LETTRE PR£»II£R
( H^ëuas , exilé de Mjtil&Be , s^entretient de it& vojages
avec Pythodème.)
HÉGÉSIAS K PYTHODÈME.
De Lampsaque.
Vt)tJS Texîgez , mon cher Pythodème, je TOUS révélerai les mystères de Lampsaque. Le sévère et savant Oribaze , etringénieux bibliomane Ëvhemerqs accompagnaient votre aini.
LES PRIAPIÉES. 253
La nuit qui précéda mon départ pour Lampsaque, j'eus une vision : je crus apercevoir Momus j il agitait en riant ses grelots , et me présentait un miroir où se multipliaient mille scènes l^izarres; je vis des choses étranges. Il me dit : Regarde et écoute. Je regardai et j'écoutai. Je ne vis plus Momus et j'entendis la déesse de la sagesse elle-même , Minerve , qui disait : Î9e vous arrêtez point aux apparences : une écorce grossière enveloppe quelquefois des fruits précieux , et souvent un Vase, sôûs la forme d'un Silène hideux , renferme Tejssence la. plus rare. Je ne compris rien d'abord à ce songe. Tout ce que j'ai vu à Lampsaque paraît l'expliquer : vous ne le comprendrez vous-même qu'après avoir la cette lettre.
J'admirai les fertiles coteaux de Lampsaque. La fable qui fait arrêter Bacchus sur ces coteaux est extrêmement ingénieuse. En effet, des vignes Içs. tajjiissent de toutes parts (i). » C'est depuis la plus haute antiquité que la
(i) Voyage dans la Troade , /s>. 36.
Digitizad 5y GOOglC
^54 I-IV. II. tA RÉNOVATION.
présence du père de Fambroisie honore ces lieux. Ne lisons-nous pas.qu^ilsdevaient fournir à Thémistocle le vin de sa table ?
Nous aperçûmes une statue singulière. Elle représentait un homme , avec des aile^au dos, tenantun sceptre delamain droite, et appuyant la gauche sur l'organe viril , entièrement développé (a) (a). Le savant Oribaze pourrait-il m'expliquer le sens de cet emblème bizarre qui ne ressemble pas à ceux que j'ai vus dans
REMARQUE
(o) Il y a une figure pareille dans le mdriument de Mythras (i).
MYTHOLOGIE COMPARÉE
(a) Le Priape des Grecs, avec ses attributs, figurait ^ dans la mythologie indienne , sous divers noms. Le Kngam était le phallus ; V Abichegam était une cérémonie dans laquelle on versait du lait sur le lingam , et cette liqueur ser- , vait ensuite, comme Vhuile chez les Catholiques ^ pour administrer l'éxtrême-onction aux malades. Le Frisco des Celtes était représenté, comme le priape Fascinus^ sous la forme d'un grand phallus.
(i) Dupais y origine des cultes y i. H,, p. ^'j'5, Luc. , de Deâ syr, Qem. in protrept, p* lO*
LES PRIAPEES. ^55
toute la Grèce? — Très- volontiers , moivcher Evhemerus ; ces attributs sont les emblèmes nài& de la force qui vivifie la nature. On désigna par Forgane même de la génération , le créateur de ces générations innonibrables et multiformes qui, dans leur succession éternelle, embellissent le théâtre de Tunivers. La simplicité de ce type et de cette allégorie porte évidemment l'empreinte du caractère égyp tien . Ce sceptre indique le maître puissant de la terre et des ondes ; l'organe viril, le père de la fécondité universelle ; et ses ailes, la rapidité avec laquelle il semble , dans sa course , se multiplier et être à la fois dans tous les lieux pour présider aux différens hymens , aux noces renaissantes et variées de tous les êtres (i).
£n cet instant une jeune fille , aux regards de laquelle l'épaisseur des arbres nous dérobait , s'approche d'une fontaine qui sourcille d'un autre Priape dont la statue s'élève dans le fond d'un bocage sacré; elle épanche sur l'autel du vîn et du lait, offre au dieu de
AUTORITÉS
(i) LacUn, Greg. Gyrald, Syntagm, 8, /cr. aSi* Suidas,
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Forgt grillé, le co»roniie des fleurs de la saison (a) , et suspend enftn autre part qm sur la iéte de Tidole une guirlande quVle tenait à la main. £He lui adresse ensuite un IvfBine que réloignement ne nous permit pa9 d^entendre.
ÏJous fèmes frappés de son innocence nsSVe; et nous remarquâmes un feune Grec qui se glissait derrière le feuillage pour Fenfendre ; il s'éloigna aussitôt qiiVlle eut promis au die» de lui renouveler chaque soir sa irisife et sa prière.
ISous approchons à notretour fnous sommen frappés de la multitude et de la forme des offrandes suspendues aux arhres. On y attache des phallus en groupes, en faisceaux, en pyramides.
Undérot de Lampsaqae , qui sunrint, nous empêcha de nous expliqaer en sa présence sur cette reUgtoa,. et comme il nous reconnut à
-REMARQUE
(a) On fOUitiMuait le dieu de roses-, an prhitenips; d- cpis^, en été ; de pampre, en automne; et d'olivier, en hiver J[i).
AUtORItÉS.