettre (a).

MYTHOLOGIE COMPARÉE

pour les dëtoumer par le sacnjict^ d'un agneau ou Feffusion de leur propre sang. On prétend que les ËtKiopiens ayaient de pareib charlatans ; — austérité des bonzes , àts fakirs indiens , des pupistes catholiques.

(a) Ces mutilations se faisaient en honneur , en commémoration de celle d'Osiris, de Mithras, d^ Adonis, ^^Atys, d^Ësmun, de Bacchus sauyeur, par lesquelles on

AUTORlffi.

(i) Lucrèce^ trad, de la Gn

m6 LÏV. ÎI. la ftÉKOVÀTÎO».

G'e^t dU bruit des.imtrametis lès plus sauvais y accordés âfur le mode 1^ plus aigu (a), au son des cymbales d*airaiii^ des ctM^éts, des buccines et des tambours, q[ue s'e^ëtutent K^% scènes d'horreufis. Le peuple, muet de curiosité et d^épouvânté , les Contemple avec mépris. Ces prêtres eunuques sont revêtus d'habité de femme*

Souvent la coMagiôn de tes fureurs se répand et gagne jusqu'aux spectateur^ mêmes. On voit tout à coup des frénétiques sortir de la foule, se dépouiller, s^ avancer dans le cercle en poussant des cds (éroces, saisir un glaive (car les prêtres en tiennent toujours de disposés à cet usage ), se mutiler dans leurs trans-

BEMARQUE.

(«) L» mode phrygien.

MYTHOLOGIE COMPARÉE

. arait exprimé, dans le krï^àge alMjgorkj|ti« , la c«ssalto« d^ Faction féconde du soleil à Féquinoxe d'automne.

A cps muHlaiions que l'on retrouve encore dans l'Orient', ont succédé, dans l'Occident, les macérations j les flagellations^ les jednesj etc. etc. Toutes les religions, sans en excepter celle de ta Nature, ont rendu rhomme ^tupide et crueL

ports; courir sanglans par la ville , en éieyant d'une main forcenée leurs épouvantables trophées. Ils les jettent d^s \me des maisons de la ville , et les habitans de cette maison doivent en éch^ge leur ^offrir des. lii^its de femme (ri).

J'ai remarqué que ce mal sacré est une véritable éjiflepsie oùtoinbeiri; eiifip k&faaatîques, à la suite des excès de la débauche , et qu'ils augm^itent encore par l'ivresse, {>ar des pantomimes ccH^viikives, par^toutdedësoièdireidas scènes de la p(lus ^l&oydble ^erp^ir, et par l'influence si puissante de la musi<]ue ^ s'il ^^t permis de domi^r ce »OTO.à w ^mélai^e 4e hurlemens , de Cris aigus , de dissonances aigres , et au brilit confus demitte instiriHnens rauques ou perçans.

(0 Luclan, de Ded syn^i, m^j?^, 3.8a. •

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SECTION IV

, AViSNTXJRES DU MALENCONTREUX ATYS.

— TOMBEAU d'hyacinthe.

Suite des éphémérides de MénécUdès:

Un poëte, enrôlé parmi ces convulsionnaires, entonne, en vers dithyrambiques, les aventures du malencontreux Atys (a).

D'Atys impatient la rame vagabonde ' Des blanchissantes mers fend la plaine profonde.

Bientèt^de la Phiygîé il voit le triste bord. Dans la nuit des forêts son aveugle transport S'égare... Il a frappe ! Victime volontaire , De Thomme qui n'est plus, Torgane roule à terre.

A peine, ô terreur!

*L' offrande sanglante * ,

REMARQUE

{a) Catulle nous a laisse, sur Atys, cepoëme, qui respire Tënergie dont le principal acteur fut prive. J*ai imprimé k cette nouvelle traduction la marche dithyrambique , qui m'a paru ceUe du sujet même.

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